Étude
La balance du jugement : l’Égypte et les mondes de l’Antiquité tardive
Une étude approfondie d’un sujet, accompagnée de preuves et de références.
- Chronologie
- De 950 avant notre ère à 1506 de notre ère
Cœur, destin et actes : comparaison de témoins égyptiens, grecs, hébreux, iraniens et coraniques, en distinguant rôles, dates et limites des hypothèses de transmission.
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Texte
Une balance, des questions différentes
Dans une scène égyptienne antique, le défunt comparaît devant une cour divine et son cœur est placé dans une balance. Dans un texte iranien, RashnRashnu : justice dans le compte iranienFigure iranienne liée au jugement juste ; le Menog i Khrad décrit une balance ne favorisant ni roi ni pauvre.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication juge sans favoriser le roi ou le pauvre. Dans le Testament d’AbrahamTestament d’AbrahamRécit de la mort et du voyage d’Abraham ; sa recension longue distingue Abel juge, Dokiel peseur et Michel guide.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, un ange pèse, un autre éprouve par le feu et les actes sont consignés. Le CoranCoranTexte central de l’islam, employé ici comme témoin de son discours religieux.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication décrit ensuite des balances justes pour le jour de la RésurrectionRésurrection des mortsRetour des morts à la vie, distinct de l’immortalité de l’âme, aux portées et formes variables.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, où personne ne subit d’injustice. La ressemblance est manifeste, mais les choses pesées et les récits qui les entourent diffèrent. [1][8][11][17]
La comparaison commence donc par des questions, plutôt que par un verdict selon lequel tous auraient repris un modèle égyptien. Qui pèse ? Que pèse-t-on ? À quel moment ? Quel rapport le résultat entretient-il avec l’innocence, le châtiment et la miséricorde ? Nous comparons des témoins précis, non tout ce que ces religions enseignent sur le jugement. Il s’agit de comprendre l’histoire et les usages de l’image, sans trancher une vérité religieuse ni hiérarchiser les croyances.
Le cœur devant Maât
Le British Museum date le papyrus de Nestanebetisheru d’environ 950–930 avant notre ère. Le cœur y est pesé face à MaâtMaâtOrdre juste, vérité et rectitude en Égypte ancienne, aussi personnifiés en déesse ; représentés dans la pesée par une plume ou une figure divine.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication représentée en petite déesse. Anubis et Thot participent ; Ammit et un lac de feu apparaissent. La plume n’est donc pas l’unique représentation possible du critère égyptien. [1]
Les textes associés à la pesée du cœur d’Ani en font davantage qu’une image. Thot déclare que le cœur a été éprouvé et que son propriétaire est reconnu juste ; la communauté divine lui accorde accueil et offrandes. Ce document ne raconte pas une vie du point de vue extérieur d’un historien. Il contribue à préparer le mort à un passage sûr, et la déclaration d’innocence remplit une fonction religieuse. [2]
Il ne faut pas traduire immédiatement le cœur par une liste arithmétique des actes. Dans ce témoin, il porte témoignage sur son propriétaire et sur la vérité de sa conduite. Une comparaison possible est que la vie humaine demeure soumise à une évaluation après la mort. Les détails de cette évaluation appartiennent toutefois au monde égyptien des dieux, des formules et des offrandes.
Éthique et rite dans le même document
Les déclarations d’innocence dans la traduction du papyrus d’Ani nient vol, meurtre, mensonge et appropriation de terres cultivées. Elles comportent aussi la connaissance des noms et des lieux divins. La formule adressée au cœur lui demande de ne pas s’opposer à son propriétaire lors du jugement. Une formule du cœur s’accompagne d’instructions concernant un scarabée de pierre verte. [2]
Ces éléments doivent être lus ensemble. Supprimer ritesRitePratique organisée ou distinguée, porteuse de sens pour une communauté ; ses traces ne révèlent pas à elles seules une doctrine associée.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication et formules protectrices rapproche la scène d’un tribunal moral moderne ; supprimer la conduite humaine la réduit à une tentative de tromper les dieux. Le document funéraire associe protection, connaissance, témoignage et comportement, afin qu’une personne précise réussisse son passage.
Il faut aussi identifier l’édition. Nous utilisons la traduction historique de Budge publiée en 1913, qui présente le texte d’Ani avec des ajouts provenant d’autres papyrus, dont celui de Nou. Toutes les phrases de ses appendices ne viennent donc pas du papyrus d’Ani. Cette édition ne remplace pas un texte égyptien critique moderne. Les références précisent les passages lus. [2]
Homère pèse un destin
Au chant 22 de l’IliadeIliadeÉpopée grecque attribuée à Homère, racontant une phase de la guerre de Troie.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, ZeusZeusZeus est le dieu du ciel et la principale divinité de nombreuses traditions grecques. Dans l’Iliade, il préside aux assemblées divines où les autres peuvent encore parler et s’opposer.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication soulève sa balance d’or et y place les sorts de mort d’AchilleAchilleHéros important de l’Iliade, dont la colère et la participation façonnent la guerre du poème.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication et d’Hector. Le côté d’Hector s’abaisse vers la mort, et ApollonApollonDieu de la musique et de la divination dans les traditions grecques, participant aux événements de l’Iliade.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication l’abandonne. Le chant 8 contient une image comparable concernant les deux armées. [3]
Zeus ne vérifie pas ici les vertus et les fautes accumulées par Hector, ni ne juge un défunt face à Maât. La scène donne au destin du combat une forme sensible. Le même instrument peut donc exprimer une décision divine sans constituer une balance des actes dans l’au-delà.
Deux plateaux dans deux textes ne suffisent pas à établir une croyance commune. Même l’expression « pesée des âmes » risque de masquer les différences si on l’applique sans explication. Ce passage de l’Iliade pèse un sort de mort, non un cœur ou une somme d’actes moraux. [3]
La balance hébraïque avant la mort
En Job 31,6, Job demande à être pesé dans des balances justes afin que son intégrité soit connue. Les serments environnants énumèrent ce qu’il n’a pas fait et acceptent des conséquences si ses affirmations se révèlent fausses. Job défend sa cause comme vivant : ces versets ne décrivent pas le voyage de son âme vers un tribunal des morts. [4]
Proverbes 16,2 et 21,2 opposent l’approbation de soi à l’évaluation des esprits ou des cœurs par YHWHYahwehNom propre divin écrit YHWH dans la Bible hébraïque.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication. Le vocabulaire hébreuHébreuLangue sémitique du Nord-Ouest appartenant au groupe cananéen, avec des formes anciennes et modernes.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication concerne estimation et mesure ; les passages ne décrivent ni appareil détaillé ni ange tenant une balance. [5][6]
Daniel 5,25–28 intègre la pesée dans l’interprétation de l’écriture adressée au roi. Il a été pesé et trouvé insuffisant ; son royaume va être partagé. L’image concerne le roi et son pouvoir, non la répartition de toutes les âmes humaines après la résurrection. [7]
Nili Shupak défend une origine égyptienne pour certaines images de pesée dans la sagesse hébraïque. Elle reconnaît des objections linguistiques et le caractère conjectural des étapes d’adaptation. C’est un modèle savant de transmission, non une conclusion imposée par le seul mot « balance ». [14]
Rashn et la justice impartiale
Dans le Menog i Khrad, les Jugements de l’Esprit de sagesse, l’être humain arrive après sa mort au pont de ChinvatPont de ChinvatImage avestique du destin moral après la mort, au passage détaillé par les traditions ultérieures.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication. Le chapitre 2,110–122 décrit l’âme demeurant près du corps trois nuits, puis son mouvement à l’aube du quatrième jour, avec Mihr, Srosh et RashnRashnu : justice dans le compte iranienFigure iranienne liée au jugement juste ; le Menog i Khrad décrit une balance ne favorisant ni roi ni pauvre.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication dans le contexte du compte. La balance ne favorise ni roi ni gouvernant et ne privilégie pas le rang au détriment du moindre des hommes. [8]
Ce détail donne à l’image une portée sociale puissante. Un gouvernant ne peut acheter au tribunal de l’au-delà ce que son pouvoir pourrait obtenir dans la vie. La justice parfaite est exprimée par une balance qui ne s’écarte pas d’un cheveu de la bonne décision. Il s’agit d’une description textuelle d’un jugement incorruptible, non du vestige d’une machine réelle.
Le chapitre 12,11–15 attribue le ciel à ceux dont les bonnes actions dépassent les fautes, l’enfer à ceux qui ont davantage de fautes, et un lieu intermédiaire, le Hamistagan, à ceux dont les deux sont égales. Le chapitre 7,18–19 décrit sa position ainsi que le froid et la chaleur subis par ses habitants. L’égalité ne produit pas une issue identique dans tous les récits comparables. [8]
Les textes iraniens n’ont pas une date unique
Ahmad Tafazzoli propose une compilation du Menog i Khrad à la fin de l’époque sassanide, peut-être sous Khosro Ier, 531–579, tout en reconnaissant les difficultés de datation. Des manuscrits tardifs ne datent pas séparément chaque paragraphe. [9]
Leon Goldman distingue Rashnu dans les textes avestiques récents de son rôle dans la littérature moyen-perse ; il est absent des parties avestiques anciennes. Un nom plus ancien ne prouve pas une scène détaillée de balance aussi ancienne. [10]
Le Livre d’Arda Wiraz appelle la même prudence. Philippe Gignoux situe sa forme finale aux IXe–Xe siècles, après des rédactions antérieures. L’époque revendiquée par le récit ne date pas chaque détail du voyage. [21]
On peut donc comparer traditions iraniennes et comptes ultérieurs. La comparaison n’établit pas automatiquement une transmission d’un texte perse tardif vers une œuvre juive plus ancienne, ni une origine achéménide pour chaque détail. Il faut identifier le témoin qui précède réellement l’autre.
Abraham visite le tribunal
Le Testament d’AbrahamTestament d’AbrahamRécit de la mort et du voyage d’Abraham ; sa recension longue distingue Abel juge, Dokiel peseur et Michel guide.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication ne fait pas partie de la Genèse et n’est pas indépendamment établi comme un document écrit par l’Abraham historique. Il raconte la mort du héros biblique et son voyage avec MichelMichel / MīkālNom théophore demandant qui est comme Dieu ; porté par des humains et un être céleste de Daniel. Aucune ancienne divinité cananéenne établie.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication. E. P. Sanders décrit une œuvre juive, probablement égyptienne, généralement datée de la fin du Ier siècle, avec deux grandes recensions dont la relation reste discutée. [12]
Dans la recension longue, présentée par notre source comme la « version 1 », Abraham n’est pas un spectateur serein. Voyant des fautes sur terre, il demande la destruction de leurs auteurs. Une voix divine interrompt la visite : son empressement à punir n’exprime pas la miséricorde voulue par le récit. Il est alors conduit à la porte du ciel pour observer jugement et rétribution. [11]
Ce mouvement est essentiel à la compréhension de la balance. Le tribunal apprend à Abraham à regarder les pécheurs et confronte sa colère à la possibilité du repentir et de la miséricorde. Il fait davantage qu’exposer un compte.
Qui pèse dans le Testament d’Abraham ?
Aux chapitres 11–14 de la recension longue, Abraham voit deux portes et Adam se réjouissant de ceux qui entrent dans la vie, puis pleurant ceux qui vont à la destruction. Apparaît ensuite un tribunal avec trône, livre et deux anges consignant justice et fautes. Un autre ange porte une balance ; un autre encore éprouve les œuvres par le feu. [11]
Le récit répartit les rôles : Abel siège pour juger ; Dokiel tient la balance ; Puruel, ainsi nommé dans la traduction historique utilisée, effectue l’épreuve du feu. Michel guide Abraham et répond à ses questions. Affirmer que Michel pèse dans cette recension confond le guide avec le personnage expressément chargé de la pesée. [11]
La recension courte, présentée comme la « version 2 », comporte aussi compte, actes en équilibre et registres. Hénoch est identifié comme scribe, non comme source du jugement final. L’ordre et les détails des scènes diffèrent. Les combiner produirait un troisième texte artificiel appelé « le Testament ». Notre explication de Dokiel et du feu repose sur la recension longue ; la comparaison avec la courte demeure distinctement signalée. [11]
Ce tribunal est plus détaillé que la brève évocation des cœurs évalués dans les Proverbes. Cette richesse ne fait pas de lui une description officielle partagée par tous les juifs ou chrétiens.
Égalité et miséricorde
Dans la recension longue, Abraham voit une âme dont fautes et actes justes s’équilibrent, la laissant entre les deux destinées. Abraham et Michel prient pour elle, et son sort devient le salut. Abraham demande ensuite miséricorde pour ceux dont il avait souhaité la destruction. [11]
Le compte n’exclut pas ici la miséricorde. Cette égalité n’est pas non plus automatiquement identique au Hamistagan iranien : le problème ressemble, mais résolution, personnages et place dans le récit diffèrent.
Malka Simkovich propose la continuation de traditions de ces testaments dans des écrits chrétiens et rabbiniques ultérieurs, avec modification de leur perspective religieuse. Cette proposition sur une circulation littéraire ne prouve pas, à elle seule, un trajet de l’Égypte antique vers toute image postérieure de la balance. [13]
Michel dans une image ultérieure
En ApocalypseLittérature apocalyptiqueÉcriture dévoilant un savoir céleste et historique caché, pas toute catastrophe.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication 20,11–15, les morts se tiennent devant le trône ; des livres et le livre de vie sont ouverts, et le jugement porte sur leurs actes. Aucune balance n’apparaît dans ce passage. Compte et registres n’impliquent pas deux plateaux, et une image ultérieure de Michel n’illustre pas nécessairement cette scène à la lettre. [15]
Notre couverture est une gravure sur bois de Lucas Cranach l’Ancien, datée de 1506 et intitulée par le Metropolitan Museum L’archange Michel pesant une âme. L’ange porte une épée et une balance ; de petits personnages et des forces démoniaques apparaissent près des plateaux. L’œuvre témoigne d’une représentation chrétienne ultérieure, non d’une image romaine ni d’une illustration originale du Testament d’Abraham. [20]
Le contraste est utile : une œuvre tardive montre Michel avec la balance, alors qu’un texte plus ancien la confie à Dokiel. La ressemblance générale n’autorise pas à remplacer un nom par un autre à l’intérieur d’une source.
L’image ne fait pas davantage de Michel un Anubis renommé. Démontrer le transfert d’un rôle ou d’une composition artistique exige des témoins intermédiaires. Cette œuvre établit, à elle seule, que Cranach représente Michel dans ce rôle en 1506.
Les balances justes du Coran
Coran 7,8–9 associe les balances lourdes au succès et les légères à la perte. Les versets 23,102–103 reprennent ce contraste en nommant JahannamGéhenne : nom de lieu et langage du châtimentTerme lié à la vallée de Hinnom ; son usage varie entre textes juifs, chrétiens et islamiques, sans équivaloir à tous les noms de l’au-delà.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication. En 101,6–11, les balances lourdes accompagnent une vie satisfaisante, tandis que les légères conduisent à l’abîme et au feu. Ces passages relient explicitement pesée et destin eschatologique. [16][19][18]
Le verset 21,47 ajoute que les balances sont justes, que personne n’est lésé et que même le poids d’un grain de moutarde est porté au compte. L’image exprime exactitude du jugement et connaissance exhaustive, sans privilège social ni dissimulation de la conduite. [17]
Les passages choisis ne nomment ni Michel ni Rashnu comme peseur, ne placent pas un cœur face à la plume de Maât et ne fournissent pas les détails judiciaires du Testament d’Abraham. Introduire un commentaire ou un récit ultérieur dans un verset, puis utiliser cet assemblage pour prouver un emprunt, confondrait des témoins distincts.
Il faut aussi séparer les questions de métaphore et de mécanisme de l’identification du vocabulaire. Ces versets affirment pesée, justice et rétribution. Déterminer ce qui se matérialise sur les plateaux et comment fonctionne la balance exige une étude distincte des commentaires et récits, plutôt qu’une transposition mécanique de l’image égyptienne.
Ressemblance et voies de contact
Nous disposons d’une balance égyptienne antique de l’au-delà, d’évaluations hébraïques du cœur et de l’intégrité, d’un texte juif auquel on propose un contexte égyptien, de témoins iraniens et coraniques et d’un art chrétien ultérieur. La transmission est donc une question légitime. Son histoire ne doit pas forcément suivre une route unique sans bifurcation.
Le contexte égyptien proposé pour le Testament d’Abraham donne à la comparaison un cadre de contact examinable. Ce cadre ne permet pourtant pas d’identifier un papyrus égyptien placé devant son auteur. Les ressemblances entre scribe, tribunal et balance soutiennent la discussion ; intermédiaires, formulations empruntées et recension qui les aurait portées demandent un travail supplémentaire. [12][11][2]
Comparer Coran et textes iraniens exige également une attention chronologique. Une compilation potentiellement antérieure à l’islam peut éclairer un contexte possible, tandis que la forme finale d’un autre livre est postérieure. Un nom ancien ne fixe pas la date de toutes les descriptions qui lui sont attachées. [9][10][21]
Qu’est-ce qui renforce une hypothèse de transmission ?
L’hypothèse gagne en force si une antériorité défendable rencontre un contact social ou linguistique précis, un ensemble inhabituel de détails communs et des témoins intermédiaires expliquant les changements de rôle. Il faut ensuite éprouver les alternatives. Les balances commerciales et judiciaires pourraient-elles susciter des métaphores semblables ? Un modèle général a-t-il circulé puis changé ? Ou existe-t-il une dépendance littéraireDépendance littéraireRapport expliquant la composition d’un texte par un autre.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication plus précise ?
Les différences sont des données, non des obstacles à cacher. Le sort de mort de l’Iliade, le cœur du document égyptien et les actes du texte iranien ne sont pas des synonymes. Une différence pourrait refléter une réinterprétation, mais cela exige un argument ; le mot « développement » ne remplace pas la preuve.
Notre conclusion garde donc des limites. Nous établissons les témoins et leurs fonctions dans les passages lus, tout en distinguant les liens proposés. Nous ne possédons pas une chaîne continue de manuscrits transportant la balance du tribunal d’OsirisOsirisDieu égyptien lié aux morts et à la vie continuée, présidant au jugement dans des papyrus comme 66.99.142.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication au Coran ou à Cranach.
Degrés de preuve
- Confirmé textuellement : le témoin égyptien pèse un cœur ; les passages homériques choisis décident d’un destin guerrier. [1][2][3]
- Confirmé textuellement : les passages lus de Job, des Proverbes et de Daniel ne présentent pas le même tribunal de l’au-delà que le Testament. [4][5][6][7]
- Confirmé textuellement : Rashn juge sans partialité dans le Menog i Khrad ; Dokiel tient la balance dans le Testament d’Abraham long. [8][11]
- Confirmé textuellement : les balances coraniques concernent justice et destin eschatologique, sans peseur nommé dans ces versets. [16][17][18][19]
- Probable dans les lectures savantes citées : un contexte égyptien pour le Testament et une compilation sassanide tardive du Menog i Khrad, non la datation individuelle de chaque phrase. [12][9]
- Discutable : les apports égyptiens aux images de sagesse hébraïque et la circulation des traditions testamentaires dans la littérature ultérieure. [14][13]
- Non établi ici : que chaque scène copie un modèle unique ; que Michel soit un Anubis ou Rashnu renommé ; ou que le Coran ait directement emprunté à un papyrus ou livre iranien précis.
Qu’a conservé l’image de la balance ?
La balance donne à la justice une forme imaginable. Ce qui paraît imposant dans la vie humaine peut se révéler insuffisant ; ce que les hommes méprisent peut avoir du poids. Son histoire change pourtant la chose pesée, le juge, le moment du compte et le rapport entre résultat et miséricorde.
Un héritage possible n’efface pas le sens propre à chaque récit. Les différences n’excluent pas le contact historique. La recherche commence avec les deux : une ressemblance qui demande explication et des distinctions empêchant de transformer chaque tribunal céleste en copie d’un autre.
Références et notes
- Description du catalogue et métadonnées ; non page entière. British Museum, Greenfield papyrus, EA10554,80; c. 950–930 BCE Revenir au texte ↑
- Passages choisis ; ajouts de Nou distingués d’Ani. E. A. Wallis Budge, The Papyrus of Ani (1913); weighing scene, heart formula 30B and selected opening declarations Revenir au texte ↑
- Deux scènes choisies ; non l’Iliade entière. Homer, Iliad 8.69–74; 22.209–213; Lang, Leaf and Myers historical translation Revenir au texte ↑
- Passages hébreux choisis. Job 31:1–8, 13–19; Hebrew primary text Revenir au texte ↑
- Les quatre versets hébreux. Proverbs 16:1–4, especially 16:2; Hebrew primary text Revenir au texte ↑
- Les quatre versets hébreux. Proverbs 21:1–4, especially 21:2; Hebrew primary text Revenir au texte ↑
- Les quatre versets. Daniel 5:25–28; KJV, public domain Revenir au texte ↑
- Passages choisis en traduction historique ; non livre entier. Menog i Khrad 2:110–132; 7:1–19; 12:1–15; E. W. West (1885), SBE 24 Revenir au texte ↑
- Corps de la notice, non les livres cités. Aḥmad Tafażżolī, Dādestān ī Mēnōg ī Xrad, Iranica (1993; updated 2013) Revenir au texte ↑
- Corps de la notice ; non texte primaire d’Arda Wiraz. Leon Goldman, Rašn Yašt, Iranica (2012; updated 2013) Revenir au texte ↑
- Passages des deux recensions, maintenues distinctes. Testament of Abraham, long recension 10–14; short recension 8–11; W. A. Craigie (1896) Revenir au texte ↑
- Résumé éditorial seulement, non chapitre entier. E. P. Sanders, Testament of Abraham, in Outside the Old Testament (1986), pp. 56–70; publisher summary Revenir au texte ↑
- Extrait éditorial seulement, non article entier. Malka Z. Simkovich, HTR 109/1 (2016), pp. 1–32; DOI 10.1017/S0017816015000462; publisher extract Revenir au texte ↑
- Passages de la copie diffusée par l’autrice ; non volume entier. Nili Shupak, Weighing in the Scales, in From Author to Copyist (2015), pp. 249–257; selected passages Revenir au texte ↑
- Les cinq versets. Revelation 20:11–15; KJV, public domain Revenir au texte ↑
- Les deux versets arabes. Quran 7:8–9; Arabic primary text Revenir au texte ↑
- Verset arabe entier. Quran 21:47; Arabic primary text Revenir au texte ↑
- Les six versets arabes. Quran 101:6–11; Arabic primary text Revenir au texte ↑
- Les deux versets arabes. Quran 23:102–103; Arabic primary text Revenir au texte ↑
- Catalogue, original et droits ; image chrétienne ultérieure. Lucas Cranach the Elder, The Archangel Michael Weighing a Soul (1506); Met 27.54.22 Revenir au texte ↑
- Les trois paragraphes, non les livres cités. Philippe Gignoux, Ardā Wīrāz, Iranica (1986; updated 2013) Revenir au texte ↑
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IL Archive, «La balance du jugement : l’Égypte et les mondes de l’Antiquité tardive», Édition 1, https://ilarchive.com/fr/studies/judgment-scales-egypt-and-late-antiquity