Étude

Qui dominait l’assemblée divine sumérienne : An ou Enlil ?

Une étude approfondie d’un sujet, accompagnée de preuves et de références.

Chronologie
De 2600 avant notre ère à 600 avant notre ère
Région
Mésopotamie méridionale — Fara, Nippur et Babylone

Des listes de Fara à Lugalzagesi et Ekur : ancienneté d’An, autorité d’Enlil, et limites d’un ordre des noms pour prouver un transfert du trône.

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Monticule de la ziggourat de Nippur, vu du sud-ouest, photo de Noémi Alzayadi. Le bâtiment supérieur date des fouilles de la fin du XIXe siècle, pas d’un temple sumérien debout. Vue moderne ; copie seulement réduite
Monticule de la ziggourat de Nippur, vu du sud-ouest, photo de Noémi Alzayadi. Le bâtiment supérieur date des fouilles de la fin du XIXe siècle, pas d’un temple sumérien debout. Vue moderne ; copie seulement réduiteNoémi Alzayadi · Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0 · CC BY-SASource de l’image

Texte

Que signifie « au sommet » ?

Représenter le panthéonPanthéonEnsemble des divinités d’une tradition religieuse, avec leurs fonctions et leurs relations.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication sumérien comme une pyramide dotée d’un chef permanent pose un problème. Certaines traditions présentent AnAn / AnuDieu céleste sumérien/akkadien ; AN polyvalent ne suffit pas à l’identifier dans les premiers textes.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication comme père divin et autorité céleste suprême. D’autres textes placent EnlilEnlilDieu mésopotamien majeur associé à Nippur et Ekur, de rang élevé dans les textes dynastiques archaïques avant la première attestation connue des Anunna.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication au centre de la décision : il accorde la royauté, fixe les destins et commande aux dieux.

Les deux descriptions peuvent être valables. Ancienneté, filiation, autorité céleste, présidence d’une assemblée et attribution du pouvoir se recoupent. Il faut demander quel texte, de quelle époque et de quel centre religieux, attribue quelle autorité à chaque dieu. Les différences d’accent ne supposent pas une répartition permanente des fonctions.[1][2][7]

An : le ciel et le rang suprême

An est le nom sumérien, Anu sa forme akkadienneAkkadienLangue sémitique orientale ancienne, écrite en cunéiforme en Mésopotamie.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication. Les traditions le rattachent au ciel et aux anciennes générations divines. Il prend aussi des décisions, élève le rang d’autres dieux et accorde la royauté. Sa position ne se réduit donc pas à un respect symbolique.[1]

Une source supérieure d’autorité peut rester importante lorsque d’autres dieux dominent les récits ou la vie politique. La combinaison des rôles varie selon les textes. Une faible activité dramatique ne prouve pas à elle seule la perte du pouvoir.

Un signe ancien n’est pas toujours un nom divin

AN peut écrire le ciel, participer à l’expression de la divinité ou écrire le nom d’An. Dans les premiers documents, ces lectures sont parfois difficiles à distinguer. L’identification du personnage divin devient plus explicite dans les sources du IIIe millénaire avant notre ère.[1]

Il s’agit d’une limite documentaire, pas de la date de naissance du dieu. L’âge du signe ne prouve pas un récit où An aurait d’abord régné avant l’arrivée d’Enlil. Ancienneté de l’écriture, clarté d’une lecture et histoire de la croyance sont trois questions distinctes.

La paternité ne produit pas un arbre unique

La paternité d’An concerne l’ancienneté et le rang, mais aussi certaines généalogies précises. Les filiations mésopotamiennes varient selon les traditions. Réunir toutes les relations de toutes les époques dans une même famille contemporaine les déformerait.[1][11]

Le titre de père n’efface pas le rang propre de ses descendants et ne prouve pas une délégation unique du gouvernement. Une inscription royale ancienne associe déjà la paternité d’An à l’efficacité d’Enlil sans raconter une abdication.[6]

Enlil : l’autorité exprimée par l’ordre

Le lien d’Enlil avec les destins et la royauté revient dans la poésie et les inscriptions. Au début d’Enlil dans l’EkurEkur / E-kur« Maison-Montagne », temple d’Enlil à Nippur, lieu de rites et de légitimité dans les textes.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, les dieux s’inclinent devant lui et les AnunnaAnunna / AnunnakiAppellation collective de dieux dans les textes mésopotamiens, de sens et composition variables ; premières attestations connues à la fin du IIIe millénaire.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication viennent recevoir ses instructions. La composition lui attribue sagesse judiciaire et vaste autorité.[7]

C’est un éloge, pas un relevé neutre du rang de tous les dieux. Il atteste néanmoins directement la direction accordée à Enlil dans cette tradition. Associé aux inscriptions royales, il constitue un témoignage plus fort que la première ligne d’une liste isolée.

Comparaison moderne d’An et Enlil : fonctions croisées, sans hiérarchie unique ni portraits antiques
Comparaison moderne d’An et Enlil : fonctions croisées, sans hiérarchie unique ni portraits antiquesIL Archive · schéma explicatif original · CC BY 4.0 · CC BYSource de l’image

Fara : la lecture du catalogue actuel

La liste de dieuxListes de dieuxTextes recueillant les noms divins pour les préserver, les enseigner et les classer, avec des degrés variables d’organisation théologique.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication SF 1 de Fara, l’ancienne Shuruppak, est datée par CDLI du Dynastique archaïque IIIa, vers 2600–2500 avant notre ère. La translittération actuelle commence par An, Enlil, InannaInanna / IshtarDéesse mésopotamienne majeure ayant un centre important à Uruk, de filiations et traditions cultuelles variées plutôt qu’une généalogie unique.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, EnkiEnkiDivinité mésopotamienne liée aux eaux douces profondes, à la sagesse et à Eridu, appelée Ea dans la tradition akkadienne. La première mention écrite conservée ne date pas l’origine du culte et n’identifie pas le dieu de l’Eridu obéidienne.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, NannaNanna / Su’en / SînDieu lunaire lié à Ur ; son nom ancien ne date pas tous ses mythes ultérieurs.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication et Utu.[3]

On ne peut donc affirmer que les plus anciennes listes de Fara excluent An ou commencent toutes par Enlil. Il faut préciser le document et sa lecture. Ces premiers noms ne donnent pas à eux seuls un classement valable pour toutes les villes.

SF 5 : Enlil premier, dans un autre document

SF 5, également de Fara et rattaché au même intervalle chronologique, commence par Enlil, Enki, Gibil et d’autres dieux. CDLI le classe actuellement comme administratif, avec une identification incertaine ; des quantités numériques précèdent les noms.[4]

La première place d’Enlil reste significative. Mais le document ne doit pas être présenté sans réserve comme une liste lexicale identique à SF 1. Sa fonction contribue à expliquer son organisation. Énumérer des dieux ne revient pas automatiquement à établir une constitution de leurs rangs.

Comparaison moderne des ouvertures SF1/SF5 transcrites dans CDLI, Fara vers 2600–2500. Ni photos ni fac-similés des signes. Ancienne lecture de SF1 discutée dans le texte
Comparaison moderne des ouvertures SF1/SF5 transcrites dans CDLI, Fara vers 2600–2500. Ni photos ni fac-similés des signes. Ancienne lecture de SF1 discutée dans le texteIL Archive · schéma explicatif original · CC BY 4.0 · CC BYSource de l’image

Pourquoi Litke plaçait-il Enlil en tête ?

Dans son étude publiée en 1998, Richard Litke décrit la priorité récurrente d’Enlil en renvoyant à SF 5, 6 et 7. Sa note 9 reconnaît aussi que les traces de la première ligne de SF 1 pourraient suggérer de restituer An, tout en rapportant le refus antérieur de Deimel.[5]

Cette note est essentielle : l’histoire d’une lecture intervient autant que celle du rang divin. Le catalogue actuel lit An en tête de SF 1 ; Litke reprend un jugement éditorial plus ancien. Celui-ci n’est pas un consensus actuel, et les documents ne datent pas un transfert de suprématie.

L’ordre est un indice, pas une mesure de puissance

Le classement peut associer respect des grands dieux, parentés, traditions locales et enseignement ou conservation des graphies. Litke souligne la difficulté de relier les traditions de listes et leur rapport possible aux centres religieux et aux fortunes politiques.[5]

La position devient plus probante avec les offrandes, inscriptions, poèmes et le statut du temple. Transformer chaque ligne en rang numérique précis dans une hiérarchie uniforme demande davantage que ce que livre le document.

Nippur : une importance dépassant la capitale royale

NippurNippur / NuffarVille mésopotamienne, centre du culte d’Enlil lié à la légitimité de rois extérieurs.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, aujourd’hui Nuffar en IrakIrakL’Irak est un État moderne englobant une grande partie de la Mésopotamie ancienneGlossaire · Cliquez pour lire l’explication, était un centre majeur du culte d’Enlil. Son importance religieuse ne se mesure pas simplement à la taille d’un État gouverné depuis cette ville. Un roi établi ailleurs pouvait rattacher sa légitimité à Enlil et à son culte à Nippur.[6][8][12]

Le rapport archéologique Nippur V étudie le secteur WF et une séquence de bâtiments domestiques ; il n’est pas entièrement consacré au temple d’Enlil. Son résumé institutionnel sert ici pour l’importance de la ville. Les textes littéraires et royaux documentent le temple et la royauté. Chaque catégorie de sources doit conserver sa fonction propre.

Ekur : le temple dans le langage du pouvoir

EkurEkur / E-kur« Maison-Montagne », temple d’Enlil à Nippur, lieu de rites et de légitimité dans les textes.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, « Maison-Montagne », désigne le temple d’Enlil à Nippur. Enlil dans l’Ekur le présente comme lieu de ritesRitePratique organisée ou distinguée, porteuse de sens pour une communauté ; ses traces ne révèlent pas à elles seules une doctrine associée.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, d’abondance et de jugements, où les souverains apportent des offrandes et sollicitent l’approbation divine.[2][7]

La poésie en fait un centre cosmique. Ses images ne décrivent pas toujours littéralement l’architecture, mais révèlent le rôle du temple dans le discours de légitimité. La photographie moderne montre le contexte du site : le bâtiment au sommet du monticule date des fouilles modernes, pas d’un temple sumérien conservé sous cette forme.

Relation moderne d’Enlil, Ekur et Nippur, sans reconstituer plan ou apparence du temple ni limiter le culte à la ville
Relation moderne d’Enlil, Ekur et Nippur, sans reconstituer plan ou apparence du temple ni limiter le culte à la villeIL Archive · schéma explicatif original · CC BY 4.0 · CC BYSource de l’image

Lugalzagesi : les deux dieux dans un même témoignage

Dans l’inscription composite sur vases RIME 1.14.20.01, provenant de Nippur, Lugalzagesi attribue à Enlil l’octroi de la royauté. Le même texte le rattache à la faveur d’An, applique aux deux dieux le langage de « roi de tous les pays » et appelle An père d’Enlil.[6]

Ce témoignage du Dynastique archaïque IIIb n’attend donc pas les généalogies tardives. Vers la fin, le roi demande qu’Enlil intervienne auprès d’An et souhaite que le destin accordé demeure inchangé. Paternité d’An, pouvoir donné par Enlil et plusieurs patronages divins coexistent dans une inscription.

Ur-Namma : bâtir pour le dieu qui l’a choisi

Ur-NammaNammaDéesse qui demande à Enki de soulager le travail des dieux dans Enki et Ninmah.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication B présente Enlil choisissant le roi, lui ordonnant d’élever l’Ekur et lui accordant un grand destin. Patronage divin, construction et puissance royale constituent un même argument.[8]

Ur-Namma était un roi de la fin du IIIe millénaire, mais l’époque du personnage ne date pas nécessairement chaque manuscrit conservé. Il n’est pas nécessaire de traiter l’hymne comme un journal contemporain pour constater le lien établi par cette tradition entre construction royale et décision d’Enlil.

Fixer les destins : attribuer une place dans l’ordre

« Fixer les destins » ne signifie pas nécessairement prédéterminer toute pensée et tout mouvement humain. Dans ces témoignages, l’expression concerne rang, gouvernement, prospérité et résultats accordés à un roi ou à une communauté. Le contexte détermine le sens, plutôt qu’une doctrine philosophique moderne supposée.[6][7][8]

Le destin souhaité par Lugalzagesi concerne vie, durée du règne et prospérité ; celui d’Ur-Namma comprend rang et puissance. Ces exemples éclairent la portée de l’expression sans réduire tous ses emplois mésopotamiens à une seule définition.

L’assemblée reste présente derrière son chef

L’hymne présente les AnunnaAnunna / AnunnakiAppellation collective de dieux dans les textes mésopotamiens, de sens et composition variables ; premières attestations connues à la fin du IIIe millénaire.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication devant Enlil, mais décrit aussi NinlilNinlilDéesse liée ensuite à Enlil et Nippur ; distinguer nom conventionnel du signe et contexte géographique.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication prenant conseil avec lui et leur détermination commune des destins. Sa prééminence ne rend pas les autres dieux inutiles et ne fait pas de chaque décision un acte solitaire.[7]

Le conseil divinConseil divinReprésentation d’êtres divins formant une assemblée dotée d’une autorité et de rôles distincts.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication comporte rangs et relations. Une réunion ne rend pas ses membres égaux ; la priorité du chef ne lui réserve pas toutes les fonctions. La communauté compte autant que la figure qui commande.

Le modèle de Jacobsen : autorité et force

Dans « The Cosmos as a State », contribution à The Intellectual Adventure of Ancient Man, Thorkild Jacobsen distingue la majesté et l’autorité d’Anu de la force d’Enlil exécutant la volonté de la communauté divine. Les pages 136–143 discutent assemblée, ordre et exécution.[9]

C’est un modèle interprétatif classique, pas une constitution sumérienne découverte. Il n’oblige pas à accepter toutes les reconstructions mythologiques ou étymologies du chapitre. Kingship and the Gods, parfois cité à côté, est de Henri Frankfort, et non un ouvrage individuel de Jacobsen.

Pas un chef d’État et un chef de gouvernement

Opposer le rang suprême d’An à l’autorité active d’Enlil aide à comprendre les accents, tant qu’on n’en fait pas une répartition administrative moderne. An décide et accorde ; Enlil est aussi père et figure royale.[1][6][7]

L’inscription royale montre mieux le recoupement qu’une séparation rigide. An n’était pas seulement symbolique et Enlil ne monopolisait pas nécessairement l’exécution à toute époque. Les genres peuvent accentuer des relations différentes.

La filiation organise la relation, pas son histoire

L’inscription de Lugalzagesi appelle An père d’Enlil. Elle n’établit pas un récit où An aurait engendré un héritier puis cédé le gouvernement. La filiation peut organiser ancienneté, rang et parenté au sein d’une tradition.[6]

Autre exemple : Ishkur/Adad. ORACC présente sa filiation largement répandue avec An, mais aussi avec Enlil dans certains textes sumériens. Les alternatives ne décrivent pas une naissance unique et ne s’imposent pas uniformément à chaque ville.[11]

La suprématie est-elle passée d’An à Enlil ?

ORACC résume l’histoire d’An comme un partage ou une cession de fonctions lors de l’essor d’Enlil puis de MardukMardukDieu de Babylone, dont Enuma Elish célèbre l’élévation et l’ordre cosmique. Des sources l’associent à Nibiru et Jupiter. Origines et premières fonctions restent incertaines.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, avec maintien d’un rang élevé. C’est une reconstruction utile, pas un dossier continu décrivant le processus depuis son commencement.[1]

Aucune décision datée destituant An ne nous est parvenue, et les listes de Fara n’en établissent pas une. Plus sûrement, les textes montrent une forte priorité d’Enlil avec une autorité persistante d’An. Expliquer l’apparition initiale de cette relation exige une inférence au-delà du témoignage direct.

Traditions locales et partagées

Le rang dépend du centre religieux, du genre et de l’époque. L’inscription royale de Lugalzagesi implique plusieurs dieux et villes ; l’hymne de l’Ekur concentre davantage son éloge sur Enlil et son temple.[6][7]

La différence ne prouve ni isolement religieux complet ni uniformité totale. Villes, scribes, rois et rites reliaient les traditions. Cela aide à comprendre comment un dieu attaché à une ville pouvait légitimer des règnes au-delà de celle-ci.

Les listes ultérieures réorganisent le monde divin

Des traditions ultérieures donnent une position éminente à An/Anu tout en plaçant Enlil très haut. Elles ne forment pas une seule liste répétée sans changement. Litke étudie plusieurs traditions et leurs rapports complexes avec la grande série An = Anum.[5]

Une trajectoire automatique d’« Enlil premier à Fara » à « An rétabli en tête » serait donc trompeuse. Lectures, usages et structures diffèrent. L’ordre peut reconnaître l’ancienneté d’An tandis que d’autres sources continuent d’exalter le pouvoir d’Enlil.

Pouvoir d’Anu, pouvoir d’Enlil, puis Marduk

Les termes akkadiens anūtuRang d’Anu — anūtuTerme akkadien de rang ou pouvoir suprême lié à Anu, attribuable à un autre dieu.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication et ellilūtuPouvoir d’Enlil — ellilūtuExpression akkadienne d’une autorité supérieure liée à Enlil, applicable à d’autres.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication désignent un rang ou pouvoir associé à Anu et Enlil, attribuable à d’autres. Le transfert du rang ne prouve pas à lui seul fusion des identités ou disparition d’un culte.[1][2]

MardukMardukDieu de Babylone, dont Enuma Elish célèbre l’élévation et l’ordre cosmique. Des sources l’associent à Nibiru et Jupiter. Origines et premières fonctions restent incertaines.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication l’illustre : le prologue des lois d’HammurabiLois d’HammurabiTexte juridique babylonien du XVIIIe siècle av. n. è., en akkadien, présentant propriété, famille, travail et blessures dans le discours d’Hammurabi sur la justice.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication attribue son autorité accrue sur les humains à Anu et Enlil ; les traditions d’Enūma elišEnuma ElishComposition akkadienne babylonienne célébrant Marduk et l’ordre cosmique et divin. Création humaine dans VI, Nibiru dans VII : un lien vers I ne documente pas ces passages.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication développent une suprématie plus large. Cet essor a des étapes. Ce n’est ni un événement entièrement documenté ni la disparition immédiate d’Enlil.[10]

Termes de rang et élévation de Marduk dans le prologue d’Hammurabi. Un titre transféré ne prouve ni identité des dieux ni disparition du culte ; pas une succession chronologique
Termes de rang et élévation de Marduk dans le prologue d’Hammurabi. Un titre transféré ne prouve ni identité des dieux ni disparition du culte ; pas une succession chronologiqueIL Archive · schéma explicatif original · CC BY 4.0 · CC BYSource de l’image

Un dieu suprême parmi de nombreux dieux

La liste de Fara conserve de nombreux noms. L’hymne et l’inscription royale reconnaissent d’autres dieux dans des relations de patronage et de rang. Qualifier un dieu de suprême ne rend pas la religion monothéisteMonothéismeCroyance en un Dieu unique, seul être divin, plutôt qu’en un dieu supérieur parmi plusieurs.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication.[3][6][7]

An et Enlil possèdent clairement une autorité supérieure qui se recoupe ; Enlil est fortement lié à royauté, destins et Nippur. Les témoignages et leurs lectures diffèrent. Date et cause précise d’un premier transfert de suprématie ne sont pas établies par un dossier continu. Ces limites autorisent une analyse plus solide qu’un trône changeant une fois de mains.

An ou Enlil ?

Pour le ciel, l’ancienneté et le rang suprême, An est éminent dans de nombreuses traditions. Pour l’octroi du règne, l’ordre et le destin dans d’importants poèmes et inscriptions, Enlil l’est. Les fonctions se recoupent : aucun ne se réduit à un symbole face à un détenteur de tout pouvoir réel.

Pour les premières listes de Fara, il faut identifier la tablette : SF 1 se lit actuellement avec An en tête ; SF 5 commence par Enlil, avec une autre classification documentaire. L’inscription royale associe les deux. Le sommet n’était pas une position définie identiquement dans chaque texte, mais une relation changeante entre ancienneté, décision, ville et assemblée.

Références et notes

  1. Kathryn Stevens. An/Anu (god). Ancient Mesopotamian Gods and Goddesses, ORACC. Passages indexés du site original : autorité, décisions, paternité, AN/témoignages, pouvoir d’Anu, partage des fonctions. Accès direct indisponible ; livres cités non déclarés lus. Transition historique : synthèse, non dossier continu. Revenir au texte ↑
  2. Adam Stone. Enlil/Ellil (god). Ancient Mesopotamian Gods and Goddesses, ORACC. Passages indexés : titres, destins, royauté, Ekur, ellilūtu, Anzu. Ouverture directe : 502. Livre de Wang et traduction complète de Foster non lus ; comparaison avec inscription et hymne primaires. Revenir au texte ↑
  3. Cuneiform Digital Library Initiative. SF 001 / VAT12760+, P010566. Fara, DA IIIa, vers 2600–2500 ; grande liste lexicale divine. Recto I 1–6 : An, Enlil, Inanna, Enki, Nanna, Utu dans le catalogue actuel. Ancienne lecture comparée à Litke p. 2 n. 9 ; pas de généralisation. Revenir au texte ↑
  4. Cuneiform Digital Library Initiative. SF 005 / VAT12626, P010570. Fara, DA IIIa ; classification administrative incertaine. Recto I 1–3 : quantités avec Enlil, Enki, Gibil ; ouverture comparable au verso. Pas une liste lexicale de type SF1 assurée ; photos protégées non reproduites. Revenir au texte ↑
  5. Richard L. Litke (1998). A Reconstruction of the Assyro-Babylonian God-Lists, AN: dA-nu-um and AN: Anu šá amēli. TBC 3. Introduction p. 1–3, surtout p. 2 n. 9 : An possible dans SF1, refus ancien de Deimel, références SF5–7 ; politique et listes. Livre non intégralement lu. Publication en 1998 ne rend pas tous les jugements plus récents que le catalogue actuel. Revenir au texte ↑
  6. CDLI. Lugalzagesi, RIME 1.14.20.01 composite, P431232. Inscription composite sur vases de Nippur, DA IIIb vers 2500–2340. L. 1–16 : An/Enlil et royauté ; 36–62 : règne accordé ; 99–126 : Nippur, An père d’Enlil, prière et destin durable. Paternité ancienne, pas arbre universel. Revenir au texte ↑
  7. Electronic Text Corpus of Sumerian Literature, Oxford. Enlil in the E-kur (Enlil A), 4.05.1. Surtout l. 1–17, 35–55, 74–123, 139–171 : ordre, Anunna, Nippur, temple, rois, conseil de Ninlil. Éloge à témoins et variantes, pas procès-verbal administratif ni date unique de tous les manuscrits. Revenir au texte ↑
  8. ETCSL, Oxford. A tigi to Enlil for Ur-Namma (Ur-Namma B), 2.4.1.2. L. 1–19, 31–51, 66–71 : choix d’Ur-Namma, Ekur, destin, royauté. L’époque du roi ne date pas automatiquement copie ou première composition. Ensemble des inscriptions d’Ur-Namma non lu. Revenir au texte ↑
  9. Thorkild Jacobsen. The Cosmos as a State. In The Intellectual Adventure of Ancient Man (1946; Phoenix edition 1977). P. 136–137, 140, 143–144 sélectionnées ; p. 143 inspectée : autorité et force. Préface : essais interprétatifs. Reconstruction d’un mythe original de Tiamat et étymologie « Seigneur Tempête » non adoptées comme faits. Kingship and the Gods : Frankfort, attribution contrôlée au catalogue. Revenir au texte ↑
  10. Nicole Brisch. Marduk (god). Ancient Mesopotamian Gods and Goddesses, ORACC. Passages indexés : prologue d’Hammurabi, élévation de Marduk, incertitude des débuts. Pas de datation ferme d’Enūma eliš ; épopée et lois non intégralement lues ici. Revenir au texte ↑
  11. Kathryn Stevens. Iškur/Adad (god). Ancient Mesopotamian Gods and Goddesses, ORACC. Passage généalogique indexé : fils d’An largement, d’Enlil dans certains textes sumériens ; explication locale possible. Études de Schwemer non intégralement lues. Revenir au texte ↑
  12. Augusta McMahon (2006). Nippur V: The Early Dynastic to Akkadian Transition. OIP 129. ISAC publication catalogue. Description institutionnelle et notice bibliographique lues : importance de Nippur, WF, habitat. Téléchargement distinct de lecture intégrale ; pas seul fondement des détails d’Ekur ou des rites de légitimité. Revenir au texte ↑

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IL Archive, «Qui dominait l’assemblée divine sumérienne : An ou Enlil ?», Édition 1, https://ilarchive.com/fr/studies/an-enlil-divine-supremacy