Étude
Satan, Mastéma et Bélial : les différents noms du mal
Une étude approfondie d’un sujet, accompagnée de preuves et de références.
Comparer l’adversaire de Job, Mastéma dans les Jubilés et Bélial à Qumrân : noms personnels, rapprochements locaux et limites de l’autorité hostile.
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Texte
Des noms proches ne racontent pas une seule histoire
Lire ensemble Satan, MastémaMastémaChef d’esprits nuisibles dans les Jubilés ; demande des esprits et propose l’épreuve d’Abraham, sous limites divines.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication et BélialBélialFigure des ténèbres et du mal dans certains textes de Qumrân ; pas synonyme fixe de chaque adversaire céleste.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication invite à imaginer trois noms d’un ennemi permanent de Dieu et de l’humanité, dirigeant le mal depuis les origines. Les textes anciens ne fournissent pas ce dictionnaire unifié. Certains dépeignent un adversaire dans un conseil céleste, d’autres un prince demandant à conserver des esprits nuisibles, d’autres un chef des ténèbres. Certains passages emploient aussi ces mots pour l’hostilité ou la dépravation humaine, sans décrire un être céleste.
Cette étude complète Comment l’« adversaire » est-il devenu Satan ? par une question plus précise : quand le mot désigne-t-il une personne, quand les figures se rapprochent-elles et jusqu’où va leur autorité dans chaque texte ? Il s’agit de l’histoire de l’écriture et de l’interprétation, sans jugement sur la vérité de la croyance religieuse.
Trois questions à distinguer
La présence d’un mot, celle d’un personnage qui le porte et son identification à une figure d’un autre livre sont trois questions distinctes. Trouver « Bélial » ne suffit pas à établir un chef des démons. Des fonctions accusatrices semblables ne prouvent pas une compréhension identique entre auteurs.
Le contexte fournit le premier test : quelqu’un parle-t-il, est-il interpellé ou dirige-t-il des esprits ? Le mot décrit-il plutôt des humains ou une hostilité ? Le second concerne les limites du texte : une identification possible dans les JubilésLivre des JubilésRéécriture juive de la Genèse et de l’Exode, présentée comme enseignement angélique à Moïse, avec chronologie, récits et interprétation.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication ne devient pas une doctrine commune à tous les Juifs du Second Temple. Réunir différents manuscrits à QumrânManuscrits de la mer MorteManuscrits du désert de Judée, notamment des grottes de Qumrân. Copies bibliques et autres œuvres révèlent la diversité des textes ; copie et origine de l’œuvre ont des dates distinctes.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication ne donne pas une seule conception à leurs auteurs. [21]
L’adversaire de Job : accusation et dommage sous autorisation
Job 1:6–12 place ha-satanHa-satan dans JobL’adversaire ou l’accusateur de Job, avec l’article hébreu ; parmi les fils de Dieu, agissant sous autorisation et limites, sans tous les traits ultérieurs de Satan.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, avec l’article défini hébreuHébreuLangue sémitique du Nord-Ouest appartenant au groupe cananéen, avec des formes anciennes et modernes.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, parmi les fils de DieuFils de DieuExpression hébraïque pour des êtres célestes dans des textes comme Job ; sens contextuel, non filiation biologique automatique ni liste fixe d’anges.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication qui se présentent devant Yahvé. Il questionne la fidélité de Job : sa piété repose-t-elle sur sa droiture ou sur une prospérité protégée ? Yahvé permet une atteinte à ses biens, mais fixe une limite concernant Job lui-même. [1]
Dans Job 2:1–7 l’autorisation s’étend au corps, en préservant la vie ; l’adversaire inflige ensuite un mal physique. Il ne faut ni l’adoucir en fonctionnaire entièrement neutre ni en faire un roi indépendant d’un royaume égal à celui de Dieu. Il suscite l’accusation et provoque du mal dans une autorité qui détermine son champ d’action. [2]
Mastéma après le déluge : demander un dixième
Le Livre des Jubilés reprend la Genèse et l’Exode en se présentant comme un enseignement transmis par un ange à MoïseMoïseFigure centrale de l’Exode, des traditions de la Torah et du Coran ; les récits d’enfance diffèrent.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication. Sa composition est généralement située au IIe siècle avant notre ère. Cette datation concerne le livre, non le dialogue placé après le déluge. Kristen H. Lindbeck présente ce cadre en examinant la réécriture de l’épreuve d’Abraham. [20]
Dans Jubilés 10:1–9 des esprits impurs nuisent aux descendants de NoéNoéNoé est le personnage du déluge dans la Genèse et un prophète dans le CoranGlossaire · Cliquez pour lire l’explication, qui prie pour leur emprisonnement. Mastéma, prince des esprits, demande d’en conserver une partie pour poursuivre son activité parmi les humains. La décision laisse un dixième et enferme les neuf autres parts. Cette proportion appartient à l’organisation narrative du monde ; ce n’est pas un recensement historique d’êtres que l’historien pourrait compter. [6]
En 10:11 la part restante est décrite comme soumise à « Satan ». Le contexte permet de rapprocher ici Mastéma et Satan. Il ne prouve pas que toutes les occurrences des deux noms, dans toute la littérature, désignent une entité identique. Un lien local doit rester local en attendant des preuves plus larges. [6]
La médecine appartient au même récit
L’histoire de Noé ne s’arrête pas au partage des esprits. Dieu ordonne de lui enseigner des remèdes contre leurs maladies. Le récit décrit des médicaments issus des plantes de la terre, puis un livre écrit et confié à Sem. [6]
Ce détail empêche de réduire le récit à la souveraineté du mal : le monde qui permet un dommage limité fournit aussi un savoir pour y résister. L’historien peut décrire ensemble prière, anges, médecine et écriture, sans supposer une efficacité thérapeutique moderne ni faire des remèdes une réponse à toutes les questions éthiques de la souffrance innocente.
L’épreuve d’Abraham : réécrire la cause de l’affliction
Genèse 22 commence par l’épreuve qu’impose Dieu à Abraham, sans adversaire qui la demande. [9] Jubilés 17:15–18 ajoute une discussion céleste sur sa fidélité, puis la proposition de Mastéma d’exiger l’offrande d’Isaac afin d’éprouver son attachement. Au chapitre suivant Mastéma est présent ; le fils est épargné sur ordre divin, puis le prince est humilié. [7] [8]
On peut comparer cette structure au dialogue de Job : une affirmation sur la fidélité d’un humain, une épreuve et la manifestation des limites de l’accusation. Cette comparaison littéraire précise ne fusionne ni Job et Abraham ni ne détermine, à elle seule, la transmission de chaque détail. L’ajout des Jubilés ne doit pas être attribué à la Genèse. Le titre de la page web contient aussi un numéro romain erroné : le passage utilisé est Jubilés 17:15–18. [7]
Mastéma dans l’Exode : un champ d’action variable
Dans Jubilés 48 Mastéma tente de nuire à Moïse, aide les magiciens égyptiens et encourage la poursuite d’Israël. Il est pourtant lié puis libéré dans un dispositif décidé par d’autres ; même l’accusation connaît des moments et des limites dans le récit. [10]
En 49:2–4 la mort des premiers-nés d’Égypte est attribuée aux puissances de Mastéma, puis les puissances du SeigneurRabbTitre de seigneurie, propriété ou sollicitude selon le contexte ; appliqué à Dieu.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication sont décrites comme exécutant leurs ordres en protégeant les maisons marquées de sang. Le passage associe le prince nuisible à l’exécution du jugement divin. Il résiste au partage simple entre deux États indépendants, l’un bon et l’autre mauvais. L’ordre divin n’efface pas non plus la dangerosité des actions décrites ailleurs. C’est une répartition narrative complexe de la responsabilité, plutôt qu’une résolution philosophique consensuelle du mal. [11]
Bélial avant de devenir chef d’un camp
Dans 1 Samuel 1:16 Anne nie être une « fille de Bélial » après avoir été soupçonnée d’ivresse. En 2:12 les fils d’Éli sont appelés « fils de Bélial », avant la description de leurs abus concernant les offrandes. Aucun passage ne décrit une descendance biologique d’un démon ; ils qualifient des humains par un vocabulaire de dépravation. [3] [4]
De même, maśṭēmâ dans Osée 9:7–8 désigne l’hostilité. Le nom de Mastéma appartient à ce champ linguistique, mais toute mention d’hostilité ne fait pas apparaître le prince. Passer d’un nom abstrait à un nom personnel demande des indices narratifs, au-delà du maintien des mêmes lettres. [5]
Le Rouleau de la Guerre : langage communautaire et militaire
Le Rouleau de la GuerreRouleau de la GuerreTexte des manuscrits de la mer Morte dépeignant la guerre des fils de lumière et du camp hostile ; copie principale : 1QM.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, désigné 1QM, dépeint un conflit entre les fils de lumière et un camp associé à Bélial. La colonne I réunit ennemis humains et appartenances célestes dans une guerre finale imaginée ; nommer peuples et armées n’en fait pas le compte rendu d’un événement survenu ainsi. On peut lire cette colonne dans l’extrait de la traduction de Wise, Abegg et Cook publié par PBS. [13]
La prière de XIII:9–13 place Bélial dans un monde de ténèbres et d’esprits nuisibles, opposé à l’aide que Dieu apporte à sa communauté. Il constitue un centre céleste du camp hostile, au-delà du mot qualifiant des conduites mauvaises. Affecter les adversaires humains à ce camp trace aussi les frontières de la communauté qui parle. Cela montre sa compréhension de ses ennemis, plutôt que de fournir aux chercheurs une classification neutre. [12]
Pourquoi l’opposition n’implique-t-elle pas deux dieux égaux ?
1QM XIII:11 attribue à Dieu la formation de Bélial. Les chercheurs discutent la formule concernant corruption ou destruction et la relation de l’« ange d’hostilité » avec lui. Mais la structure n’en fait pas une origine éternelle et indépendante, égale au créateur. [12]
Il faut donc distinguer dualisme des camps et dualisme des origines. Lumière et ténèbres, anges et esprits nuisibles peuvent s’affronter dans un monde où l’autorité ultime reste divine. Le conflit conserve sa dangerosité ; le texte distingue une action hostile temporaire d’une souveraineté illimitée. Cette organisation ne démontre pas à elle seule un emprunt à l’IranIranL’Iran est l’État actuel où se trouve Chouch, l’ancienne SuseGlossaire · Cliquez pour lire l’explication ou à une autre religion. Il faut une chronologie, des contacts attestés et des détails dépassant l’opposition générale du bien et du mal.
La Règle de la Communauté : le conflit atteint le cœur humain
Le passage appelé Enseignement des deux esprits, 1QS III:13–IV:26, décrit les esprits de vérité et de perversité, un Prince des Lumières et un Ange des Ténèbres. III:21–24 reconnaît que les fils de justice peuvent eux-mêmes trébucher ; III:25 affirme que Dieu a créé les esprits de lumière et de ténèbres. [14]
IV:23 situe leur lutte dans le cœur humain. Ils participent au langage des communautés et du destin céleste, ainsi qu’à l’analyse de la conduite intérieure. Le passage ne doit être ni limité à une psychologie individuelle moderne ni transformer tout « esprit » en personne distincte nommée. Dans la lecture moderne examinée par ThomasThomas d’AquinThéologien du XIIIe siècle reliant incorporéité, simplicité et immutabilité par des prémisses philosophiques.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication Farrar, dimensions intérieure et extérieure coexistent. [19]
Les passages hébreux ont été lus dans QDR, fondé sur les transcriptions d’Abegg et les données ETCBC. Lire une transcription publiée ne signifie pas collationner indépendamment chaque lettre sur la peau du manuscrit ni examiner toutes ses copies. [14]
L’« esprit de Béliar » des Jubilés : le mot ne tranche pas l’identité
Dans Jubilés 1:20 Moïse prie pour que l’« esprit de Béliar » ne domine pas la communauté, ne l’accuse pas et ne l’égare pas. La présence de l’expression dans la traduction conservée est claire. Désigne-t-elle une personne céleste particulière ou la méchanceté ? L’interprétation reste discutée, comme le relève Farrar. [15] [19]
Deux erreurs sont possibles : nier cette expression et la traiter comme preuve d’une complète interchangeabilité de Mastéma, Bélial et Satan. Établir la formule, discuter son sens, puis tester l’identification : la structure du Rouleau de la Guerre ne peut être importée dans les Jubilés à partir d’une simple proximité linguistique.
Bélial dans un texte chrétien ancien
2 Corinthiens 6:14–16 oppose justice et iniquité, lumière et ténèbres, Christ et Bélial. Ce dernier sert de pôle hostile dans un discours définissant l’appartenance religieuse. [18]
Le passage atteste la continuité du nom dans un milieu chrétien ancien. Il ne fournit ni biographie complète ni explication de l’identification de tous les noms du mal. On peut comparer ce langage des camps à certains textes de Qumrân. La ressemblance ne prouve pourtant ni la lecture de notre manuscrit 1QM par l’auteur ni l’adoption d’un système identique dans ses moindres détails par des communautés distinctes. Ce sont des questions de contact et d’interprétation, non des conclusions livrées par un seul mot.
Toute faute n’est pas un récit sur Satan
Siracide 15:11–20 avertit contre l’attribution à Dieu de son propre égarement et relie la responsabilité à la conduite choisie. Jacques 1:13–15 décrit la tentation à travers le désir humain, puis la faute. L’argument d’aucun passage ne dépend d’un prince démoniaque nommé qui expliquerait chaque acte. [16] [17]
L’absence du nom ici ne prouve pas celle d’êtres nuisibles dans l’ensemble de l’œuvre ou les croyances de chaque lecteur. Elle empêche de réduire la réflexion sur le mal à une seule histoire du pouvoir croissant de Satan. Les langages de l’épreuve, de l’accusation, des camps hostiles, des esprits nuisibles, du désir et de la responsabilité peuvent coexister sans se remplacer.
Datation des récits et limites de lecture
Une conversation que les Jubilés placent à l’époque de Noé n’est pas un témoin manuscrit écrit alors. La guerre future de 1QM ne date pas davantage une bataille réelle. Événements du récit, composition et âge d’une copie conservée doivent rester distincts.
Cette étude utilise les passages précisés dans les notes. La traduction historique de Charles sert d’intermédiaire, sans remplacer une édition critique moderne. Les articles consultés par extraits ne sont pas enregistrés comme des livres intégralement lus. Les conclusions restent limitées aux témoins examinés ; variantes et interprétations demeurent ouvertes à la recherche.
Ce que permet la comparaison
Les textes emploient manifestement ces mots de plusieurs façons. Les Jubilés montrent Mastéma demandant une autorisation et limité par elle ; le Rouleau de la Guerre donne à Bélial une position de chef tout en attribuant sa formation à Dieu ; la Règle de la Communauté inscrit le conflit dans le cœur et la conduite. L’identité universelle des noms à toutes les époques, ou la dérivation directe de toutes ces figures d’une seule divinité mésopotamienne, n’est pas établie par ces témoins.
Les liens se précisent quand on compare une action à son équivalent : proposer une épreuve, diriger des esprits, accuser ou partager les camps humains. Les différences restent visibles à travers d’autres questions : qui autorise, qui fixe la fin et le mot est-il même un nom personnel ? L’étude du mal devient ainsi une histoire d’œuvres, de communautés et d’interprétations multiples, préservant la distance entre l’énoncé d’un texte et la conclusion du chercheur.
Références et notes
- Passage hébreu choisi. Job 1:6–12 Revenir au texte ↑
- Versets choisis et limites de l’autorisation. Job 2:1–7 Revenir au texte ↑
- Contexte choisi d’Anne. 1 Samuel 1:13–17 Revenir au texte ↑
- Versets choisis sur les fils d’Éli. 1 Samuel 2:12–17 Revenir au texte ↑
- Formulation hébraïque des deux versets. Hosea 9:7–8 Revenir au texte ↑
- Passage entier dans la traduction historique de Charles. Jubilees 10:1–17; R. H. Charles (1902) Revenir au texte ↑
- Passage entier ; chapitre correct : 17. Jubilees 17:15–18; Charles (1902) Revenir au texte ↑
- Chapitre entier en traduction historique. Jubilees 18:1–19; Charles (1902) Revenir au texte ↑
- Récit hébreu choisi. Genesis 22:1–19 Revenir au texte ↑
- Passage entier en traduction historique. Jubilees 48:1–19; Charles (1902) Revenir au texte ↑
- Versets 1–4 seulement. Jubilees 49:1–4; Charles (1902) Revenir au texte ↑
- Transcription hébraïque choisie ; sans collation indépendante. 1QM XIII:9–13; QDR / Abegg / ETCBC Revenir au texte ↑
- Colonne I affichée, non rouleau entier. 1QM I; Wise, Abegg & Cook (1996), PBS excerpt (1998) Revenir au texte ↑
- Enseignement des deux esprits dans la transcription choisie. 1QS III:13–IV:26; QDR / Abegg / ETCBC Revenir au texte ↑
- Passage choisi ; sens de Béliar discuté. Jubilees 1:1–26, especially1:20; Charles (1902) Revenir au texte ↑
- Versets 11–20, non livre entier. Sirach 15:11–20; historical KJV Apocrypha Revenir au texte ↑
- Les trois versets entiers. James 1:13–15; historical KJV Revenir au texte ↑
- Trois versets en traduction historique. 2 Corinthians 6:14–16; historical KJV Revenir au texte ↑
- Passages choisis du PDF, non article entier. Thomas J. Farrar (2019), JTS 70/1:21–68; doi:10.1093/jts/fly165 Revenir au texte ↑
- Passages choisis ; datation du corps avant notre ère. Kristen H. Lindbeck (2025), sections on Job, Jubilees and the Akedah Revenir au texte ↑
- Présentation de la bibliothèque et diversité de classement. Library of Congress, The Qumran Library, overview26–36 Revenir au texte ↑
Médias
Illustration — pas une photographie de l’objet original
Schéma comparatif moderne distinguant noms, rôles et autorité dans les passages cités ; ni portraits antiques ni généalogie fixe.
CC0 · Schéma original : IL Archive, 2026 · Original IL Archive explanatory SVG,2026; CC0 dedication. Modern textual comparison, not ancient artifact, portrait or universal identification.
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IL Archive, «Satan, Mastéma et Bélial : les différents noms du mal», Édition 1, https://ilarchive.com/fr/studies/satan-mastema-belial