Étude

Le fils et le sacrifice : transformations du récit d’Abraham

Une étude approfondie d’un sujet, accompagnée de preuves et de références.

Comment le récit du sacrifice d'Abraham diffère-t-il entre la Genèse et le Coran ? Une comparaison historique des reprises juives, chrétiennes et musulmanes du fils, de son salut et du substitut animal.

Partager l’article
WhatsApp Partager sur X Courriel
Le Sacrifice d’Isaac, tapisserie attribuée à un atelier financé par William Sheldon, probablement 1561–1613. Représentation ultérieure, non vestige de l’événement
Le Sacrifice d’Isaac, tapisserie attribuée à un atelier financé par William Sheldon, probablement 1561–1613. Représentation ultérieure, non vestige de l’événementMetropolitan Museum of Art ; don d’Irwin Untermyer,1964. · Domaine publicNotice de l’objet · Référence associée

Texte

Introduction

Pourquoi le récit du sacrifice auquel AbrahamAbrahamFigure centrale de la Genèse, du Coran et des traditions juives, chrétiennes et musulmanes ; l'étude du sacrifice compare ce qu'en dit chaque texte.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication se prépare diffère-t-il entre la Genèse et le CoranCoranTexte central de l’islam, employé ici comme témoin de son discours religieux.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, et comment des écrits et commentaires intermédiaires ou postérieurs l'ont-ils raconté ? Cette étude suit ce que chaque source dit de l'identité du fils, de son consentement et de son salut. Elle distingue le récit antérieur de ses reprises, puis examine les limites d'une comparaison avec une histoire grecque où un animal remplace une fille.

Il s'agit de comprendre l'histoire de ces versions, sans hiérarchiser les croyances. Une ressemblance ou une attestation plus ancienne pose la question d'un lien historique ; aucune des deux ne révèle, à elle seule, la voie de transmission.

Une histoire, des questions qui changent

Un père monte avec son fils vers un lieu de sacrifice. Du bois, un autel, une main prête à agir, puis une intervention empêchant la mort du fils : cette image de l'histoire d'Abraham peut sembler immuable. Une lecture attentive révèle pourtant des récits successifs. Qui propose l'épreuve ? Que sait le fils ? Consent-il ? Qu'est-ce qui le remplace ? Comment la scène devient-elle mémoire collective ou exemple de foi ?

La Genèse nomme IsaacIsaacFils d'Abraham et de Sara dans la Genèse ; nommé expressément dans l'épisode du sacrifice en Genèse 22, mais après la scène du fils anonyme dans le Coran 37.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication. Al Saffat laisse le fils anonyme dans la scène du sacrifice, puis annonce Isaac. Entre ces textes, des écrits juifs et chrétiens et des traditions interprétatives remanient le sens. Chaque version est lue dans sa source et son époque : un détail formulé dans un texte tardif n'appartient pas nécessairement à un récit antérieur. [1][10][11]

La couverture montre une tapisserie européenne du sacrifice d'Isaac, probablement réalisée entre 1561 et 1613. Elle témoigne de la réception artistique, sans représenter Abraham historiquement ni prouver l'événement par l'archéologie. [18]

La Genèse : le lecteur sait ce qu'Isaac ignore

La Genèse est le premier livre de la Bible hébraïqueHébreuLangue sémitique du Nord-Ouest appartenant au groupe cananéen, avec des formes anciennes et modernes.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication. Son chapitre 22 apprend d'emblée au lecteur que Dieu éprouve Abraham. Il doit prendre son fils unique et bien-aimé, Isaac, aller au pays de MoriaMoriaPays nommé dans la Genèse 22 comme destination d'Abraham ; 2 Chroniques associe ensuite le mont Moria au Temple de Jérusalem, sans localiser indépendamment le voyage.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication et l'offrir en holocauste. Abraham prépare le voyage, prend deux serviteurs et du bois, puis aperçoit le lieu le troisième jour. Quittant les serviteurs, il dit que le garçon et lui vont adorer et revenir. Ce sont des éléments narratifs, non un calendrier indépendant datant un voyage historique. [1]

Isaac porte le bois ; son père porte le feu et le couteau. Le fils demande où est l'animal destiné à l'holocauste ; le père répond que Dieu y pourvoira. Le lecteur connaît l'ordre reçu par Abraham, tandis que le texte ne rapporte pas sa révélation à Isaac. L'inégalité du savoir et la promesse antérieure d'une descendance créent la tension, plutôt qu'une bataille ou une victoire sur un ennemi. [1]

Avant cette scène, la Genèse 21 raconte le départ forcé du fils d'AgarAgarFigure de la Genèse : Égyptienne dans la maison de Sara et d'Abraham, mère d'Ismaël ; les chapitres 16 et 21 racontent sa fuite puis son départ et sa survie au désert.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication avec sa mère, tout en affirmant qu'il est aussi la descendance d'Abraham et deviendra une nation. Qualifier Isaac d'unique en 22 doit donc se lire dans le langage de l'affection, de l'héritage et du récit. Le mot n'efface pas l'autre fils du même livre. [2]

Ligature, interruption et remplacement

Abraham construit l'autel, dispose le bois, lie Isaac et le pose dessus. Cette ligature est à l'origine de la désignation « AqédaAqéda (ligature d’Isaac)Désignation juive de la ligature d’Isaac en Genèse 22, développée dans les récits et la prière.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication », la ligature d'Isaac, devenue un nom juif du récit. Le verbe figure en 22:9 ; l'histoire du terme et des interprétations dépasse cette seule phrase. [1]

Quand Abraham saisit le couteau, l'ange de YHWHYahwehNom propre divin écrit YHWH dans la Bible hébraïque.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication l'appelle et l'arrête. Il voit un bélier pris par les cornes dans un buisson et l'offre à la place de son fils. Un second appel associe son obéissance à la bénédiction de sa descendance et des nations. Le dénouement unit la survie du fils à la continuité de la promesse ; il ne raconte pas son sacrifice effectif suivi d'une résurrectionRésurrection des mortsRetour des morts à la vie, distinct de l’immortalité de l’âme, aux portées et formes variables.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication. [1]

Le bélier illustre la « substitution sacrificielleSubstitution sacrificielleUne offrande remplace une personne ou une autre offrande dans un texte précis ; cela seul ne prouve ni origine rituelle ni emprunt.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication » dans ce récit : un animal est offert à la place d'une personne dont la mise à mort est arrêtée. Pour dater une coutume de substitution animale, il faut d'autres indices : cette histoire ne suffit pas à établir l'origine des sacrifices dans d'autres cultures.

Ce que la Genèse ne dit pas

Le chapitre ne donne pas l'âge chiffré d'Isaac et ne rapporte aucun discours acceptant volontairement sa mort. Sa question sur l'animal et son silence ultérieur ne constituent pas un consentement explicite. Le texte ne décrit pas non plus une résistance. Les récits ultérieurs développent cette ouverture narrative en prêtant à Isaac des réponses qu'il ne formule pas ici. [1]

Le chapitre ne raconte pas davantage qu'Isaac fut égorgé, brûlé ou ressuscité. Une interprétation ultérieure peut évoquer mort, délivrance et résurrection ; en identifier la source distingue l'action racontée de sa réception. Nommer Isaac fils ou garçon n'en fait pas un nourrisson, surtout lorsque le texte lui fait porter le bois. [1]

Les Jubilés : Mastéma propose l'épreuve

Le Livre des JubilésLivre des JubilésRéécriture juive de la Genèse et de l’Exode, présentée comme enseignement angélique à Moïse, avec chronologie, récits et interprétation.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, réécriture juive de la Genèse datant globalement du IIe siècle avant notre ère, propose un autre cadre en 17:15–18. [19] Après des éloges d'Abraham, MastémaMastémaChef d’esprits nuisibles dans les Jubilés ; demande des esprits et propose l’épreuve d’Abraham, sous limites divines.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication propose d'éprouver son attachement à Isaac : offrirait-il le fils qu'il aime tant ? Le narrateur souligne que Dieu connaît déjà sa fidélité. L'ordre divin ouvrant le récit devient une scène comprenant accusation ou défi dans le monde céleste. [3]

Le chapitre 18 poursuit le voyage, la ligature, l'intervention et le bélier. Mais le narrateur angélique dit qu'il se tenait devant Dieu, lequel lui ordonna d'arrêter Abraham. Mastéma est confondu lorsque la fidélité du père apparaît. Sa présence ne fait pas de lui l'ange sauveur : les rôles sont distincts dans le passage. [4]

Le texte associe le lieu à SionSionNom d'une forteresse associée à la cité de David dans 2 Samuel, puis étendu à Jérusalem et à son centre religieux ; son référent varie selon les textes.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, puis inscrit une célébration de sept jours dans une mémoire sacrée prescrite par les tables célestes. Il ajoute des significations calendaires et géographiques. Lire une traduction historique ne donne pas accès à un texte composé du vivant d'Abraham ; cette associationShirk / associationAssociation d’autres à Dieu dans le discours coranique ; distincte de la négation de Dieu.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication à Sion ne situe pas non plus Moria indépendamment par l'archéologie. [4]

Qumrân : lettres conservées et restitution

QumrânManuscrits de la mer MorteManuscrits du désert de Judée, notamment des grottes de Qumrân. Copies bibliques et autres œuvres révèlent la diversité des textes ; copie et origine de l’œuvre ont des dates distinctes.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, près de la mer MorteMer MorteLa mer Morte est un lac salé de la vallée du Jourdain, près de sites où furent trouvés des manuscrits anciensGlossaire · Cliquez pour lire l’explication, est un site où furent découverts d'anciens manuscrits juifs. Joseph FitzmyerJoseph A. FitzmyerBibliste américain spécialiste des manuscrits de la mer Morte (1920-2016) ; il a étudié les reprises du récit de l’épreuve d’Abraham à Qumrân.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication étudie son manuscrit fragmentaire 4Q225 : des anges pleurent et ceux de Mastéma se réjouissent. La demande d'Isaac d'être lié comprend une restitution après peu de lettres conservées. Le chercheur discute les limites des déductions sur consentement et mérite expiatoire. Le fragment ne prouve pas tous les développements ultérieurs. [5]

Schéma contemporain lisible résumant ce que chaque texte ajoute au récit du sacrifice du fils ; il ne trace aucune transmission démontrée
Schéma contemporain lisible résumant ce que chaque texte ajoute au récit du sacrifice du fils ; il ne trace aucune transmission démontréeArchives Il · schéma explicatif contemporain · CC0

Josèphe : le fils parle et consent

L'historien juif Flavius JosèpheFlavius JosèpheHistorien juif du Ier siècle de notre ère qui a repris des récits plus anciens, dont l’épreuve d’Abraham, dans les Antiquités judaïques.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication acheva ses Antiquités vers 93 ou 94 de notre ère. Au livre 1, chapitre 13, il donne au fils un rôle plus explicite. [20] Isaac a vingt-cinq ans ; Abraham explique l'ordre dans un discours ; Isaac accepte la volonté de Dieu et de son père et s'avance vers l'autel. C'est une attestation explicite du consentement dans une réécriture ancienne, plutôt qu'une parole absente déduite du silence de la Genèse. [6]

Le discours interrompant le geste précise qu'il s'agit d'éprouver l'obéissance, non de désirer du sang humain. Un bélier apparaît ; père et fils s'embrassent et retournent auprès de SaraSaraÉpouse d'Abraham et mère d'Isaac dans la Genèse ; son histoire avec Agar et Ismaël apparaît aux chapitres 16 et 21, non dans la scène de Genèse 22.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication. Le sens moral et le tableau de la famille heureuse sont plus développés. Il faut attribuer l'âge, les discours et l'embrassade à Josèphe, même lorsqu'un lecteur ultérieur les trouve naturels dans le récit original. [6]

Cette comparaison établit un témoin juif du consentement du fils antérieur à l'islam. Elle ne détermine pas à elle seule comment un détail précis a atteint Al Saffat. Un témoin antérieur importe à la recherche sur la transmission, mais ne nomme ni intermédiaire ni exemplaire utilisé par un public ultérieur.

De l'événement à la mémoire de la prière

La Mishna, recueil d'enseignements oraux juifs mis en forme vers 200 de notre ère, évoque la réponse de Dieu à Abraham sur le mont Moria dans Ta'anit 2:4 [21] dans une prière collective demandant une réponse semblable pour les fidèles, parmi d'autres souvenirs religieux. Cette fonction rituelle dépasse le récit de la montée vers l'autel. [7]

Le Talmud de BabyloneBabyloneBabylone est une ville ancienne du centre de l’Irak actuel, au sud de BagdadGlossaire · Cliquez pour lire l’explication prit forme après la Mishna au cours des siècles suivants, jusqu'à une compilation située vers le VIe siècle de notre ère. Dans Rosh Hashana 16a, il relie la corne du bélier au souvenir de la ligature d'Isaac [22], comptant aux fidèles comme s'ils s'étaient liés eux-mêmes devant Dieu. La scène devient participation symbolique et demande de souvenir, sans affirmer qu'Isaac mourut effectivement. [8]

Ces fonctions diffèrent d'une lecture de toute offrande comme animal portant le châtiment d'un humain. Prière, corne et souvenir demandent leurs textes particuliers. Les dates de compilation de la Mishna et du Talmud ne datent pas l'événement évoqué.

Hébreux : résurrection dans le sens de la délivrance

Hébreux 11:17–19 présente Abraham en exemple de foi. Éprouvé, il offrit Isaac malgré la promesse d'une descendance par lui, estimant que Dieu pouvait ressusciter les morts. Le recouvrement d'Isaac est décrit figurativement. Cette lecture chrétienne associe l'épreuve à la confiance dans le pouvoir de rendre la vie. [9]

Ce sont trois versets de l'épître, non un nouveau récit affirmant que le couteau tua Isaac et que Dieu le ranima. Leur usage précis se distingue aussi de toutes les interprétations chrétiennes ultérieures lisant Isaac à la lumière du Christ. Le sens de la délivrance peut s'étendre sans modifier l'interruption racontée par la Genèse. [1][9]

Al Saffat : rêve, dialogue et soumission commune

Dans al-Saffat 37:99–113, passage du Coran apparu au VIIe siècle de notre ère, Abraham prie pour un enfant vertueux [23] et reçoit l'annonce d'un garçon longanime. Quand celui-ci peut s'activer avec lui, le père lui raconte son rêve et demande son avis. Le fils accepte et se déclare prêt à patienter. Le texte décrit ensuite leur soumission et l'appel annonçant qu'Abraham a accompli la vision. [10]

Le consentement est donc explicite dans le dialogue coranique, tandis que la Genèse ne le formule pas ainsi. L'épreuve est également introduite différemment : un rêve confié au fils, au lieu de l'ordre relaté à l'ouverture de la Genèse. Décrire ces différences de structure ne juge pas les croyances d'une communauté. [1][10]

37:107 évoque le rachat par un grand sacrifice. Le verset ne nomme pas un bélier, ne décrit pas ses cornes prises dans la végétation et ne situe pas géographiquement la scène. Isaac est explicitement nommé en 37:112 dans l'annonce d'un prophète vertueux. Précisément, le fils de la scène du sacrifice reste anonyme ; Isaac n'est pas absent de l'ensemble du passage. [10]

Al Tabari : deux avis, préférence pour Isaac

L'historien et exégète coranique al-TabariAl-TabariHistorien et exégète du Coran de l'époque abbasside (v. 839-923). Il rapporte deux identifications du fils d'Abraham, puis privilégie Isaac.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication (mort en 923) recueille, dans son commentaire de 37:107, des récits identifiant Isaac et d'autres IsmaëlIsmaëlFils d'Agar et d'Abraham dans la Genèse ; des interprétations musulmanes ultérieures l'identifient au fils non nommé de la scène du sacrifice en Coran 37.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication. [24] Il choisit ensuite Isaac, expliquant sa lecture des annonces et comprenant la suivante comme concernant sa qualité de prophète. L'exégèse islamique ancienne ne proposait donc pas une seule réponse sur l'identité du fils. [11]

Un récit attribué à une figure ancienne dans sa compilation n'est pas l'enregistrement direct de ses paroles. Chaînes de transmission, contradictions et rédaction demandent un examen distinct ; les noms ne deviennent pas simplement les voix d'un scrutin historique. Le texte établit directement que l'auteur conserve le désaccord et exprime sa préférence. [11]

Le commentaire transmet aussi des détails sur le bélier, le lieu et les ritesRitePratique organisée ou distinguée, porteuse de sens pour une communauté ; ses traces ne révèlent pas à elles seules une doctrine associée.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication. Ils appartiennent aux récits recueillis et ne figurent pas tous dans les mots d'Al Saffat. Délimiter chaque source rend ces différences intelligibles pour la recherche.

Ibn Kathir : Ismaël et l'ordre des annonces

Des siècles plus tard, l'historien et exégète Ibn KathirIbn KathirExégète et historien de Syrie (v. 1301-1373) qui privilégie Ismaël dans sa lecture du récit du sacrifice.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication (mort en 1373) préfère Ismaël dans sa lecture de 37:101. [24] Il invoque son aînesse, l'annonce d'Isaac après la scène et la promesse de Jacob dans son interprétation de la succession des descendants. Il traite l'identification à Isaac comme influencée par les récits bibliques. Ce sont des arguments exégétiques, non un nom que le verset donne lui-même au garçon. [12]

Son commentaire accuse aussi la TorahTorah / PentateuqueGenèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome : corpus mosaïque à l’histoire rédactionnelle. Torah peut aussi désigner un enseignement ou une loi plus larges.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication d'avoir changé le nom. L'archive rapporte cette position sans l'adopter comme résultat établi de critique textuelleCritique textuelleComparer les témoins pour expliquer les variantes et inférer lectures ou éditions anciennes, en distinguant conservation et reconstruction.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication. Le passage ne fournit pas de manuscrit plus ancien nommant Ismaël et de copie ultérieure le remplaçant par Isaac. L'argument sur l'ordre des annonces n'efface pas non plus la lecture différente d'al Tabari. [11][12]

Younus Y. MirzaYounus Y. MirzaChercheur en études arabes et islamiques, spécialiste des récits bibliques et coraniques ; auteur d'une étude de 2013 sur le fils destiné au sacrifice d'Abraham.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication associe l'influence d'Ibn TaymiyyaIbn TaymiyyaSavant musulman hanbalite (1263–1328) établi à Damas, auteur d'écrits sur l'exégèse, le droit et la théologie ; la recherche étudie son rôle dans l'identification du fils d'Abraham dans le récit du sacrifice.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication et d'Ibn Kathir à l'expansion de la lecture Ismaël, avec des arguments bibliques et linguistiques. La page 277, résumé et introduction, a été consultée ici, pas l'article entier. [13]

Schéma contemporain distinguant les mots du récit, ses réécritures, un manuscrit fragmentaire, la mémoire rituelle et la comparaison grecque
Schéma contemporain distinguant les mots du récit, ses réécritures, un manuscrit fragmentaire, la mémoire rituelle et la comparaison grecqueArchives Il · schéma explicatif contemporain · CC0

Iphigénie : un substitut animal dans un récit grec

Dans l'ouverture d'Iphigénie en TaurideTaurideNom grec antique du territoire des Tauri sur la mer Noire, associé à l'actuelle péninsule de Crimée ; cadre de l'Iphigénie d'Euripide.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication du dramaturge grec EuripideEuripideAuteur tragique grec du Ve siècle av. n. è., mort en 406. Dans Iphigénie en Tauride, l'héroïne raconte son sauvetage et la substitution d'une biche.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, pièce probablement jouée vers 414–412 avant notre ère, IphigénieIphigénieFille d'Agamemnon dans le mythe et la tragédie grecs. Dans Iphigénie en Tauride, Artémis la sauve à l'autel et lui substitue une biche.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication raconte [25] comment son père AgamemnonAgamemnonPersonnage des récits grecs, chef de l'expédition contre Troie et père d'Iphigénie chez Euripide ; la pièce ne démontre pas son existence historique.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, chef de la flotte dans la pièce, la fit venir à AulisAulisLieu antique sur la côte béotienne, près du détroit de l'Euripe en Grèce ; cadre grec du récit d'Iphigénie et site d'un temple d'Artémis du Ve siècle avant notre ère.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication sous prétexte de mariage. ArtémisArtémisDéesse de la chasse dans les traditions grecques et sœur d’Apollon, citée parmi la compagnie divine de l’Iliade.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication l'enlève au sacrifice, laisse une biche à sa place et la transporte en Tauride, sur la mer Noire, dans la région de l'actuelle péninsule de Crimée. Père, fille, autel, intervention divine et remplacement animal forment une structure qui mérite comparaison. [14]

La crise concerne cependant l'expédition grecque immobilisée et la demande de la déesse, plutôt que la descendance promise à Abraham ou son épreuve dans la Genèse. L'héroïne devient prêtresse dans un autre pays ; le fils de la Genèse demeure dans le cadre de la promesse familiale. La délivrance change de fonction avec les personnages, la crise et le dénouement. [1][14]

Raleigh HethRaleigh HethChercheur en littératures de la Mésopotamie et de la Méditerranée orientale anciennes ; coauteur d'une comparaison entre Isaac et Iphigénie publiée en 2021.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication et T. E. KelleyT. E. KelleyCoauteur avec Raleigh Heth d'un article de 2021 sur Isaac et Iphigénie ; la notice publiée ne donne que les initiales T. E.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication examinent les liens possibles entre les deux histoires dans une étude récente. Seul son résumé a été consulté ici ; il ne permet donc pas d'établir un sens précis d'emprunt. [15]

Récit, législation et pratique sont des témoins différents

Interruption et remplacement peuvent se lire comme réorientation du sacrifice, mais dater une interdiction sociale exige d'autres indices. Deutéronome 12:31 rejette la combustion des fils et filles pour les dieux ; Jérémie 7:31 attaque la pratique à Tophet. Ces déclarations diffèrent d'une histoire de père éprouvé puis arrêté. [16][17]

Réunir ces textes ne prouve pas qu'une pratique disparut partout à une date unique. Formulation juridique, accusation prophétique et scène littéraire apportent chacune un type de connaissance. La pratique effective exige un contexte social et archéologique indépendant.

Les passages étudiés ne fournissent pas davantage de chaîne démontrée rattachant Abraham à un récit mésopotamien précis. Offrandes humaines et substituts peuvent se comparer entre milieux ; une origine déterminée exige un texte antérieur aux ressemblances précises, une chronologie, des contacts et une circulation plausible. Un mot commun pour sacrifice ou un enfant menacé ne tranche pas la question.

Que peut-on retracer ?

Les textes présentent des différences identifiables. La Genèse nomme Isaac, arrête l'acte et fournit un bélier ; les Jubilés ajoutent Mastéma et le cadre angélique ; Josèphe rapporte le consentement ; la prière rappelle la ligature ; Hébreux lit la délivrance par le pouvoir de ressusciter ; Al Saffat présente rêve, dialogue, soumission et rachat, puis les exégètes divergent sur l'identité. C'est une carte de réception, non un témoin unique de toutes les étapes. [1][3][4][6][7][8][9][10][11][12]

Trois limites demeurent : un fragment restitué n'est pas un texte complet ; dater une réécriture ne date pas la vie d'Abraham ; l'attestation antérieure d'un sens ne détermine pas à elle seule son parcours jusqu'à un texte plus récent. Ces limites permettent d'étudier l'épreuve, la filiation, la délivrance et la mémoire sans transformer la comparaison en accusation ou défense doctrinale.

Références et notes

  1. Chapitre complet ; verbe de ligature 22:9. Genesis 22:1–24; KJV; Hebrew 22:9 checked at Sefaria Revenir au texte ↑
  2. Autre fils et promesse. Genesis 21:9–21; KJV Revenir au texte ↑
  3. Passage complet ; titre web mal numéroté. Jubilees 17:15–18; R. H. Charles 1902 Revenir au texte ↑
  4. Chapitre complet ; rôles angéliques distincts. Jubilees 18:1–19; Charles 1902 Revenir au texte ↑
  5. Texte principal complet ; limites des restitutions. Joseph A. Fitzmyer, The Sacrifice of Isaac in Qumran Literature, Biblica 83(2002),211–229 Revenir au texte ↑
  6. Chapitre indiqué complet. Josephus, Antiquities 1.13.1–4; Whiston historical translation Revenir au texte ↑
  7. Formule de prière collective. Mishnah Ta’anit 2:4; Hebrew and William Davidson English Revenir au texte ↑
  8. Corne du bélier et souvenir. Babylonian Talmud, Rosh Hashanah 16a, paragraph 16; Rabbi Abbahu Revenir au texte ↑
  9. Trois versets complets. Hebrews 11:17–19; KJV Revenir au texte ↑
  10. Al Saffat 99–113. Quran, Al Saffat 37:99–113; Arabic text Revenir au texte ↑
  11. Deux avis et préférence d’al Tabari. Al Tabari, Jami‘ al bayan, commentary on 37:107 Revenir au texte ↑
  12. Arguments pour Ismaël. Ibn Kathir, Tafsir al Quran al ‘azim, commentary on 37:101 Revenir au texte ↑
  13. Page 277 seulement ; non l’article entier. Younus Y. Mirza, Ishmael as Abraham’s Sacrifice, Islam and Christian–Muslim Relations 24/3(2013),277–298; onlyp 277 Revenir au texte ↑
  14. Scène initiale indiquée. Euripides, Iphigenia in Tauris, opening 1–41; Gilbert Murray historical translation Revenir au texte ↑
  15. Résumé éditorial seulement. Raleigh Heth and T. E. Kelley, Isaac and Iphigenia, Biblica 102/4(2021),481–502; DOI 10.2143/BIB.102.4.3290253; abstract Revenir au texte ↑
  16. Interdiction dans le verset indiqué. Deuteronomy 12:31; KJV Revenir au texte ↑
  17. Accusation prophétique indiquée. Jeremiah 7:31; KJV Revenir au texte ↑
  18. Identité et droits de la tapisserie. The Sacrifice of Isaac; Met 64.101.1282; probably 1561–1613 Revenir au texte ↑
  19. Introduction d'Oxford Bibliographies seulement : les Jubilés datent du IIe siècle avant notre ère ; la bibliographie complète n'a pas été lue. Introduction seulement ; datation au IIe siècle av. n. è. Revenir au texte ↑
  20. Extrait de l'introduction seulement : les Antiquités furent achevées vers 93 ou 94 de notre ère. Extrait introductif ; date des Antiquités de Josèphe. Revenir au texte ↑
  21. Passage introductif visible seulement : vers 200 de notre ère date la mise en forme de la Mishna, non toutes ses traditions. Introduction ; rédaction vers 200 de notre ère. Revenir au texte ↑
  22. Seule la présentation initiale a été lue : la compilation du Talmud de Babylone est située vers le VIe siècle, au terme d'un processus plus long. Ouverture ; compilation vers le VIe siècle. Revenir au texte ↑
  23. Description de l'éditeur seulement : contexte du Coran au VIIe siècle ; le livre lui-même n'a pas été lu. Notice de l'éditeur ; contexte du VIIe siècle. Revenir au texte ↑
  24. Aperçu Brill seulement : décès d'al-Tabari (923) et d'Ibn Kathir (1373) ; le chapitre n'a pas été lu en entier. Aperçu seulement ; dates de décès. Revenir au texte ↑
  25. Résumé du chapitre seulement : la pièce fut probablement représentée vers 414–412 avant notre ère. Résumé seulement ; date probable de la représentation. Revenir au texte ↑

Historique de recherche

Les modifications substantielles sont conservées ici. Les corrections rédactionnelles mineures restent dans le journal interne.

  1. Édition 11 · 14 octobre 2026 · editor

    Mise à jour substantielle de la notice

    Lire cette révision dans sa langue originale (arabe)

  2. Édition 10 · 14 octobre 2026 · editor

    Mise à jour substantielle de la notice

    Lire cette révision dans sa langue originale (arabe)

  3. Édition 9 · 14 octobre 2026 · editor

    Mise à jour substantielle de la notice

    Lire cette révision dans sa langue originale (arabe)

  4. Édition 8 · 14 octobre 2026 · editor

    Mise à jour substantielle de la notice

    Lire cette révision dans sa langue originale (arabe)

  5. Édition 7 · 14 octobre 2026 · editor

    Mise à jour substantielle de la notice

    Lire cette révision dans sa langue originale (arabe)

  6. Édition 6 · 14 octobre 2026 · editor

    Mise à jour substantielle de la notice

    Lire cette révision dans sa langue originale (arabe)

  7. Édition 5 · 14 octobre 2026 · editor

    Mise à jour substantielle de la notice

    Lire cette révision dans sa langue originale (arabe)

  8. Édition 4 · 14 octobre 2026 · editor

    Mise à jour substantielle de la notice

    Lire cette révision dans sa langue originale (arabe)

  9. Édition 3 · 14 octobre 2026 · editor

    Mise à jour substantielle de la notice

    Lire cette révision dans sa langue originale (arabe)

  10. Édition 2 · 14 octobre 2026 · editor

    Mise à jour substantielle de la notice

    Lire cette révision dans sa langue originale (arabe)

Proposer une correction · Proposer une source pour cette notice

Citer cette notice

IL Archive, «Le fils et le sacrifice : transformations du récit d’Abraham», Édition 11, https://ilarchive.com/fr/studies/abraham-sacrifice-and-retellings