Étude

Gog et Magog : d’Ézéchiel aux nations enfermées

Une étude approfondie d’un sujet, accompagnée de preuves et de références.

Chef, pays, nations et barrière : de la Genèse, d’Ézéchiel et de l’Apocalypse à Alexandre, au Coran et au hadith ; Gygès, Marduk et dates des témoins examinés.

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Illustration moderne générée d’une barrière entre montagnes ; ni vestige découvert ni identification de la barrière des récits
Illustration moderne générée d’une barrière entre montagnes ; ni vestige découvert ni identification de la barrière des récitsIL Archive,2026 ; illustration générée avec ImageGen. · CC0Licence

Texte

Introduction

Gog et MagogGog et MagogNoms aux fonctions distinctes : généalogie, invasion, nations eschatologiques et traditions de barrière.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication remplissent des rôles différents dans des textes de périodes distinctes : généalogie des peuples, attaque de la fin des temps et nations retenues derrière une barrière. Cette étude suit ces transformations de la Genèse, d'Ézéchiel et de l'ApocalypseLittérature apocalyptiqueÉcriture dévoilant un savoir céleste et historique caché, pas toute catastrophe.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication jusqu'à la Légende syriaqueSyriaqueForme littéraire de l’araméen, dotée d’un vaste héritage chrétien et d’attestations anciennes non chrétiennes.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication d'Alexandre, au CoranCoranTexte central de l’islam, employé ici comme témoin de son discours religieux.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication et au hadith. Elle demande ce que chaque témoin ajoute, quand il apparaît et jusqu'où les indices permettent de relier les récits. La ressemblance ne détermine à elle seule ni une voie de transmission, ni un peuple actuel, ni l'emplacement certain de la barrière.

Un nom entre plusieurs mondes

Gog et MagogGog et MagogNoms aux fonctions distinctes : généalogie, invasion, nations eschatologiques et traditions de barrière.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication semblent parfois désigner un seul peuple attendant derrière une même muraille depuis les origines. Pourtant, les textes qui ont formé cette image racontent des choses différentes. Dans la Genèse, Magog appartient à une généalogie des peuples. Dans Ézéchiel, Gog vient du pays de Magog pour diriger une attaque. Dans l’Apocalypse, les noms désignent les nations hostiles du monde. Une tradition syriaque sur Alexandre les associe à la fermeture d’un passage montagneux ; le Coran les place dans le récit de Dhul Qarnayn et la promesse de disparition de la barrière. [1][10][15]

Ces témoins appartiennent à des périodes différentes. Ézéchiel s'inscrit dans le contexte de l'exil babylonienExil babylonienDéportations judéennes vers la Babylonie et chute du royaume au début du VIe siècle ; plusieurs phases, pas déplacement ou retour de tous à la fois.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication au VIe siècle avant notre ère ; l'Apocalypse est généralement datée de la fin du Ier siècle de notre ère. La formation de la Légende syriaque d'Alexandre est débattue entre le VIe et le début du VIIe siècle, tandis que le passage coranique appartient au VIIe siècle. Le cadre d'un récit, sa composition et ses copies conservées ont des dates distinctes. [19][20][11][12]

Magog dans la table des nations

Genèse 10:2 cite Magog parmi les fils de Japhet, avec Gomer, Madaï, Yavân, Toubal, Méshek et Tiras. Ces noms figurent dans une généalogie expliquant la dispersion des peuples après le déluge. Ce passage ne présente ni roi guerrier nommé Gog, ni peuples enfermés par Alexandre, ni muraille de fer. [1]

Un nom généalogique peut désigner l’ancêtre auquel on attribue un peuple, alors qu’un autre texte l’emploie pour un pays ou une communauté. Il faut donc examiner sa fonction dans chaque passage avant de supposer partout deux individus fixes. L’ordre des livres bibliques ne détermine pas, à lui seul, la date de composition de chaque unité.

Gog dans Ézéchiel : chef, pays et coalition

Ézéchiel 38 s’adresse à Gog, du pays de Magog, associé à Méshek et Toubal. Sa vaste coalition comprend Perse, Koush, Pout, Gomer, Beth Togarma et d’autres groupes. Il vient de l’extrême nord, mais les noms de ses alliés couvrent plusieurs régions : l’image dépasse une armée locale. [1]

Les cibles sont des gens revenus dans leur pays et vivant en sécurité. Gog projette le pillage ; son armée avance comme une tempête et un nuage couvrant la terre. La puissance divine intervient par séisme, confusion des combats, peste, pluie, grêle et feu. La confrontation manifeste la sainteté de YHWHYahwehNom propre divin écrit YHWH dans la Bible hébraïque.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication devant les nations ; elle ne raconte pas la victoire d’un chef humain ouvrant une nouvelle royauté. [1]

Un détail disparaît parfois des récits : en 38:11, Gog veut attaquer des villages sans murailles. Ce sont ceux de ses victimes. Le chapitre ne décrit pas Gog enfermé derrière une barrière construite par un roi. [1]

L’après-bataille appartient au récit

Ézéchiel ne s’arrête pas à la mort de l’ennemi. Ses armes servent de combustible pendant sept ans ; ses morts sont enterrés durant sept mois pour purifier le pays ; oiseaux et animaux sont convoqués à un festin de vaincus. Le texte revient ensuite à l’exil, au retour d’Israël et à sa relation avec son Dieu. [1]

Ces éléments dépassent la description d’une invasion. Les armes menaçantes deviennent une ressource, les cadavres imposent une purification organisée, et la défaite expose la souveraineté divine. On ne peut réunir les fins des versions ultérieures pour les attribuer toutes à Ézéchiel : ni barrière ni Alexandre n’appartiennent à cette scène.

Gog est-il Gygès, roi de Lydie ?

Les inscriptions d'AssurbanipalAssurbanipalAssurbanipal était un roi assyrien du VIIe siècle avGlossaire · Cliquez pour lire l’explication mentionnent GygèsGygès de LydieRoi de Lydie, en Anatolie occidentale, au VIIe siècle av. n. è. ; une inscription assyrienne le nomme Guggu, sans prouver qu'il soit Gog.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, roi de LydieLydieAncien royaume de l'Anatolie occidentale, dont Sardes était la capitale ; ni État actuel ni synonyme de Magog.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication en AnatolieAnatolieL’Anatolie est la région occupant la partie asiatique de la Turquie actuelleGlossaire · Cliquez pour lire l’explication occidentale, sous la forme Guggu : texte 11, colonne ii, lignes 95–125. Envoyé, conflit avec les Cimmériens — groupes nomades connus en Anatolie aux VIIIe et VIIe siècles avant notre ère — et défaite figurent dans ce discours royal assyrien du VIIe siècle avant notre ère. [3][22]

Relier Guggu à Gog reste une proposition, non une identité démontrée. RöselChristoph RöselAuteur de l'article allemand de WiBiLex sur Gog et Magog (2012), qui examine les interprétations des noms et leurs attestations.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication présente plusieurs interprétations et indique que Magog n’est pas attesté comme nom dans les textes proche-orientaux anciens examinés. Une étymologie proposée ou un toponyme reconstruit ne doivent pas devenir une inscription prétendument découverte. [2]

La présence de Gygès dans l’inscription est donc directe ; expliquer Gog par son nom relève d’une inférence. Les lignes assyriennes lues ici ne nomment ni Gog et Magog comme deux nations enferméesNations enferméesMotif de peuples derrière une barrière jusqu’à leur sortie, non un nom ethnique fixe.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, ni Alexandre, ni barrière de la fin des temps. [3]

Et Marduk et Babylone ?

StrineCasey A. StrineChercheur sur Israël, Juda et le Proche-Orient anciens ; il a proposé de lire Gog chez Ézéchiel à la lumière de traditions sur Marduk.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication propose que Gog incarne MardukMardukDieu de Babylone, dont Enuma Elish célèbre l’élévation et l’ordre cosmique. Des sources l’associent à Nibiru et Jupiter. Origines et premières fonctions restent incertaines.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication et qu’Ézéchiel transforme la souveraineté babylonienne par combat, armes et temple. Son argument utilise un ordre grec des chapitres et un contexte du VIe siècle avant notre ère ; ToomanWilliam A. ToomanProfesseur de Bible hébraïque et de judaïsme ancien à St Andrews ; sa lecture de Gog diffère de l'hypothèse Marduk.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication lit autrement. Hypothèse contextuelle, sans mention explicite de Marduk. [4][5]

La comparaison pose une question mésopotamienne sans fournir un récit sumérien intégral transféré avec ses noms. Structure, connaissance des traditions et chronologie doivent être examinées. Relier un texte à son milieu diffère d’un texte primaire identifiant lui-même sa source.

L’Apocalypse : du chef septentrional aux nations du monde

En Apocalypse 20:7–10, Satan est libéré après les mille ans. Il séduit les nations aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, et les réunit pour la bataille. Elles encerclent le camp des saints et la cité bien-aimée ; un feu descendant les consume. Satan est ensuite jeté dans le lac de feu. [1]

La géographie devient universelle ; il ne s’agit plus simplement d’un chef nommé Gog gouvernant Magog. Le prisonnier libéré est Satan : ces versets ne disent pas qu’Alexandre a construit une barrière aux nations. La comparaison d’Ézéchiel et de l’Apocalypse étudiée par BøeSverre BøeChercheur norvégien du Nouveau Testament et de l'Apocalypse, auteur d'une comparaison de Gog et Magog chez Ézéchiel et dans l'Apocalypse.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication souligne la réutilisation d’images dans un nouveau contexte. [6]

La ressemblance ne repose pas uniquement sur le mot « bataille » : noms rares, confrontation collective et dénouement divin figurent dans les deux traditions. Mais séquence, communauté et fonction narrative changent. Une image transmise ne conserve pas nécessairement un sens inchangé.

Comparaison moderne des noms et barrières dans des textes précis ; aucune identification d’un peuple actuel ni chaîne de transmission démontrée
Comparaison moderne des noms et barrières dans des textes précis ; aucune identification d’un peuple actuel ni chaîne de transmission démontréeSchéma original : IL Archive,2026. · CC0Licence · Source de l’image

Josèphe : deux fils encore distincts

Dans les Antiquités 1.6.1, JosèpheFlavius JosèpheHistorien juif du Ier siècle de notre ère qui a repris des récits plus anciens, dont l’épreuve d’Abraham, dans les Antiquités judaïques.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication interprète Magog comme l’ancêtre du peuple appelé Scythes par les Grecs, peuples anciens associés aux steppes au nord de la mer Noire. [25] C’est une lecture juive de la table des nations à la fin du Ier siècle de notre ère, non un document du temps de NoéNoéNoé est le personnage du déluge dans la Genèse et un prophète dans le CoranGlossaire · Cliquez pour lire l’explication établissant une ascendance. [7]

Dans la Guerre des Juifs 7.7.4, il décrit une incursion des Alains — anciens groupes iraniens au nord de la mer Caspienne et de la mer Noire — en Médie, au nord-ouest de l’IranIranL’Iran est l’État actuel où se trouve Chouch, l’ancienne SuseGlossaire · Cliquez pour lire l’explication, et en Arménie, dans le Caucase, par un passage qu’Alexandre aurait fermé avec des portes de fer. Le roi d’Hyrcanie, région historique au sud-est de la mer Caspienne, les laisse passer. [23][26][27] L’attribution de portes à Alexandre est relativement ancienne, mais le paragraphe ne nomme ni Gog et Magog ni la fin du monde. [8]

Assembler les deux paragraphes puis affirmer que Josèphe racontait déjà toute la version syriaque serait une erreur. Nous avons deux fils : Magog identifié aux Scythes et un récit de portes dans un passage septentrional. Leur fusion en narration eschatologique détaillée demande un autre témoin.

L’interprétation chrétienne n’était pas uniforme

Dans La Cité de Dieu 20.11, écrit au début du Ve siècle de notre ère, AugustinAugustinAuteur chrétien des IVe–Ve siècles racontant sa compréhension d’une présence divine non spatiale.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication refuse de réduire Gog et Magog à un seul peuple ou de les identifier aux Gètes et Massagètes d’après leurs lettres. Il comprend les quatre coins de la terre comme la présence mondiale des adversaires de l’Église. [9]

Son explication symbolique des noms appartient à sa théologie ; ce n’est pas un dictionnaire historique fixant leur origine. Elle révèle ici une différence réelle dans la tradition chrétienne : certains cherchent un peuple au-delà des frontières, d’autres comprennent l’image universellement.

Appliquer les noms à chaque nouvel ennemi politique n’était donc ni la seule interprétation historique ni une conclusion imposée à tous les lecteurs par le texte.

La légende syriaque : un roi ferme le passage

Dans la légende chrétienne syriaque d’AlexandreLégende chrétienne syriaque d’AlexandreRécit chrétien en prose des voyages d’Alexandre et d’une porte retenant des nations ; distinct du Roman et du Poème, datation débattue.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication traduite par Budge en 1889, les anciens du pays décrivent au roi les peuples derrière les montagnes. Ils les appellent Huns et citent Gog et Magog parmi leurs rois. Leurs descriptions effrayantes construisent un ennemi littéraire ; elles ne documentent pas la vie réelle des Huns. [10]

Alexandre fait venir des ouvriers et érige une porte de fer et de bronze entre les montagnes, avec seuils, verrous et clé. Il y inscrit la sortie future des nations, lorsque la barrière tombera sur ordre divin. Cette libération appartient à une vision des royaumes en guerre, de la fin de l’histoire, de la souveraineté romaine et du transfert du règne au Messie. [10]

Le récit a changé : l’ennemi n’attaque pas seulement, il habite derrière une construction qui empêche son passage jusqu’au moment prévu. Le roi qui le retient n’est pas un personnage d’Ézéchiel. Alexandre, nations enfermées du nord, barrière métallique et sortie promise forment la combinaison distinctive de cette tradition.

Quel texte syriaque, quelle date ?

BrockSebastian P. BrockSpécialiste de la littérature syriaque qui distingue le Roman d'Alexandre, la Légende chrétienne et le poème syriaques.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication distingue le long Roman syriaque d’Alexandre, le poème et la Légende chrétienne ajoutée. Un même volume ne les transforme pas en œuvre unique. Il présente une datation vers 629–630 de notre ère pour la Légende : datation savante, non manuscrit écrit par Alexandre. [11]

TeseiTommaso TeseiChercheur sur l'Antiquité tardive et le Coran ; il propose une couche ancienne de la Légende syriaque d'Alexandre.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication propose plutôt une origine sous JustinienJustinien IerEmpereur romain d'Orient de 527 à 565 ; son règne sert à dater hypothétiquement une couche de la Légende syriaque d'Alexandre.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication et considère la prophétie de l’an séleucide 940 comme un ajout évoquant 626–629. Nous rapportons son résumé publié, sans avoir lu tout le chapitre. Cette différence chronologique importe pour les relations avec le Coran. [12][13]

Le manuscrit décrit dans l’introduction de Budge, Add. 25875, date de 1708–1709. Cela date une copie tardive, non l’origine du récit. De même, 1889 date une édition et une traduction modernes. Formation de l’œuvre, copie conservée et publication scientifique sont trois dates différentes. [10]

Dans un autre résumé, Tesei relie le roi bâtisseur aux interprétations chrétiennes des visions de Daniel et de la souveraineté impériale. C’est une lecture de l’horizon politique et religieux de la légende, non une attestation qu’Alexandre historique aurait construit cette barrière. [14]

Schéma méthodologique moderne distinguant texte, interprétation et copies ; ces lignes ne donnent pas une date unique au récit
Schéma méthodologique moderne distinguant texte, interprétation et copies ; ces lignes ne donnent pas une date unique au récitSchéma original : IL Archive,2026. · CC0Licence · Source de l’image

Le Coran : une miséricorde limitée par une promesse

Dans Al Kahf 18:92–98, Dhul Qarnayn rejoint des gens entre des barrières montagneuses. Ils demandent un ouvrage contre la corruption de Gog et Magog. Il réclame leur aide concrète, utilise des pièces de fer puis du métal fondu. Le groupe ne peut escalader ni percer l’ouvrage ; il l’attribue pourtant à la miséricorde de son SeigneurRabbTitre de seigneurie, propriété ou sollicitude selon le contexte ; appliqué à Dieu.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication et annonce que Sa promesse le nivellera. [15]

La barrière n’est pas un triomphe humain éternel. Les versets suivants évoquent déferlement, trompette et rassemblement. Al Anbiya 21:96–97 décrit l’ouverture de Gog et Magog et l’approche de la vraie promesse. Le lien eschatologique est clair ; coordonnées, nom d’Alexandre, rois huns nommés, clé et verrous ne figurent pas dans ces passages. [15][16]

La comparaison syriaque porte sur un ensemble précis : héros voyageur, demande de protection, barrière entre montagnes, fer et métal à base de cuivre, sortie future sous autorité divine. Les différences restent : un ouvrage plein, sans description de portes à gonds, et sans le programme romano-chrétien détaillé du texte syriaque. [10][15]

Le hadith ajoute une autre scène

Le récit d'al Nawwas ibn Sam‘an conservé dans Sahih Muslim 2937a situe l'apparition de Gog et Magog après le Dajjal. Jésus et ses compagnons se réfugient au mont Tur ; le texte évoque ensuite l'eau du lac de Tibériade, leur prière, des insectes qui s'attaquent aux cous des envahisseurs, puis des oiseaux qui emportent les corps et une pluie qui nettoie la terre. Ce sont des détails du hadith, non d’Al Kahf. [17]

Ils permettent de comparer destruction et purification avec des traditions anciennes, sans rendre les scènes identiques. Ézéchiel convoque les oiseaux pour manger les corps ; dans le récit islamique, ils les transportent. La différence de fonction appartient aux données, ce n’est pas un obstacle à supprimer. [1][17]

Il faut également distinguer la compilation du recueil de la période attribuée à ses locuteurs. Cette étude porte sur les témoins et les formes narratives ; la ressemblance ne remplace pas l’évaluation du récit par les spécialistes du hadith par notre propre verdict historique.

Derbent : des murs réels, aucune solution prophétique automatique

DerbentDerbentVille du Daghestan russe sur la Caspienne, dotée de fortifications sassanides ; elle n'identifie pas la barrière de Dhul Qarnayn.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication se trouve sur la côte de la mer Caspienne, au Daghestan, dans la Russie actuelle. L'UNESCO date ses fortifications sassanides des Ve et VIe siècles de notre ère et décrit des murs entre les montagnes et la mer. Ces ouvrages frontaliers éclairent l’importance des passages ; ils ne prouvent pas qu’il s’agit de la barrière coranique. [18]

Alexandre historique a vécu plusieurs siècles avant ces fortifications. L’attribution d’un ouvrage à ce roi dans un récit tardif diffère de la datation archéologique des pierres. Une grande muraille septentrionale ne suffit pas à établir les noms ou l’emplacement originel des peuples prophétiques. [11][18]

Muraille nord de Derbent, au Daghestan, photographiée en 2018. C'est une fortification réelle, non une preuve de la barrière de Gog et Magog
Muraille nord de Derbent, au Daghestan, photographiée en 2018. C'est une fortification réelle, non une preuve de la barrière de Gog et MagogPhotographie d'Aleksandr Baïdoukov ; Wikimedia Commons. · CC BY-SASource de l’image

Comment le récit a-t-il été illustré des siècles plus tard ?

Un feuillet du Shahnama, épopée persane achevée par Ferdowsi vers 1010, illustré à Tabriz dans le nord-ouest de l’Iran vers 1330–1340, montre Alexandre supervisant la construction d'une barrière contre Gog et Magog. Il témoigne de la réception ultérieure du récit dans l'art persan, et non d'une scène du IVe siècle avant notre ère ni d'une muraille historiquement attestée. [21][24]

Alexandre surveille la construction du barrage dans un feuillet illustré du Shahnama, Tabriz, vers 1330–1340. Il s'agit d'une réception artistique tardive, non de l'image d'un événement historique
Alexandre surveille la construction du barrage dans un feuillet illustré du Shahnama, Tabriz, vers 1330–1340. Il s'agit d'une réception artistique tardive, non de l'image d'un événement historiqueNational Museum of Asian Art, Smithsonian Institution ; S1986.104. · Domaine publicSource de l’image

Qu’est-ce qui s’est transmis, qu’est-ce qui reste ouvert ?

Les conclusions relèvent de plusieurs niveaux :

  • Direct : les noms changent de fonction entre généalogie de la Genèse, chef et pays d’Ézéchiel, nations de l’Apocalypse et peuples derrière les barrières syriaque et coranique.
  • Comparaison forte : barrière montagneuse, métal, nations et sortie promise forment un ensemble plus précis que deux histoires générales de danger.
  • Discuté : identification de Gog à Gygès ou Marduk, datation de la composition de la Légende et voies d’arrivée des formes dans le milieu coranique.
  • Non démontré : copie syriaque précise lue par un transmetteur identifiable, ou peuple moderne reconnu comme Gog et Magog par simple ressemblance de nom.

L’antériorité ne révèle pas seule une transmission. Entre dépendance à un livre particulier et absence totale de lien, il existe traditions circulantes, formes orales, textes perdus et réinterprétations. L’archive distingue la force de la comparaison de celle de chaque itinéraire proposé.

Les lecteurs n’ont pas tous reçu Gog et Magog tels qu’ils apparaissent dans Ézéchiel. L’ennemi s’est élargi, a rencontré les portes et Alexandre, puis est entré dans plusieurs visions de la fin. Cette histoire peut être étudiée sans juger la vérité d’une religion ni la transformer en prophétie politique sur les peuples actuels.

Références et notes

  1. Passages indiqués, complets. Genesis 10:1–5; Ezekiel 38–39; Revelation 20:7–10; KJV Revenir au texte ↑
  2. Interprétations des noms. Christoph Rösel, Gog / Magog, WiBiLex (2012) Revenir au texte ↑
  3. Gygès dans l’inscription. Jamie Novotny and Joshua Jeffers, RINAP 5/1 (2018), Ashurbanipal 11 ii 95–125, pp. 237–238 Revenir au texte ↑
  4. Chapitre complet, 87–108. C. A. Strine, Chaoskampf against Empire, in Lenzi / Stökl, Divination, Politics, and Ancient Near Eastern Empires (2014), pp. 87–108 Revenir au texte ↑
  5. Résumé éditorial seulement. William A. Tooman, Gog of Magog: Reuse of Scripture and Compositional Technique in Ezekiel 38–39 (2011); publisher abstract Revenir au texte ↑
  6. Résumé du livre seulement. Sverre Bøe, Gog and Magog: Ezekiel 38–39 as Pre-text for Revelation 19,17–21 and 20,7–10 (2001; ebook 2019); abstract Revenir au texte ↑
  7. Magog et Scythes. Josephus, Antiquities 1.6.1 (§123), Whiston translation Revenir au texte ↑
  8. Récit des Alains et des portes. Josephus, Jewish War 7.7.4, Whiston translation Revenir au texte ↑
  9. Interprétation universelle des nations. Augustine, City of God 20.11; Marcus Dods historical translation Revenir au texte ↑
  10. Traduction historique ; 144–158 et introduction i. E. A. Wallis Budge, The History of Alexander the Great (1889), Christian Legend, pp. 144–158; Introduction p. i Revenir au texte ↑
  11. Œuvres distinctes et datation proposée. Sebastian P. Brock, Alexander Cycle, Gorgias Encyclopedic Dictionary of the Syriac Heritage (2011), electronic entry Revenir au texte ↑
  12. Résumé du livre seulement. Tommaso Tesei, The Syriac Legend of Alexander’s Gate (online 2023; copyright 2024); abstract Revenir au texte ↑
  13. Résumé du chapitre seulement. Tesei, The 940 ag Prophecy, pp. 30–44; DOI 10.1093/oso/9780197646878.003.0004; abstract Revenir au texte ↑
  14. Résumé du chapitre seulement. Tesei, Alexander, the Danielic Visions, and the Gate against Gog and Magog, pp. 105–120; DOI 10.1093/oso/9780197646878.003.0008; abstract Revenir au texte ↑
  15. Al Kahf 92–102. Quran, Al Kahf 18:92–102; Arabic text Revenir au texte ↑
  16. Al Anbiya 95–97. Quran, Al Anbiya 21:95–97; Arabic text Revenir au texte ↑
  17. Récit d’al Nawwas, passage de Gog. Sahih Muslim 2937a, report of al Nawwas ibn Sam‘an; Arabic text and displayed English translation Revenir au texte ↑
  18. Datation et contexte des fortifications. UNESCO, Citadel, Ancient City and Fortress Buildings of Derbent, description / Outstanding Universal Value Revenir au texte ↑
  19. Présentation de l'éditeur uniquement : Ézéchiel s'inscrit dans l'exil judéen en Babylonie au VIe siècle avant notre ère. Cela ne date pas chaque ligne des chapitres 38–39. Présentation de l'éditeur uniquement ; contexte de l'exil Revenir au texte ↑
  20. Introduction seulement : l'Apocalypse est généralement datée vers 95–96 de notre ère, tout en pouvant conserver des éléments antérieurs. La bibliographie complète n'a pas été lue. Introduction d'Oxford Bibliographies seulement ; datation de l'Apocalypse Revenir au texte ↑
  21. Notice et description de l'objet consultées : feuillet illustré du Shahnama, Tabriz, vers 1330–1340 ; représentation ultérieure du récit du barrage, non témoignage contemporain d'Alexandre. Notice muséale de l'objet S1986.104 Revenir au texte ↑
  22. Début et sections proche-orientales de la notice consultés : groupes nomades actifs aux VIIIe et VIIe siècles avant notre ère ; origines et attributions archéologiques restent discutées. Leur mention ne les identifie pas à Gog. Iranica, Cimmériens, début et sections proche-orientales consultés Revenir au texte ↑
  23. Le début de la section historique a été consulté : groupes iraniens connus au nord des mers Noire et Caspienne dans les premiers siècles de notre ère ; il mentionne leurs incursions en Arménie et en Médie en renvoyant à Josèphe. Iranica, Alains, début de la section historique consulté Revenir au texte ↑
  24. Seuls les premiers paragraphes ont été lus : Ferdowsi acheva l'épopée persane en 1010. Le feuillet illustré ultérieur a sa propre date, distincte de l'achèvement du poème et des récits qu'il représente. Iranica, notice Shahnama, premiers paragraphes seulement Revenir au texte ↑
  25. La définition introductive a été lue : peuples nomades iraniens des steppes au nord de la mer Noire du VIIe au IVe siècle avant notre ère. Leur identification avec Magog par Josèphe est une interprétation ancienne, non une preuve de filiation. Iranica, Scythes, définition introductive seulement Revenir au texte ↑
  26. Les premiers paragraphes géographiques ont été lus : la Médie était une région et un royaume anciens du nord-ouest de l'Iran, aux frontières changeantes ; la localisation reste approximative. Iranica, Médie, premiers paragraphes géographiques seulement Revenir au texte ↑
  27. Le début et les mentions d'Hyrcanie ont été lus : l'ancien nom concerne la région de Gorgan au sud-est de la Caspienne. Cela ne localise pas précisément le passage de Josèphe. Iranica, histoire préislamique de Gorgan, début et mentions d'Hyrcanie seulement Revenir au texte ↑

Historique de recherche

Les modifications substantielles sont conservées ici. Les corrections rédactionnelles mineures restent dans le journal interne.

  1. Édition 2 · 14 octobre 2026 · editor

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IL Archive, «Gog et Magog : d’Ézéchiel aux nations enfermées», Édition 2, https://ilarchive.com/fr/studies/gog-magog-and-enclosed-nations