Étude

Allah dans le Coran

Une étude approfondie d’un sujet, accompagnée de preuves et de références.

Suit Allah avant le Coran, puis examine divinité, al-Raḥmān, anges, intercession et prophètes, en distinguant parenté linguistique et identité doctrinale.

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Feuillet coranique, Met 1979.201, fin VIIIe–début IXe siècle, régions islamiques centrales ; encre, couleurs et or sur parchemin. Transmission ultérieure, pas copie du VIIe siècle ni image des versets cités ici. [28]
Feuillet coranique, Met 1979.201, fin VIIIe–début IXe siècle, régions islamiques centrales ; encre, couleurs et or sur parchemin. Transmission ultérieure, pas copie du VIIe siècle ni image des versets cités ici. [28]The Metropolitan Museum of Art, 1979.201 · Don d’Adrienne Minassian, à la mémoire du Dr Richard Ettinghausen, 1979 · Domaine publicNotice de l’objet

Texte

Un nom ancien dans le discours coranique

Lorsque le CoranCoranTexte central de l’islam, employé ici comme témoin de son discours religieux.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication commence à être récité au Hedjaz au VIIe siècle, AllahAllahNom arabe de Dieu, employé avant l’islam et dans plusieurs traditions religieuses arabophones.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication n’est pas un mot inconnu attendant d’être inventé. Des attestations antérieures existent, avec des traditions juives, chrétiennes et arabiques locales. La nouveauté étudiée ici est l’organisation propre au Coran du langage du culte, de la création et de la révélation, plutôt que la première apparition de la croyance en un Dieu unique. [1][2][26]

Un nom peut durer tandis que sa compréhension change. Distinguons donc trois questions : quand le mot est-il attesté, que signifie-t-il dans un contexte donné, et comment le Coran décrit-il les rapports de Dieu avec humains et êtres célestes ? L’histoire linguistique éclaire la première sans résoudre seule les deux autres.

Allah avant le codex

En 2025, Ahmad Al-Jallad présente une inscription safaïtique de MH09 dans la Ḥarrah du nord-est jordanien, au sein d’une installation funéraire. Il y lit Allah comme créateur donnant la lumière face à la mort représentée par les ténèbres, il y a environ deux millénaires. C’est l’interprétation d’une gravure précise, pas une formule coranique découverte sur pierre. [1]

Ce témoin renforce l’ancienneté du nom et suggère des attributs dans ce milieu. Il ne fait pas de tous les Arabiques contemporains des monothéistes et ne prouve pas une conception coranique déjà complète. Dater la première attestation conservée ne date pas nécessairement le premier usage ou le début du culte : les vestiges ne sont pas toute l’histoire.

Que change-t-il dans les inscriptions tardives ?

Dans une étude publiée en 2026, Ahmad Al-Jallad et Hythem Sidky observent que les inscriptions paléo-arabes tardives examinées invoquent Allah ou al-ilāh, sans les dieux fréquents dans des corpus plus anciens. Ils rapprochent ce changement du climat religieux de l’Antiquité tardiveAntiquité tardiveCadre des transformations de la fin du monde antique, aux limites variables.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, tout en refusant de tirer des inscriptions une vision religieuse complète. [2]

Le changement de l’invocation écrite établit une évolution de l’expression publique dans un échantillon donné. Il ne prouve ni disparition simultanée de tous les cultes locaux ni adoption d’une doctrine unique par chaque personne. Ces inscriptions ne sont pas un référendum sur la religion arabique. Il faut les comparer à la poésie, au Coran et aux récits ultérieurs, en respectant leurs dates et leurs genres.

Allah et al-ilāh : dérivation et usage

Une explication connue fait d’Allah une contraction d’al-ilāh, « la divinité ». Nicolai Sinai discute cette analyse et rappelle que l’étymologie ne détermine pas chaque usage ultérieur. Il examine aussi al-ilāh dans l’inscription de Zabad datée de 512, avec une réserve sur la lecture initiale. Toute graphie al-ilāh n’est pas une graphie identique à Allah. [3]

Un mot peut devenir un nom établi même si son origine reste analysable. Le locuteur n’a pas besoin de la reconstruire à chaque emploi. Dérivation, graphie épigraphique et fonction dans la phrase doivent être distinguées. Établir l’une ne résout pas les autres et ne démontre pas automatiquement une identité divine inchangée au fil des siècles.

Une famille linguistique, pas une chaîne de dieux

L’arabe ilāhIlah en arabeNom commun arabe signifiant « dieu » ou « divinité », dont le pluriel est aliha.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication appartient à une famille sémitique comprenant l’akkadienAkkadienLangue sémitique orientale ancienne, écrite en cunéiforme en Mésopotamie.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication iluIlu en akkadienMot akkadien signifiant « dieu » ; sa présence n’identifie pas automatiquement la divinité El.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, l’ougaritique il, l’hébreuHébreuLangue sémitique du Nord-Ouest appartenant au groupe cananéen, avec des formes anciennes et modernes.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication El et des formes araméennes et syriaques. En 2025, Benjamin Suchard compare *ʾil- reconstruit à la forme étendue *ʾilāh- et propose une explication de cette dernière. L’astérisque indique une reconstruction, pas un mot lu dans un manuscrit protosémitique. [4]

Cette parenté linguistiqueParenté linguistiqueRelation fondée sur un héritage linguistique commun, distincte de l’emprunt direct ou de croyances identiques.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication est réelle. Mais en faire une succession « El, puis ElohimElohimMot hébreu de forme plurielle, désignant des « dieux » ou une divinité singulière selon le contexte.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, puis Allah » pour une personnalité divine unique confond vocabulaire et croyance. Des mots apparentés peuvent désigner des conceptions différentes selon les communautés. Retracer une identité religieuse exige textes, cultes et contextes de contact, plutôt qu’une simple ressemblance sonore.

Distinction moderne entre histoires du mot, de la conception et de la lecture. La parenté sémitique ne prouve seule ni identité religieuse continue ni transmission précise. [3][4]
Distinction moderne entre histoires du mot, de la conception et de la lecture. La parenté sémitique ne prouve seule ni identité religieuse continue ni transmission précise. [3][4]IL Archive · schéma original · CC BYSource de l’image

Les interlocuteurs connaissent le nom Allah

En 29,61, le Coran attribue la réponse « Allah » à ses interlocuteurs lorsqu’on demande qui a créé ciel et terre et soumis soleil et lune. En 29,63, même réponse pour la pluie et la terre revivifiée ; 39,38 reprend l’argument de la création. Le nom est ici un terrain partagé du débat, plutôt qu’une désignation nouvelle à définir. [5][6][7]

Le témoin décrit néanmoins les adversaires du point de vue du texte qui les conteste. Ce n’est pas une enquête indépendante sur chaque foyer mecquois. On peut identifier l’image supposée par l’argument coranique, puis la comparer aux inscriptions et à la poésie. L’appliquer indistinctement à tous les Arabiques des VIe ou VIIe siècles dépasse les versets.

Reconnaître le créateur ne clôt pas le différend

Sinai utilise la poésie antérieure au Coran comme témoin à comparer aux conceptions coraniques de création, don et mort. Puisqu’elle nous parvient par une transmission plus tardive, chaque citation demande un examen de son attribution et de sa formulation ; le mot Allah ne date pas seul un vers. Un recueil transmis n’équivaut pas à une inscription directement datée. [3]

Dans le Coran, la question dépasse la connaissance d’un créateur. Si Allah crée et accorde la miséricorde, pourquoi invoquer d’autres êtres censés supprimer le mal ou retenir cette miséricorde ? Le verset 39,38 unit reconnaissance et critique. Le différend peut donc porter sur les conséquences de la reconnaissance de Dieu, plutôt que sur son existence. [7]

Allah comme désignation, ilāh comme catégorie

Dans « Allah : aucune divinité sauf Lui », les deux mots remplissent des fonctions différentes. Allah désigne l’objet du culte ; ilāh entre dans la négation de toute autre divinité. Ce n’est pas une liste le plaçant au premier rang de dieux également dignes de culte. La phrase associe désignation, divinité exclusive et culte. [25]

L’analyse linguistique éclaire cette distinction dans la phrase sans reconstruire chaque étape antérieure. Même si le nom se rattache historiquement à al-ilāh, chacun de ses emplois précédents ne devient pas une déclaration du monothéismeMonothéismeCroyance en un Dieu unique, seul être divin, plutôt qu’en un dieu supérieur parmi plusieurs.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication coranique. Fonction grammaticale, dérivation possible et histoire religieuse sont trois niveaux à conserver distincts.

Fonctions dans les témoins coraniques, pas arbre étymologique ni quatre dieux. Schéma moderne ; dérivation possible d’Allah, question distincte. [15][16][17][25]
Fonctions dans les témoins coraniques, pas arbre étymologique ni quatre dieux. Schéma moderne ; dérivation possible d’Allah, question distincte. [15][16][17][25]IL Archive · schéma original · CC BYSource de l’image

Al-Ikhlāṣ : ni généalogie ni égal

La sourate al-Ikhlāṣ condense une formulation : Allah est un, ṣamad, ni engendrant ni engendré, sans équivalent. Elle associe unité et refus de la généalogie et de l’égalité. Ṣamad possède une histoire d’interprétation et de traduction que cette étude ne réduit pas à un équivalent étranger incontestablement fixé. [8]

Comparée aux anciennes familles divines, la structure relationnelle diffère : aucune compagne n’enfante pour Dieu, aucune descendance n’hérite de la divinité. Cela ne fait pas du Coran le premier texte historique à distinguer créateur et créature ou la première tradition à refuser la pluralité. Sa spécificité réside dans ses formulations et ses arguments au sein des débats de son époque, avec des monothéismes antérieurs.

Le ciel ne devient pas vide

La divinité exclusive n’efface pas tous les êtres non humains du récit. Le Coran comporte anges, djinns, esprits et trône ; la révélation demeure liée à un monde dépassant le visible ordinaire. La sourate des Djinns décrit ainsi un groupe qui écoute et croit. Nous étudions une construction textuelle, pas une preuve archéologique de l’existence de ces êtres. [27]

La question décisive est leur statut : créent-ils indépendamment, partagent-ils la divinité, méritent-ils un culte ? Plusieurs êtres dans un texte ne constituent pas plusieurs dieux. Un ciel habité peut donc relever d’une conception monothéiste. Il faut examiner limites et fonctions, plutôt que compter les personnages pour déduire la doctrine de leur nombre.

Les anges comme serviteurs honorés

Le verset 21,26 rejette une descendance attribuée à al-RaḥmānAl-RaḥmānDésignation divine coranique coréférant avec Allah.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication et appelle les êtres concernés des serviteurs honorés. Le contexte précise qu’ils ne parlent pas avant Lui, agissent sur Son ordre et n’intercèdent que pour ceux qu’Il agrée. L’autorité est explicite : l’honneur n’en fait pas les enfants d’une famille de dieux indépendants. [9]

Une comparaison structurelle avec l’ancien conseil divinConseil divinReprésentation d’êtres divins formant une assemblée dotée d’une autorité et de rôles distincts.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, comportant chef, membres et messagers, devient possible. Des fonctions semblables ne prouvent pas que chaque ange coranique était un dieu cananéen déclassé. La persistance d’images de cour et de messagers doit être distinguée de l’identité d’un personnage précis entre des textes séparés par des siècles. Ce rapprochement ouvre une enquête, pas un tableau de conversion.

Résumé moderne des passages sur les êtres célestes et Abraham, sans représentation ni biographie indépendante. Rôles et noms conservés ne prouvent pas la conversion d’un dieu ancien précis en ange. [9][10][11][27][23]
Résumé moderne des passages sur les êtres célestes et Abraham, sans représentation ni biographie indépendante. Rôles et noms conservés ne prouvent pas la conversion d’un dieu ancien précis en ange. [9][10][11][27][23]IL Archive · schéma original · CC BYSource de l’image

Gabriel et Michel : des noms hérités

Le Coran nomme GabrielGabriel / JibrīlNom associant El à l’homme ou à la force ; interprète de Daniel, messager de Luc, Jibrīl nommé dans le Coran.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication en 2,97 à propos de la transmission de la révélation avec la permission de Dieu ; 2,98 le nomme avec MichelMichel / MīkālNom théophore demandant qui est comme Dieu ; porté par des humains et un être céleste de Daniel. Aucune ancienne divinité cananéenne établie.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication. Mīkāl est la forme écrite dans ce verset ; Mīkāʾīl est connue ailleurs. Les deux noms précèdent le Coran : ils figurent dans Daniel, puis dans des traditions juives et chrétiennes. [10][11][12][13]

La transmission d’un nom ne suppose ni fonction inchangée entre les textes ni connaissance coranique de chaque récit ultérieur. On peut établir les personnages nommés, puis examiner leurs rôles dans chaque témoin. Dans la scène coranique, Gabriel ne partage pas comme une divinité la source de la révélation. La permission précise elle-même sa relation à Dieu.

El dans le nom d’un ange

Michel contient une construction hébraïque signifiant « Qui est comme El/Dieu ? ». Gabriel associe El à un élément relevant de l’homme et de la force ; l’université de l’Iowa propose « homme de Dieu » et « Dieu est ma force ». La lecture homme ne doit pas disparaître au profit d’une traduction plus courante. [12][13]

Le nom parle de Dieu sans déclarer son porteur divin. En arabe, il peut fonctionner comme une unité que le locuteur ne décompose pas. La survie de l’élément ancien atteste l’histoire linguistique et onomastiqueOnomastiqueÉtude des noms, de leurs origines, formes et contextes : source pour la langue et la religion, sans remplacer les textes mythologiques ou rituels.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, plutôt que l’usage musulman d’El ougaritique comme nom divin distinct. Les noms seuls ne reconstruisent ni l’origine des personnages célestes ni les croyances de leurs utilisateurs.

Raḥmānān avant le Coran

RaḥmānānRaḥmānānDésignation divine rḥmnn dans les inscriptions sabéennes tardives préislamiques.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, écrit rḥmnn dans les inscriptions sabéennes tardives, possède une histoire sudarabique antérieure à l’islam. Sigrid Kjær examine des textes publics et des serments de contextes variés, notamment juifs et chrétiens. Les changements du IVe siècle et des siècles suivants affectent la langue publique désignant la divinité. [14]

Une seule désignation ne transforme pas tout le Yémen en communauté de doctrine uniforme. Son rapport à SeigneurRabbTitre de seigneurie, propriété ou sollicitude selon le contexte ; appliqué à Dieu.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication du Ciel ou Dieu des Juifs exige l’examen de chaque inscription ; certaines lectures divisent les chercheurs. L’antériorité du titre et la diversité de ses contextes sont plus nettes. Une transmission complète d’une institution yéménite au Hedjaz ne découle pas de la seule ressemblance lexicale.

Allah et al-Raḥmān dans un même verset

Le verset 17,110 invite à invoquer Allah ou al-Raḥmān et Lui attribue les beaux noms quelle que soit l’invocation. Al-RaḥmānAl-RaḥmānDésignation divine coranique coréférant avec Allah.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication et Allah coréfèrent dans cette formulation. Plusieurs noms n’impliquent pas plusieurs personnes divines ; le verset les présente dans une conception unitaire. [15]

Affirmer qu’il enregistre littéralement la fusion de deux dieux auparavant indépendants demande d’autres preuves historiques. Des traditions différentes peuvent employer un même titre ; des titres peuvent converger sans moment fondateur documenté. Le texte établit la coréférence dans son discours. Le parcours antérieur demeure une question de contact, de langue et de religion, pas une conclusion grammaticale toute prête.

Seigneur des mondes

La Fātiḥa loue Allah comme rabbRabbTitre de seigneurie, propriété ou sollicitude selon le contexte ; appliqué à Dieu.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication des mondes. Selon le contexte, rabb exprime seigneurie, propriété ou sollicitude ; ici, ce n’est pas un second dieu à côté d’Allah. Le verset 6,102 réunit Allah votre Seigneur, aucune divinité sauf Lui, créateur de tout, donc adorez-Le. Nom, autorité, création et culte sont liés. [16][17]

Mondes élargit l’horizon au-delà d’un groupe local. La création universelle n’est pourtant pas conçue pour la première fois dans ce verset ; des traditions antérieures possèdent des conceptions cosmiques de Dieu. Nous étudions sa place dans les thèmes coraniques de guidance, jugement et culte, sans transformer une simple évolution lexicale en vérité historique générale.

Refuser une famille divine

Le verset 6,101 demande comment Dieu aurait un enfant sans compagne et associe la question à la création de tout. Avec al-Ikhlāṣ et les serviteurs honorés, les limites de la généalogie divine reviennent. Le Coran ne construit pas d’arbre où compagne et descendants seraient des dieux de droits autonomes. [17][8][9]

La comparaison avec l’ancien conseil d’El doit rester historique : plus d’un millénaire et de nombreuses transformations juives, chrétiennes et arabiques séparent les textes ougaritiques du Coran. Une question comparable ne prouve pas une réponse directe à une tablette. Le Fils chrétien ne doit pas non plus être automatiquement compris comme engendrement corporel. Critique coranique et descriptions des autres traditions restent distinctes.

Shirk : le différend sur le culte

Le verset 39,3 présente l’argument de personnes prenant des protecteurs : leur culte servirait à rapprocher d’Allah. En 10,18, elles appellent les objets de ce culte leurs intercesseurs auprès d’Allah. La connaissance de Dieu demeure dans l’argument, mais justifie le culte d’intermédiaires. Le texte rejette cet arrangement et critique l’association. [18][19]

Il faut donc définir ici le shirkShirk / associationAssociation d’autres à Dieu dans le discours coranique ; distincte de la négation de Dieu.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication depuis le passage : quel culte ou partenariat est attribué à un autre que Dieu ? « Dieu supérieur avec êtres inférieurs » n’explique pas seul chaque cas. Il faut examiner filiation, pouvoir et médiationIntercessionMédiation soumise dans les textes cités à permission et agrément, sans indépendance divine.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication attribués, puis le jugement du texte. La différence entre existence et culte d’un être est centrale.

L’intercession n’est pas l’indépendance

Le Coran nie-t-il toute intercessionIntercessionMédiation soumise dans les textes cités à permission et agrément, sans indépendance divine.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication ? Les versets ne soutiennent pas cette affirmation absolue. En 2,255, il demande qui intercède auprès de Lui sans Sa permission ; al-Anbiyāʾ associe l’intercession à Son agrément. Un intermédiaire adoré comme voie indépendante vers Dieu diffère d’un être n’intercédant que sous permission. [25][9]

Cela ne tranche pas toute l’histoire islamique de l’intercession en une phrase ; commentateurs et théologiens en développent les conditions. Le point plus limité est méthodologique : une étude ne doit pas effacer l’exception de son propre texte cité. Interdiction catégorique et intercesseur imposant sa volonté à Dieu dépassent tous deux cette formulation.

Comparaison moderne de l’argument des intermédiaires et de la permission. Ni négation de toute intercession ni histoire complète de son interprétation. [18][19][25][9]
Comparaison moderne de l’argument des intermédiaires et de la permission. Ni négation de toute intercession ni histoire complète de son interprétation. [18][19][25][9]IL Archive · schéma original · CC BYSource de l’image

Hawting et les limites de la lecture des adversaires

Gerald Hawting propose que le vocabulaire du shirk et de l’idolâtrie peut intervenir entre groupes se considérant monothéistes : l’accusation ne reproduit pas nécessairement la description de l’adversaire par lui-même. Cette thèse influente invite à ne pas transformer une qualification religieuse en définition sociale neutre. [20]

Elle ne prouve ni monothéisme identique de tous les interlocuteurs coraniques ni absence de culte des idoles. Le modèle a été critiqué. Connaissance coranique d’Allah, inscriptions L’invoquant et accusations d’association restent des témoignages différents. On peut les peser sans supprimer leurs tensions. Reconnaître un créateur ne détermine pas seul le nombre d’êtres adorés ou la conception des intermédiaires.

Le Christ dans les limites coraniques

En 4,171, Jésus fils de Marie est décrit comme messager de Dieu, Sa parole adressée à Marie et un esprit venant de Lui. Le texte interdit ensuite de dire trois, affirme une divinité unique et nie la descendance. Le Christ garde des descriptions et un honneur particuliers sans partager la divinité de Dieu. Le réduire à un homme ordinaire sans spécificité déformerait le passage. [21]

Cela décrit la position coranique. Les chrétiens formulant la TrinitéTrinitéFormulation chrétienne de l’unité divine et de la distinction Père/Fils/Esprit, issue de débats.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication se disent aussi monothéistes ; une objection coranique ne fait pas d’adorateurs de trois dieux une description historique adéquate de leur identité. Langue critique, formulation propre d’une autre tradition et comparaison du chercheur doivent rester distinctes. Un différend réel ne justifie pas leur confusion.

Allah comme Dieu des prophètes dans le Coran

Le verset 2,136 réunit foi en Allah, révélation à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et leurs descendants, et dons à MoïseMoïseFigure centrale de l’Exode, des traditions de la Torah et du Coran ; les récits d’enfance diffèrent.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, Jésus et aux prophètes. Ces figures appartiennent à une histoire liée de la révélation. Allah n’est pas, dans ce discours, le dieu d’une communauté nouvelle du Hedjaz détachée des prophètes précédents ; le texte les rapporte à Lui. [22]

Cette unité est affirmée par le Coran, sans documenter indépendamment une identité de détails doctrinaux chez toutes les figures historiques portant ces noms. L’historien peut établir l’affirmation de continuité, puis étudier récit et construction identitaire. Dater cette affirmation et prouver l’uniformité de toutes les croyances antérieures sont deux questions différentes.

Abraham comme hanif

Le verset 3,67 présente Abraham comme ni juif ni chrétien, mais hanifHanifDescription coranique d’Abraham liée à soumission et refus de l’association.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, soumis à Dieu et non associateur. Il place son autorité hors de la division entre ces désignations et en fait un modèle de dévotion. Le contexte discute les revendications sur Abraham et la proximité avec lui. [23]

Le verset ne prouve seul ni institution religieuse préislamique uniforme appelée hanifisme ni pratiques de l’Abraham historique décrites indépendamment. Musulman relève ici du langage de la soumission dans la phrase ; les institutions ultérieures ne doivent pas y être automatiquement projetées. Une ancienne figure exemplaire entre dans un nouveau débat : même personne narrative, position redéfinie.

Dans un monde scripturaire, en le réinterprétant

Moïse, Jésus, Abraham et Gabriel montrent que le Coran s’adresse à un monde de récits et de figures religieuses antérieurs. Leur présence n’en fait pas la copie littérale d’un livre précis. Les histoires peuvent circuler par récitation, prédication, rituel et oralité autant que par manuscrits, puis être réorganisées pour une autre fonction. [22][10][26]

Dans la recherche sur l’Antiquité tardiveAntiquité tardiveCadre des transformations de la fin du monde antique, aux limites variables.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, l’Arabie participe à des relations juives, chrétiennes, syriaques et sudarabiques plutôt qu’à un vide culturel absolu. La recension de Valentina Grasso montre cet éventail. Établir un contexte général de contact reste toutefois plus aisé que retracer un verset via un manuscrit et un intermédiaire précis. Chaque affirmation détaillée exige des preuves proportionnées.

Le monothéisme précède aussi le Coran

Une « conception monothéiste nouvelle » ne doit pas signifier que le monothéismeMonothéismeCroyance en un Dieu unique, seul être divin, plutôt qu’en un dieu supérieur parmi plusieurs.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication commence avec le Coran. Judaïsme et christianisme formulent un Dieu unique des siècles avant le VIIe ; les inscriptions méridionales attestent différentes formes monothéistes ou exclusives avant l’islam. Le nom n’est pas seul ancien : certaines questions et positions religieuses le sont aussi. [14][26]

Nouveau est relatif : une formulation coranique arabe définissant reconnaissance, culte, généalogie, intercession et révélation dans son contexte. Le désaccord sur le Christ ou la filiation n’autorise pas à effacer l’identité monothéiste revendiquée ailleurs. L’histoire examine différents sens, arguments et pratiques de l’unité, sans choisir d’avance une définition éliminant toutes les autres de la comparaison.

Créateur de toute chose

Allah créateur de toute chose en 39,62 donne à la création une portée universelle. Le verset 6,102 la relie à l’ordre de culte. Dieu n’est pas formulé comme puissance réservée à la pluie ou à une ville ; création, sollicitude et culte convergent dans une relation. [24][17]

Comparée à des traditions distribuant les fonctions entre plusieurs dieux, cette conception révèle une réorganisation importante. Elle n’implique pas que chaque attribut provienne directement d’une divinité ancienne nommée. Création, sagesse, royauté et justice traversent plusieurs traditions et évoluent aussi en leur sein. Les fonctions communes permettent la comparaison sans identifier seules voie d’emprunt ou date de transformation.

Comment tester continuité et transmission ?

Toute proposition de transmission religieuse dépassant le possible exige six tests : temps, contact, précision de la ressemblance, structure, voie de transmission et développement indépendantDéveloppement indépendantÉléments semblables apparaissant sans transmission historique entre eux.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication possible. Le témoin précède-t-il l’élément comparé ? Les groupes se rencontrent-ils ? Le parallèle est-il précis ou général ? La fonction garde-t-elle la même place structurelle ? Existe-t-il un intermédiaire plausible, ou seulement une ligne comblant le vide d’une carte ?

Il faut aussi distinguer histoire du mot, de la conception et lecture du texte. La couverture illustre ces limites : le feuillet 1979.201 du Met date de la fin du VIIIe–début du IXe siècle, pas des premières récitations du VIIe. Ce n’est ni première copie, ni image des versets cités, ni représentation de Dieu. Il documente une transmission matérielle ultérieure du codex. [28]

Outil méthodologique moderne de l’Archive. Mots ou fonctions semblables ne prouvent pas seuls une transmission ; temps, contact, précision, structure, voie et alternatives sont examinés ensemble
Outil méthodologique moderne de l’Archive. Mots ou fonctions semblables ne prouvent pas seuls une transmission ; temps, contact, précision, structure, voie et alternatives sont examinés ensembleIL Archive · schéma original · CC BYSource de l’image

Qu’est-ce qui demeure et qu’est-ce qui est redéfini ?

Le nom Allah précède incontestablement le Coran et le vocabulaire de la divinité appartient à une famille sémitique. Le Coran fait explicitement coréférer Allah et al-Raḥmān, décrit Dieu comme Seigneur des mondes et créateur de tout, et soumet l’action céleste à la permission et à l’ordre. Les voies précises reliant chaque tradition au Hedjaz et l’identité des intermédiaires ne sont pas établies par les preuves utilisées ici. [1][4][15][16][24][9]

Noms, récits prophétiques et figures angéliques demeurent, mais leur survie ne réduit pas l’histoire des conceptions à une croyance inchangée. Le discours coranique réunit création, souveraineté et culte en un Dieu et place les autres êtres dans Sa dépendance. La comparaison rigoureuse suit persistance et redéfinition sans faire de mots apparentés la preuve que les doctrines n’ont jamais changé.

Références et notes

  1. Ahmad Al-Jallad, “Ancient Allah: An Epigraphic Reconstruction”, Journal of Semitic Studies 70.2 (2025), 693–748. DOI 10.1093/jss/fgaf012. Résumé seul : MH09 dans le nord-est jordanien ; lecture d’un créateur donnant la lumière face à la mort, il y a environ deux millénaires. Analyse intégrale non lue. Revenir au texte ↑
  2. Ahmad Al-Jallad and Hythem Sidky, “Late Antique Allāh: Ancestral Arabian Religion and the Monotheistic Zeitgeist”, Arabian Archaeology and Epigraphy, published 15 February 2026. DOI 10.1111/aae.70019. Résumé, introduction et passages 2–3 : changement des invocations paléo-arabes tardives. Les auteurs distinguent graffitis publics et vision religieuse complète ; synthèse attribuée. Revenir au texte ↑
  3. Nicolai Sinai, Rain-Giver, Bone-Breaker, Score-Settler: Allāh in Pre-Quranic Poetry, AOS Essays 15, 2019. Présentation et extraits du PDF, p. 7 et p. 38 sur pluie/mort : allāh/al-ilāh, Zabad 512 et limites de transmission poétique. Pas lecture intégrale. Revenir au texte ↑
  4. Benjamin D. Suchard, “Semitic *ʾilāh- and Hebrew אלהים: From plural ‘gods’ to singular ‘God’”, Journal for the Study of the Old Testament 49.4 (2025). DOI 10.1177/03090892251332286. Résumé et comparaison initiale de *ʾil-/*ʾilāh- et apparentés. Origine de la forme étendue : proposition de l’auteur ; parenté lexicale ne prouve pas identité divine. Revenir au texte ↑
  5. Qurʾān 29:61; displayed text, Quran.com / Quranic Arabic Corpus. Traductions affichées : interlocuteurs reconnaissent Allah créateur ; témoignage polémique, pas recensement neutre. Revenir au texte ↑
  6. Qurʾān 29:63; displayed text, Quran.com / Quranic Arabic Corpus. Verset affiché : pluie et terre revivifiée attribuées à Allah par les interlocuteurs. Revenir au texte ↑
  7. Qurʾān 39:38; displayed text, Quran.com / Quranic Arabic Corpus. Verset affiché : reconnaître le créateur ne justifie pas invoquer d’autres êtres. Revenir au texte ↑
  8. Qurʾān 112:1–4; displayed text, Quran.com / Quranic Arabic Corpus. Sourate entière : unité, ṣamad, ni engendrement ni naissance ni égal. Pas traduction lexicale unique imposée pour ṣamad. Revenir au texte ↑
  9. Qurʾān 21:26–29; displayed text, Quran.com / Quranic Arabic Corpus. Verset et contexte affiché : serviteurs honorés, obéissance et intercession approuvée ; pas de descendance divine. Revenir au texte ↑
  10. Qurʾān 2:97; displayed text, Quran.com / Quranic Arabic Corpus. Verset affiché : Gabriel apporte la révélation avec permission divine ; nom ne prouve pas divinité autonome. Revenir au texte ↑
  11. Qurʾān 2:98; displayed text, Quran.com / Quranic Arabic Corpus. Verset et contexte 97 affiché : Mīkāl et Jibrīl avec anges et messagers. Revenir au texte ↑
  12. Bible & Archaeology, University of Iowa, “Hello, My Name Is: GABRIEL”, 24 February 2022. Paragraphes étymologiques et renvois Daniel 8,16 ; 9,21 / Luc : homme d’El ou El est ma force. Revenir au texte ↑
  13. Joseph Jacobs, M. Seligsohn and Mary W. Montgomery, “Michael”, Jewish Encyclopedia (1901–1906). Début seul : qui est comme El et renvois Daniel 10/12. Récits ultérieurs non adoptés en bloc. Revenir au texte ↑
  14. Sigrid K. Kjær, “‘Rahman’ before Muhammad: A pre-history of the First Peace (Sulh) in Islam”, Modern Asian Studies 56.3 (2022), 776–795. DOI 10.1017/S0026749X21000305. Résumé et exemples sudarabiques tardifs/juifs : Raḥmānān dans divers contextes. Lectures de divinités distinctes non généralisées ; aucune inspection des pierres. Revenir au texte ↑
  15. Qurʾān 17:110; displayed text, Quran.com / Quranic Arabic Corpus. Verset affiché : Allah et al-Raḥmān coréfèrent ; le verset ne prouve pas à lui seul une transmission du Yémen. Revenir au texte ↑
  16. Qurʾān 1:2; displayed text, Quran.com / Quranic Arabic Corpus. Verset et contexte affiché de la Fātiḥa : Seigneur des mondes, culte et prière. Revenir au texte ↑
  17. Qurʾān 6:101–102; displayed text, Quran.com / Quranic Arabic Corpus. Versets 101 et 102 lus sur leurs pages : ni compagne ni enfant ; Allah Seigneur et créateur de tout. Revenir au texte ↑
  18. Qurʾān 39:3; displayed text, Quran.com / Quranic Arabic Corpus. Verset affiché : culte pour se rapprocher d’Allah ; argument rejeté par le texte. Revenir au texte ↑
  19. Qurʾān 10:18; displayed text, Quran.com / Quranic Arabic Corpus. Verset affiché : nos intercesseurs auprès d’Allah, puis critique de l’association. Revenir au texte ↑
  20. G. R. Hawting, “Shirk and idolatry in monotheist polemic”, The Idea of Idolatry and the Emergence of Islam (1999), 67–87; online 2009. Résumé du chapitre seul : Hawting lit le shirk dans des polémiques entre prétendants au monothéisme. Thèse discutée, pas preuve pour tous les interlocuteurs. Revenir au texte ↑
  21. Qurʾān 4:171; displayed text, Quran.com / Quranic Arabic Corpus. Verset entier affiché : Christ messager, parole et esprit venant de Lui ; refus de trois. Position coranique, pas résumé neutre de tout christianisme. Revenir au texte ↑
  22. Qurʾān 2:136; displayed text, Quran.com / Quranic Arabic Corpus. Verset affiché : Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob, Moïse et Jésus dans une confession de foi. Revenir au texte ↑
  23. Qurʾān 3:67; displayed text, Quran.com / Quranic Arabic Corpus. Verset/contexte : Abraham hanif soumis ; définition coranique, pas ethnographie indépendante de sa religion historique. Revenir au texte ↑
  24. Qurʾān 39:62; displayed text, Quran.com / Quranic Arabic Corpus. Verset affiché : Allah créateur de tout ; affirmation universelle de création. Revenir au texte ↑
  25. Qurʾān 2:255; displayed text, Quran.com / Quranic Arabic Corpus. Verset affiché : aucune divinité sauf Lui ; intercession autorisée, pas négation de toute intercession. Revenir au texte ↑
  26. Valentina A. Grasso, “The Qu’rān through the Lens of Late Antiquity, Late Antiquity through the Lens of the Qu’rān”, Harvard Theological Review 115.3 (2022), 466–476. DOI 10.1017/S001781602200027X. Extraits de la recension sur Arabie, contextes juifs/chrétiens et syriaques, textes. Recension historiographique, pas lecture indépendante de tous les chapitres. Revenir au texte ↑
  27. Qurʾān 72:1–2; displayed text, Quran.com / Quranic Arabic Corpus. Verset 1 sur Quran.com et traductions du verset 2 sur Quranic Arabic Corpus : écoute et foi dans le récit, pas preuve archéologique d’êtres physiques. Revenir au texte ↑
  28. The Metropolitan Museum of Art, Folio from a Qur’an Manuscript, accession 1979.201, object 452935. Notice/image : fin VIIIe–début IXe siècle, régions islamiques centrales, encre, couleurs et or sur parchemin ; domaine public. Pas copie du VIIe siècle ni image des versets cités ici. Revenir au texte ↑

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IL Archive, «Allah dans le Coran», Édition 1, https://ilarchive.com/fr/studies/allah-in-quran