Étude

Qumrân

Une étude approfondie d’un sujet, accompagnée de preuves et de références.

Stabilité et pluralité : témoins de Qumrân, MT, Jérémie court, Torah harmonisante et source de la Septante ; limites des dates et de l’« original ».

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Vestiges du site de Qumrân dans une photographie moderne. Contexte des manuscrits, pas grotte 4 ni fragment de Jérémie. Original conservé ; copie réduite sans recadrage
Vestiges du site de Qumrân dans une photographie moderne. Contexte des manuscrits, pas grotte 4 ni fragment de Jérémie. Original conservé ; copie réduite sans recadrageBerthold Werner, 12 novembre 2008 · Domaine publicSource de l’image

Texte

Des livres familiers, des témoins inattendus

La surprise de QumrânManuscrits de la mer MorteManuscrits du désert de Judée, notamment des grottes de Qumrân. Copies bibliques et autres œuvres révèlent la diversité des textes ; copie et origine de l’œuvre ont des dates distinctes.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication ne concernait pas seulement des œuvres religieuses inconnues. Elle touchait aussi Genèse, Exode, Deutéronome, Isaïe, Jérémie, Samuel et Psaumes. Ces livres familiers apparaissaient dans des témoins bien antérieurs aux manuscrits hébreux complets utilisés par les chercheurs : parfois très proches, parfois différents dans les mots, paragraphes ou dispositions. [1][4]

Les découvertes de QumrânQumrânSite près du nord-ouest de la mer Morte ; les grottes voisines conservent des textes juifs antiques, pas une Bible complète unique.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, parmi les manuscrits de la mer MorteManuscrits de la mer MorteManuscrits du désert de Judée, notamment des grottes de Qumrân. Copies bibliques et autres œuvres révèlent la diversité des textes ; copie et origine de l’œuvre ont des dates distinctes.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, montrent que certains livres faisant autorité circulaient simultanément sous plusieurs formes textuelles. Pas une Bible entièrement différente pour chaque personne : il faut comprendre la coexistence de conservation attentive et pluralité, puis la normalisation de certaines traditions.

Des grottes qui élargissent les archives

Les découvertes commencent en 1947 près de la rive nord-ouest de la mer MorteMer MorteLa mer Morte est un lac salé de la vallée du Jourdain, près de sites où furent trouvés des manuscrits anciensGlossaire · Cliquez pour lire l’explication. Trouvailles et fouilles portent à onze le nombre des grottes connues pour leurs vestiges écrits. Des dizaines de milliers de fragments représentent plus de neuf cents manuscrits selon l’Autorité des antiquités ; chiffres approximatifs, selon raccords des fragments et dénombrement des témoins. [2][3]

La plupart datent environ du IIIe siècle avant notre ère au Ier siècle de notre ère. L’hébreuHébreuLangue sémitique du Nord-Ouest appartenant au groupe cananéen, avec des formes anciennes et modernes.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication prédomine, avec l’araméenAraméenEnsemble de variétés linguistiques sémitiques du Nord-Ouest, présentes depuis longtemps au Proche-Orient.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication et le grec. L’expression plus large « manuscrits de la mer Morte » inclut d’autres sites et périodes du désert de Judée ; leurs dates ne s’appliquent pas toutes à Qumrân. [1][14]

La photographie moderne de couverture montre les vestiges de Qumrân ; pas la grotte ni les fragments de l’analyse de Jérémie. [13]

Que comptent les chiffres ?

L’Autorité des antiquités évoque environ 230 manuscrits « bibliques » : témoins d’œuvres incluses dans la Bible hébraïque ultérieure. Il ne s’agit pas de 230 Bibles complètes. Un témoin peut être un petit fragment d’un livre ou un texte étendu comme le grand rouleau d’Isaïe. [1]

Esther n’est pas attesté parmi les livres identifiés de cet ensemble. Son absence seule ne prouve pas un rejet communautaire ; le nombre de copies ne mesure pas non plus l’autorité universelle d’un livre. Les découvertes sont un échantillon survivant, pas un recensement des bibliothèques antiques.

Avant les codices médiévaux

Le codex d’Alep, incomplet aujourd’hui, est généralement daté vers 925 ; celui de Leningrad, témoin complet de la Bible hébraïque, de 1009. Qumrân permet de comparer des copies souvent antérieures de plus d’un millénaire. Des fragments hébreux et traductions grecques antiques étaient aussi connus : tous les témoins précédents n’étaient pas médiévaux. [4]

On peut désormais tester continuité ou changement au lieu de les supposer. Un accord étroit atteste la persistance de lectures précises ; une divergence révèle une autre histoire textuelle à expliquer.

Massorétique et proto-massorétique

Le texte massorétiqueTexte massorétiqueTradition hébraïque de transmission et de lecture du texte, comparée aux manuscrits et traductions anciens par la critique textuelle.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication associe les consonnes hébraïques aux voyelles, accents et notes de copie ou lecture organisés par les Massorètes durant le premier millénaire de notre ère. Ils n’ont pas composé les livres à nouveau, mais travaillé sur des traditions anciennes. [4]

Un témoin antique proche de ce texte consonantique est appelé proto-massorétiqueTexte proto-massorétiqueTémoin antique proche des consonnes massorétiques ultérieures, sans forcément voyelles, accents et notes.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication. Il n’a pas déjà tout le système médiéval de vocalisation ni un accord lettre pour lettre avec chaque manuscrit massorétique. Distinguer consonnes et aides de lecture préserve la continuité sans effacer les différences.

Schéma moderne des couches textuelles. Proximité consonantique antique ≠ identité de chaque lettre ou vocalisation massorétique à Qumrân. Pas fac-similé ni chronologie complète
Schéma moderne des couches textuelles. Proximité consonantique antique ≠ identité de chaque lettre ou vocalisation massorétique à Qumrân. Pas fac-similé ni chronologie complèteIL Archive · schéma original · CC BYSource de l’image

Au-delà de familles fermées

Les études parlent de proto-massorétique, harmonisant ou pré-samaritain, proche de la source hébraïque supposée de la SeptanteSeptanteDésignation traditionnelle des traductions grecques anciennes des Écritures juives, dont les lectures diffèrent parfois du texte hébreu massorétique.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, et non aligné. Ce sont des outils comparatifs, pas quatre territoires aux frontières fixes. Un témoin peut suivre un groupe ici et un autre ailleurs. [5][8]

Impossible de classer automatiquement chaque fragment ou de confondre proximité et filiation démontrée. Les lacunes peuvent empêcher toute décision ; une « famille » décrit parfois des lectures ou pratiques communes plutôt qu’une généalogie entièrement restituable.

Des différences de plusieurs ordres

Les variantes vont de l’orthographe, conjonctions et grammaire à une phrase omise ou matière empruntée à un parallèle. Des expansions ou réorganisations systématiques peuvent signaler une autre édition littéraire. La longueur seule n’indique pas la cause : une erreur peut supprimer un paragraphe entier. [4][5]

La critique textuelleCritique textuelleComparer les témoins pour expliquer les variantes et inférer lectures ou éditions anciennes, en distinguant conservation et reconstruction.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication compare témoins, contexte et pratiques de copie ou traduction pour expliquer chaque cas. Toute variante n’est pas une campagne doctrinale ; toute divergence n’est pas une erreur mineure sans conséquence.

Jérémie : la traduction plus courte

Le Jérémie grec ancien diffère sensiblement du massorétique : plus court, avec certains ensembles, notamment les oracles contre les nations, placés autrement. Les estimations de longueur dépendent du calcul. Mieux vaut parler ici d’un écart important que faire du « sixième » une proportion fixe et certaine. [4][6]

Avant Qumrân, on pouvait attribuer certains écarts à l’abrègement du traducteur. Des témoins hébreux, surtout 4QJerᵇ, appuient des lectures plus courtes proches du grec dans les passages conservés. Une source hébraïque différente devient plus convaincante qu’une omission toujours créée en traduction. [5]

Les limites des fragments de Jérémie

4QJerᵇ ne conserve pas le livre entier. Il ne suffit donc pas à établir toute la longueur ou disposition du grec. La preuve directe est ce qui subsiste ; reconstruire une édition complète exige comparaison des témoins hébreux et grecs et examen de la traduction. [5][6]

Distinguer « une lecture hébraïque ancienne rejoint ici le texte court » de « ce rouleau était identique à toute la Septante ». Un passage conservé appuie la première formule ; la seconde dépasse ce seul témoin.

Une édition avant l’autre ?

Beaucoup de chercheurs voient dans le court une étape antérieure et dans le long un développement rédactionnel. C’est une interprétation de leur relation, pas une déclaration du manuscrit. « Plus ancien » ne signifie pas automatiquement « religieusement plus vrai » ; « développé » ne signifie pas « falsifié ». [6]

Un rédacteur peut ajouter de la matière ancienne absente d’une édition précédente, la réorganiser ou l’interpréter. Il faut préciser l’étape reconstruite et distinguer le sens supposé du développement de l’existence attestée des différences.

Le Pentateuque samaritain, plus qu’un autre nom de montagne

Le Pentateuque samaritainPentateuque samaritainTradition hébraïque samaritaine des cinq livres, partageant une histoire textuelle ancienne, avec variantes linguistiques et théologiques, notamment liées au Garizim.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication conserve les cinq livres, pas le reste de la Bible hébraïque. Il présente différences orthographiques, linguistiques et rédactionnelles, dont des lectures valorisant le mont Garizim. Son histoire ne se réduit pas au changement d’un nom de lieu dans un texte massorétique. [8]

Qumrân montre que nombre de traits, surtout l’expansion depuis des passages parallèles, précèdent la forme spécifiquement samaritaine. Il faut étudier une histoire textuelle commune plus ancienne, puis les ajouts ou choix propres aux traditions ultérieures.

Comment fonctionne l’harmonisation ?

L’harmonisation textuelleHarmonisation textuelleRapprocher des passages parallèles par ajouts ou changements ; rédaction possible, pas identité du copiste.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication rapproche des passages parallèles. Des détails de l’exécution peuvent entrer dans l’ordre lui-même, ou du Deutéronome dans l’Exode. Ulrich examine les expansions répétées de l’Exode harmonisant et de 4QNumᵇ : un procédé plus large qu’une simple faute isolée. [7]

Exemple précis : 4QDeutⁿ développe la raison du sabbat de Deutéronome5:15 par la matière d’Exode20:11 sur la création. Ce témoin n’est pas partout identique au samaritain ; harmoniser ne définit pas seul une famille fermée ou une communauté religieuse. [11]

Comparaison moderne de l’harmonisation en 4QDeutⁿ selon VanderKam p.20. Pas reproduction du fragment ni identité avec chaque lecture samaritaine
Comparaison moderne de l’harmonisation en 4QDeutⁿ selon VanderKam p.20. Pas reproduction du fragment ni identité avec chaque lecture samaritaineIL Archive · schéma original · CC BYSource de l’image

« Pré-samaritain », une description, pas une identité

4QpaleoExodᵐ, 4QExod-Levᶠ et 4QNumᵇ partagent des traits importants avec la tradition samaritaine. D’où « pré-samaritain » ; « harmonisant » insiste plutôt sur la rédaction observable sans faire automatiquement du copiste un Samaritain. [8]

4QpaleoExodᵐ ne paraît pas avoir inclus l’ajout distinctif du commandement de Garizim. Son emplacement exige toutefois une reconstruction à partir des fragments et de l’espace disponible. Cette inférence n’équivaut pas à lire un passage intégralement conservé. Les expansions communes sont mieux établies que l’identité confessionnelle du copiste.

L’écriture ne détermine pas la famille textuelle

Certains rouleaux emploient l’écriture paléo-hébraïque, d’autres la carrée ; la première peut aussi servir au nom divin dans un texte carré. Cela compte pour datation et pratiques graphiques, sans faire de chaque témoin ancien un texte samaritain. [14]

Anderson et Giles montrent que les textes paléo-hébraïques varient eux-mêmes et que l’harmonisation existe dans plusieurs écritures. Forme des lettres, lectures et identité religieuse sont liées, sans être interchangeables. [8]

Copistes, précision et interprétation

Un copiste peut reproduire précisément un texte harmonisant ou se tromper dans un texte proto-massorétique. Il faut distinguer rédaction du modèle et travail de copie : un ajout ne naît pas nécessairement chez le dernier scribe. [5][7]

Clarifier ou harmoniser pouvait être compris comme préserver le sens et compléter le récit. C’est interpréter une pratique, pas connaître l’intention déclarée de chaque copiste. Respect, contrôle et modification coexistent à divers degrés, sans ouverture illimitée ni mécanisme obligatoire.

La Septante témoigne aussi d’un texte source

La SeptanteSeptanteDésignation traditionnelle des traductions grecques anciennes des Écritures juives, dont les lectures diffèrent parfois du texte hébreu massorétique.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication n’est pas toujours une traduction secondaire à corriger sur le MT. Les écarts peuvent venir des choix, interprétations ou erreurs du traducteur ; parfois le texte source hébraïqueVorlage hébraïqueTexte hébreu sous une traduction ; partiellement conservé ou inféré, pas copie découverte par simple reconstruction.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication était réellement différent. Jérémie impose de séparer ces niveaux. [6]

Restituer la source depuis le grec n’est pas automatique : un mot grec peut rendre plusieurs mots hébreux, la syntaxe changer. Étudier chaque traducteur puis comparer les passages conservés à Qumrân lorsqu’ils existent. L’accord d’une lecture ne démontre pas deux livres entièrement identiques.

Schéma moderne distinguant texte conservé et source hébraïque inférée. Accord en Jérémie ≠ rouleau entier identique à toutes les lectures grecques
Schéma moderne distinguant texte conservé et source hébraïque inférée. Accord en Jérémie ≠ rouleau entier identique à toutes les lectures grecquesIL Archive · schéma original · CC BYSource de l’image

Samuel : examiner chaque passage

Les témoins de Samuel aident aussi à comparer le grec, mais tous les ajouts ne sont pas des « accords avec la Septante ». Pour le paragraphe sur Nahash avant 1 Samuel11, VanderKam cite 4QSamᵃ et Josèphe tout en signalant son absence dans les autres versions. [11]

Un témoin peut conserver une lecture importante sans accord grec. Un écart long peut venir d’un saut du regard entre formules semblables, plutôt que d’une édition doctrinale nouvelle. Ni longueur ni nom de famille ne remplacent l’examen du cas.

Le sixième ou le septième jour ?

En Genèse2:2, le MT place l’achèvement au septième jour ; samaritain, grec ancien et syriaqueSyriaqueForme littéraire de l’araméen, dotée d’un vaste héritage chrétien et d’attestations anciennes non chrétiennes.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication au sixième. Tov envisage que « sixième » supprime la difficulté apparente d’achever le travail au jour du repos. Cela interprète le changement, sans résultat automatique. [9]

Cet exemple compare des traditions ; il n’est pas une variante conservée à Qumrân pour ce passage. Ni plus court, ni plus facile, ni chronologiquement plus ancien ne gagne toujours : le jugement doit expliquer lectures concurrentes et contexte.

Où apparaît la stabilité ?

Certains témoins de Qumrân sont très proches des consonnes massorétiques. Ceux de Massada et des grottes-refuges prolongent ce profil dans d’autres échantillons, utile pour comprendre sa domination croissante à la fin du Second Temple et ensuite. [3][12]

Dates et livres conservés ne prouvent pas l’adoption d’une forme unique par tous les Juifs un même jour. La normalisation est historique et sociale ; d’autres traditions pouvaient subsister hors des groupes responsables de ces témoins.

Qumrân avait-il une seule autre Bible ?

La « TorahTorah / PentateuqueGenèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome : corpus mosaïque à l’histoire rédactionnelle. Torah peut aussi désigner un enseignement ou une loi plus larges.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication de Qumrân » ne doit pas désigner une copie unique opposée à toutes les autres. L’ensemble comprend œuvres diverses et témoins multiples de certains livres. Attribuer chaque rouleau à une communauté unique ou sa composition au site dépasse cette seule bibliothèque. [1][5]

La coexistence atteste la conservation de formes diverses dans un même ensemble. Hiérarchie d’autorité et réactions des lecteurs ne se déduisent pas des nombres de fragments. Présence dans une bibliothèque ne signifie pas canonicité pour chaque lecteur.

La Septante ne naît pas en un jour

Les cinq livres ont probablement été traduits en grec dans l’Égypte ptolémaïque au IIIe siècle avant notre ère ; d’autres suivent à diverses dates et de diverses façons. On distingue le « grec ancien » restitué des révisions grecques ultérieures. [4]

Préciser livre et témoin avant de juger « la Septante ». Les rapports source/traduction varient ; une lecture grecque valable ici ne rend pas toutes les lectures grecques antérieures au MT.

Histoire du texte et liste des livres

Deux communautés peuvent reconnaître l’autorité d’Isaïe avec des textes différents, ou partager un texte proche mais diverger sur un autre livre. Pluralité textuelle et formation du canon sont liées, sans constituer une seule question. [12]

Torah, œuvres prophétiques et autres font autorité, mais rien ne justifie une liste close universellement identique. Pas absence de limites ou d’autorité : il faut éviter de projeter tous les détails des canons ultérieurs dans le passé.

Quel « original » cherche-t-on ?

Paroles prononcées, recueillies, développées et réorganisées : premières paroles, premier recueil, édition finale et ancêtre commun des témoins sont des objectifs différents. « Original » ne doit pas les confondre. [5]

Une édition peut développer une précédente, ou leur direction rester incertaine. L’arbre aide à comprendre les ramifications, mais demeure un modèle explicatif, pas une généalogie certaine de tous les manuscrits bibliques.

Le texte le plus ancien inférable

The Hebrew Bible: A Critical Edition vise le texte le plus ancien inférable à partir des témoins. Il peut falloir présenter plusieurs éditions plutôt qu’un hybride qui efface leurs différences. Objectifs et méthodes font aussi l’objet de critiques savantes. [10][5]

Une lecture inférée ne devient pas une nouvelle pièce archéologique parce qu’un éditeur l’imprime. Décisions, arguments et alternatives doivent rester visibles : où finit le texte conservé et où commence la reconstruction ?

Méthode moderne de critique textuelle, pas généalogie prouvée. Lecture inférée ≠ preuve matérielle ; âge de copie seul insuffisant
Méthode moderne de critique textuelle, pas généalogie prouvée. Lecture inférée ≠ preuve matérielle ; âge de copie seul insuffisantIL Archive · schéma original · CC BYSource de l’image

Le manuscrit ancien n’est pas toujours meilleur

L’âge date l’objet copié, pas chaque lecture. Un témoin tardif peut reproduire un bon modèle ancien ; un témoin ancien comporter une erreur locale. La proximité temporelle compte sans remplacer l’examen de chaque passage. [4][9]

La comparaison ne sacralise pas la date et ne rejette pas une tradition pour sa conservation matérielle tardive. Elle pèse sens, contexte, preuves externes et possibilités de naissance des lectures concurrentes.

Composition, rédaction et copie ont des dates différentes

Un manuscrit daté vers 150 avant notre ère établit l’existence de sa forme textuelle au plus tard à cette date, selon la précision de datation : terminus ante quem. Pas preuve d’une naissance à ce moment ni date fixe pour toutes ses matières. [4]

Cette forme peut contenir de la matière ancienne et côtoyer une autre édition. Qumrân ne date pas seul chaque composition et ne prouve pas une Torah inventée au moment de copier les rouleaux. Il élargit les preuves de transmission et rédaction.

Ce qui continue ensuite

La tradition conduisant au MT devient dominante dans le judaïsme rabbinique, surtout après le Second Temple. Pas une seule décision immédiatement après 70, ni fin de toutes les autres branches. Les Samaritains conservent leur Pentateuque ; les traductions grecques deviennent importantes au christianisme. [4][12]

Les Massorètes médiévaux documentent lecture et transmission avec grande précision. Le texte normalisé a une longue histoire ; la restituer ne supprime pas sa valeur de témoin, mais permet de l’évaluer avec les autres.

Degrés de connaissance

Établi : témoins proches du MT et divergents, expansions harmonisantes, lectures hébraïques expliquant certains écarts grecs, plusieurs éditions de certains livres. Probable dans des modèles influents : Jérémie court antérieur au long, certains textes harmonisants à la base de la forme samaritaine ultérieure. [5][6][8]

Non établi : généalogie complète, doctrine du copiste déduite de l’écriture, date unique de normalisation. Inexact : livres tous sans lien entre eux ou copies toutes identiques depuis la composition à un texte unique lettre pour lettre.

Une histoire devenue visible

Qumrân n’a pas simplement fourni une autre Bible remplaçant le MT. Il rend visible le chemin : matières, recueils, rédaction, copie, traduction, harmonisation, stabilisation inégale entre livres et communautés. Tous les livres ne suivent pas obligatoirement ces étapes dans le même ordre. [5]

Des livres faisant autorité existaient sous plusieurs formes tandis que des lectures restaient stables des siècles durant. Cela coexiste : transmission attentive et histoire ramifiée. Derrière une page actuelle peuvent se trouver des étapes invisibles dans la page seule.

Références et notes

  1. Israel Antiquities Authority. “Introduction.” Leon Levy Dead Sea Scrolls Digital Library. Sections manuscrits de Qumrân et bibliques : dates, langues, environ 230 témoins, Esther non attesté, accords et variantes. Estimations ; pas lecture indépendante de tous les fragments. Revenir au texte ↑
  2. Israel Antiquities Authority. “Discovery and Publication.” Découverte de 1947, recherches de 1949–1956, onze grottes et restes de plus de 900 manuscrits ; l’expression inclut aussi d’autres sites. Revenir au texte ↑
  3. Israel Antiquities Authority. “Discovery Sites.” Grottes de Qumrân et Massada : fragments de sept rouleaux bibliques, proches du proto-massorétique. Pas uniformisation universelle à une date unique. Revenir au texte ↑
  4. James C. VanderKam (2016). “Texts, titles, and translations.” In The Cambridge Companion to the Hebrew Bible/Old Testament, pp. 9–27. DOI: 10.1017/CBO9780511843365.002. P. 9–12, 17–21 : couches massorétiques, Alep vers 925 et Leningrad 1009, témoins, traductions, variations. Dénombrements selon classement ; pas pourcentage uniforme pour tous les livres. Revenir au texte ↑
  5. Eibert Tigchelaar (2012). “Editing the Hebrew Bible: An Overview of Some Problems.” In J. S. Kloppenborg and J. H. Newman (eds.), Editing the Bible, pp. 41–66. SBL. P.47 : 4QJerᵇ, éditions multiples et groupes non exclusifs ; p.50, 52–53 : objectifs des éditions critiques et problèmes des origines. Nom de fichier = éditeur, pas auteur du chapitre. Revenir au texte ↑
  6. Kristin De Troyer (2012). “Greek Papyri and the Texts of the Hebrew Bible.” In Editing the Bible, pp. 81–90. SBL. P.88–89 : modèles Ulrich/Tov pour Jérémie, Exode et Samuel ; le grec peut refléter une autre rédaction hébraïque. Présentation de recherches, pas collation indépendante de chaque manuscrit. Revenir au texte ↑
  7. Eugene Ulrich (2012). “The Evolutionary Composition of the Hebrew Bible.” In Editing the Bible, pp. 23–40. SBL. P.32,34 : ajouts à l’Exode depuis Deutéronome et accomplissement explicite des ordres ; 4QNumᵇ. Éditions rédactionnelles chez Ulrich ; pas pratique universelle des copistes. Revenir au texte ↑
  8. Robert T. Anderson and Terry Giles (2012). The Samaritan Pentateuch: An Introduction to Its Origin, History, and Significance for Biblical Studies. SBL. P.34–35,44–48 : groupes, harmonisation, écriture ancienne, 4Q17/22/27. P.48 n.19 : emplacement du commandement de Garizim à reconstruire ; absence inférée, pas lecture d’un passage intact. Revenir au texte ↑
  9. Emanuel Tov (1982). “Criteria for Evaluating Textual Readings: The Limitations of Textual Rules.” Harvard Theological Review 75(4), pp.429–448. DOI: 10.1017/S0017816000031540. Extrait public et n.37 : septième jour en Genèse2:2 MT, sixième en SP, grec et syriaque. Explication probable ; pas variante attestée à Qumrân même. Revenir au texte ↑
  10. Society of Biblical Literature. The Hebrew Bible: A Critical Edition — project description. Description officielle lue au navigateur : texte le plus ancien inférable, éditions et critiques. Page directe lue au navigateur ; méthode aussi examinée par Tigchelaar p.50,52–53. Revenir au texte ↑
  11. James C. VanderKam (2016). “Texts, titles, and translations,” pp.18–20: examples from Samuel and Deuteronomy. P.18–20 : Samuel et harmonisation des raisons du sabbat en 4QDeutⁿ, Exode20:11/Deutéronome5:15. Accord grec sans supériorité automatique. Revenir au texte ↑
  12. Israel Antiquities Authority. “Introduction,” biblical manuscripts and refuge caves sections. Autorité sans canon clos universel ; témoins des grottes-refuges proches du MT. Absence d’Esther ≠ rejet ; fréquence des copies ≠ canonicité universelle. Revenir au texte ↑
  13. Berthold Werner (12 November 2008). Palestine Qumran BW 4.jpg. Wikimedia Commons, own work, PD-self. Photographie des vestiges de Qumrân, domaine public par l’auteur. Pas grotte4 ni fragment de Jérémie ; original conservé, copie réduite sans recadrage. Revenir au texte ↑
  14. Israel Antiquities Authority. “Languages and Scripts.” Langues/écritures décrivent la pratique graphique, pas automatiquement identité ou famille ; comparer Anderson/Giles p.45–46. Revenir au texte ↑

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IL Archive, «Qumrân», Édition 1, https://ilarchive.com/fr/studies/qumran-textual-plurality