Étude
Yahvé et Ashéra
Une étude approfondie d’un sujet, accompagnée de preuves et de références.
Bénédictions d’Ajrud/el-Qôm, figurines et réformes : distinguer vestiges et interprétations pour examiner la diversité du culte avant l’exclusivité de Yahvé.
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Texte
Entre prescriptions et pratiques vécues
Dans leur forme reçue, de nombreux textes bibliques dessinent une frontière claire : YahvéYahwehNom propre divin écrit YHWH dans la Bible hébraïque.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication est le dieu de l’Israël ancienIsraël antiqueNom d’une population ancienne et de traditions historiques ultérieures, attesté sur la stèle de Mérenptah.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, tandis que les cultes de BaalBaalDieu de l’orage et protagoniste du Cycle de Baal à Ougarit ; royauté active tandis qu’El garde son importance et autorise le palais.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, d’Ashéra et d’autres dieux sont rejetés. Inscriptions et vestiges compliquent ce tableau. Des bénédictions associent Yahvé à « son ashéra » ; des figurinesFigurinePetites représentations en volume de personnes, animaux ou autres êtres. Taille et aspect ne suffisent pas à identifier jouet, portrait, objet rituel ou divinité ; fabrication, contexte et usage doivent être étudiés.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication féminines apparaissent en Juda ; des récits décrivent le retrait d’objets cultuels du Temple lui-même. [1][2][13]
Ces témoins ne donnent pas les mêmes croyances à tous les habitants et ne rendent pas Israël identique à OugaritOugaritVille et royaume anciens de Ras Shamra, sur la côte syrienne, florissants entre le XIVe et le début du XIIe siècle avant notre ère, avec des archives multilingues.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication. Ils révèlent l’écart entre le programme religieux d’un auteur et les pratiques que les vestiges peuvent montrer. L’histoire concerne les deux : ce qu’on demandait aux gens d’adorer et ce qu’ils faisaient en bénissant, en enterrant leurs morts ou en protégeant leur maison.
Avant Yahvé et Ashéra : El et Athirat
À OugaritOugaritVille et royaume anciens de Ras Shamra, sur la côte syrienne, florissants entre le XIVe et le début du XIIe siècle avant notre ère, avec des archives multilingues.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, au Bronze récentBronze récentPériode archéologique située généralement vers 1600–1200 avant notre ère au Proche-Orient, selon les régions.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, Athirat / AshéraAthiratDéesse de haut rang, généralement comprise comme parèdre d’El dans les textes ougaritiques ; épithète de génitrice et intercession pour le palais.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication est une grande déesse associée à ElEl à OugaritDivinité des traditions sémitiques occidentales, notamment à la tête de la famille divine dans les textes d’Ougarit.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, père et chef de la famille divine. Ses titres concernent la maternité divine, et les récits parlent de ses enfants. Le nom des inscriptions du VIIIe siècle possède donc un arrière-plan sémitique occidental plus ancien. [1]
La comparaison ne prouve pas une personnalité demeurée inchangée. Des siècles séparent Ougarit des inscriptions israélites et judéennes, avec des changements de langues, de royaumes et d’institutions cultuelles. La tradition antérieure éclaire le nom ; elle ne fournit pas une chaîne complète du transfert de chaque attribut et de chaque riteRitePratique organisée ou distinguée, porteuse de sens pour une communauté ; ses traces ne révèlent pas à elles seules une doctrine associée.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication.
Kuntillet ʿAjrud : petit site, grandes questions
Kuntillet ʿAjrudKuntillet ʿAjrudSite du Sinaï conservant des bénédictions par Yahvé de Samarie/Témân et « son ashéra » vers 800 ; fonction et sens discutés.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication se trouve dans l’intérieur du SinaïSinaï : péninsule et montagne bibliqueLe Sinaï est une péninsule à l’est de l’Égypte ; dans la Torah, le nom désigne aussi la montagne de la révélation à MoïseGlossaire · Cliquez pour lire l’explication, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Qadesh-Barnéa. L’eau proche et sa position autour de l’itinéraire mer Rouge–Gaza comptaient pour son usage. Les fouilles de 1975–1976 ont livré bâtiments, récipients, inscriptions et dessins ; le site était connu auparavant. La documentation concernée est généralement datée de la fin du IXe et du début du VIIIe siècle avant notre ère, vers 800. [2]
Sa fonction reste discutée : relais, établissement lié à l’État et aux scribes, ou lieu d’activité rituelle. Une bénédiction inscrite sur un mur ou un récipient ne transforme pas tout le bâtiment en temple. Cette question influe sur l’identification des auteurs des textes.
Les bénédictions qui ont rendu le site célèbre
Les formules les plus connues figurent sur de grandes jarres de stockage, les pithoi. Le texte KA 3.1 du pithos A contient une bénédiction par Yahvé de Samarie et « son ashéra ». Sur le pithos B, KA 3.6 invoque Yahvé de Témân et « son ashéra », avec des souhaits de bénédiction et de protection. Il s’agit d’un résumé des lectures publiées, pas d’une restitution littérale de chaque lettre endommagée. [2]
Cette formule courte a une grande valeur historique. Elle montre que le nom de Yahvé pouvait accompagner ʾšrth dans une bénédiction positive. Elle ne définit pas toute la théologie du rédacteur et ne prouve pas que chaque Israélite priait ainsi.
Yahvé de Samarie et Yahvé de Témân
Les désignations régionales méritent leur propre examen. Samarie rattache la bénédiction au centre du royaume du Nord. Témân est lié au monde méridional dans plusieurs interprétations, mais sa localisation exacte ici reste discutée. Les deux formules ne prouvent pas l’existence, dans l’esprit de leurs utilisateurs, de deux dieux indépendants appelés Yahvé. [1][2]
Elles peuvent désigner un lieu de culte ou une manifestation régionale. Les noms personnels et la culture matérielle soulignent les liens septentrionaux, avec des contacts plus larges. Un site du Sinaï ne peut donc représenter une religion uniforme d’Israël, de Juda et de Phénicie.
Que signifie « son ashéra » ?
La forme ʾšrth contient un suffixe généralement compris comme « son ». Son référent est plus difficile à déterminer. S’agit-il de la déesse Ashéra associée à Yahvé ou d’un symbole cultuel ashéraSymbole cultuel ashéraAshéra comme objet/symbole, souvent en bois dans les contextes bibliques ; lien avec la déesse et ʾšrth épigraphique discutés.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, objet ou installation relevant de son culte ? [1][11][12]
La transcription arabe employée dans cette étude est une convention pour le terme ancien, pas une référence à un clan humain. Traduire d’emblée « son épouse » introduit également une interprétation dans la formule. Conserver le terme et exposer les possibilités permet de distinguer lecture et conclusion.
L’argument du suffixe et ses limites
Une objection à l’identification de la déesse repose sur le fait que les noms propres ne prennent généralement pas de suffixe possessif comme les noms d’objets. « Son ashéra » paraît alors mieux convenir à un symbole religieux qu’au nom personnel d’une déesse. En faire une interdiction linguistique absolue dépasse toutefois le débat. [11][12]
Les défenseurs de la lecture divine discutent la souplesse des noms, titres et représentations. Certains proposent la personnification d’une puissance liée à Yahvé. Les résumés disponibles de Kang et de Kim présentent des positions opposées. Une traduction ou une majuscule anglaise ne tranche pas ce désaccord.
Hadley : un symbole en bois
Tous les chercheurs qui étudient Ashéra ne défendent pas la même lecture. Dans son exposé de 2008, Hadley privilégie, pour l’inscription de Kuntillet ʿAjrud, un objet cultuel en bois représentant la déesse. Elle relie donc l’objet à son histoire, sans faire de la formule seule une déclaration explicite que Yahvé possède une épouse. [1]
Ashéra comme parèdre de Yahvé demeure une interprétation historique influente, notamment dans le modèle de Smith sur les transformations de la famille divine. Il faut l’attribuer à cette reconstruction et maintenir visibles les objections linguistiques et archéologiques. Aucun texte de mariage conservé ne décrit la relation proposée. [10]
Déesse et symbole ne sont pas deux solutions simples
Interpréter un objet ne signifie pas nécessairement nier tout lien avec l’histoire de la déesse. Un symbole peut porter le nom du dieu qu’il représente, puis être réinterprété dans le culte d’un autre. Sa fonction rituelle peut durer tandis que son explication change. [1]
L’inférence inverse demande également de la prudence. Un nom proche de celui de la déesse ne fait pas de chaque motif d’arbre son image et ne prouve pas que tout utilisateur imaginait une parèdre personnelle de Yahvé. Texte, contexte, iconographieIconographieÉtude des images, attributs et contextes ; la ressemblance seule ne prouve pas l’identité.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication et usage doivent être confrontés.
Les dessins célèbres ne sont pas un couple divin identifié
Une scène souvent reproduite du pithos A montre deux figures debout et un musicien assis. Elle est parfois présentée comme un portrait de Yahvé et d’Ashéra. Cette identification reste incertaine. Des lectures importantes rapprochent les figures debout du dieu égyptien Bès et discutent l’identité, le sexe et le statut du musicien. [1][3]
La proximité d’une inscription ne fait pas d’elle une légende du dessin. Différences d’exécution et superpositions obligent à examiner l’ordre et les mains intervenues. Les vestiges ne deviennent pas automatiquement un portrait officiel de Yahvé et de sa parèdre. Cette étude n’expose donc pas une image inventée comme un objet ancien découvert.
Images et bâtiment : des lectures concurrentes
Ornan propose que les dessins des jarres soient des esquisses liées aux peintures murales ; elle lit certains éléments dans le contexte de la royauté, de la protection et des bâtiments d’État. Le résumé de Na’aman et Lissovsky présente une autre hypothèse : des rites autour d’un arbre sacré, avec un bâtiment abritant les biens de la déesse et accueillant des voyageurs. [3][4]
Ce sont des interprétations, pas la découverte d’un arbre sacré ni la preuve d’une fonction unique. Smoak et Schniedewind défendent une lecture par la vie quotidienne et la formation des scribes. Ce débat impose de distinguer langage religieux et preuve que chaque texte était une prière prononcée dans un temple local. [2]
Khirbet el-Qôm : bénédiction dans une tombe
Un autre témoin important vient de Khirbet el-QômKhirbet el-QômSite à l’ouest d’Hébron, connu pour un texte funéraire du VIIIe siècle associant souvent Yahvé à « son ashéra » ; surface et lecture difficiles.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, à l’ouest d’Hébron : une inscription funéraire généralement datée du VIIIe siècle avant notre ère. Une lecture courante associe un homme nommé Uriyahu à la bénédiction de Yahvé et à la protection ou au salut face aux ennemis grâce à « son ashéra ». [1]
Le contexte diffère de celui des jarres de Kuntillet ʿAjrud et rend la comparaison précieuse. La ressemblance générale ne rend pas les textes identiques. Les rapports exacts entre mots, verbes et noms restent discutés ; une formule courte ne restitue pas tout le culte de la famille du tombeau.
Une inscription difficile et une lecture différente
La surface abîmée, les marques qui se croisent et l’extraction du texte hors de son emplacement compliquent la lecture. Hadley examine lettres, fissures et solutions alternatives. Elle avertit qu’une marque ne prouve automatiquement ni un effacement volontaire ni un dessin d’arbre. Ces difficultés doivent accompagner la traduction. [1]
Selon son résumé publié, l’étude d’Émile Puech de 2015 propose de comprendre ʾšrh comme « sanctuaire ». Le débat dépasse ainsi épouse contre poteau de bois. Le résumé atteste l’existence de cette proposition ; il ne remplace pas la lecture du texte complet pour évaluer tous les détails du nouveau déchiffrement. [5]
Les figurines féminines de Juda
L’archéologie livre de nombreuses figurines judéennes à pilierFigurines judéennes à pilierImages féminines en terre cuite à base en pilier, surtout répandues en Juda aux VIIIe–VIIe siècles ; forme seule insuffisante pour identité/fonction.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication : petites images féminines en terre cuite, dont les bras soutiennent les seins au-dessus d’une base en pilier. Certaines ont une tête moulée séparément, d’autres une tête façonnée et pincée à la main. Leur diffusion est particulièrement marquée aux VIIIe et VIIe siècles avant notre ère. [6][7]
« Des centaines » suffit ici : les chiffres varient selon le corpus et le comptage des fragments. L’image principale montre une pièce de Lakish, datée par le Metropolitan Museum des VIIIe–VIIe siècles environ. Existence, forme et provenance indiquée sont documentées ; le nom de la déesse ou du personnage représenté relève d’une autre question. [9]
Représentent-elles toutes Ashéra ?
L’identification à Ashéra est connue, mais ce nom n’est pas inscrit sur chaque objet. La série ne porte généralement pas de textes identifiant le personnage. On a proposé maternité, fécondité, allaitement, protection, guérison ou êtres de rang divin inférieur. Les seins ne prouvent pas à eux seuls un rite de fécondité. [6]
Darby teste ces présupposés par le contexte, les matériaux et les textes comparés. Elle propose des fonctions protectrices et thérapeutiques, en laissant l’identité précise ouverte. Un fidèle de Yahvé pouvait utiliser un objet protecteur sans en faire un grand dieu concurrent. Une figurine ne prouve donc pas toujours un sanctuaire de déesse indépendante.
La maison comme source d’histoire religieuse
Les maisons révèlent des activités absentes des listes officielles d’offrandes. Maladie, peur, naissance et vie quotidienne peuvent susciter des rites que les récits royaux ne décrivent pas. Le contexte exige pourtant une analyse : usage initial, remblai, déchets et réemploi dans une construction ne sont pas équivalents. [6]
Les assemblages domestiques dépassent les images féminines. Animaux, chevaux et cavaliers, objets liés à l’encens peuvent réunir des fonctions protectrices, pratiques et religieuses. Wilson propose aussi une lecture par le maintien d’une identité locale face à l’expansion assyrienne ; elle ne donne pas un nom certain à chaque figure. [7][8]
Cinq maisons à Tell en-Naṣbeh
Le résumé d’Aaron Brody, publié en 2018, présente cinq maisons à piliers reliées à Tell en-Naṣbeh, habitées par une famille étendue. Les objets comprennent figurines féminines et animales, chevaux et cavaliers, supports à encens et récipients zoomorphes. L’exemple montre la diversité du matériel familial. [8]
Brody suggère que des concentrations près de deux cuisines puissent correspondre au rôle de la maîtresse de maison dans le bien-être religieux du foyer. Cette interprétation contextuelle ne prouve ni un usage exclusivement féminin ni l’identité de toutes les maisons de Juda avec cet ensemble. Le résumé est disponible ici, pas l’analyse détaillée de l’article complet.
Une image féminine ne révèle pas le sexe de l’utilisateur
On peut facilement construire un récit où les hommes adorent Yahvé et les femmes Ashéra. La forme d’un objet ne révèle pas automatiquement qui l’a fabriqué, porté ou utilisé. Hommes, femmes et enfants habitent la maison ; les rites peuvent les concerner ensemble. [6][8]
Attribuer un usage particulier exige des indices de localisation, des objets associés et des textes ; les conclusions peuvent varier entre sites. Comme tout cavalier en argile n’est pas un dieu guerrier, toute femme en argile n’est pas une déesse nommée. Ces limites rendent les pièces plus fiables pour l’histoire.
Les textes bibliques ont un point de vue
Les textes rejettent BaalBaalDieu de l’orage et protagoniste du Cycle de Baal à Ougarit ; royauté active tandis qu’El garde son importance et autorise le palais.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, les asherim, les hauts lieux et d’autres autels. Leurs conflits révèlent ce que les auteurs jugeaient problématique. Mais une interdiction n’est pas un recensement : elle n’établit pas seule la même pratique dans chaque village et chaque période. [1][10]
On ne peut pas davantage réunir toutes les mentions en une scène contemporaine. Composition, rédaction et transmission interviennent. L’historien distingue l’époque de l’événement raconté de celle du jugement porté sur lui, puis confronte le récit aux inscriptions et aux contextes matériels.
Ashéra et le Temple dans les Rois
Deux Rois 21:3–7 raconte que Manassé fabriqua une ashéra et plaça son image dans la maison de Yahvé. Les récits concernant Josias décrivent le retrait d’objets du Temple, puis la sortie et la destruction par le feu de l’ashéra. Le mot peut concerner un objet fabriqué et, dans certains contextes, la déesse. [1][13]
Une frontière rigide entre religion officielle pure et religion populaire déviante devient difficile : l’auteur peut attribuer ce qu’il condamne au roi et au Temple. L’existence du passage ne prouve toutefois pas indépendamment tous les détails et leur date. Le récit présente et juge le passé au sein d’un programme religieux.
Dieu national ne signifie pas nécessairement dieu unique
Yahvé pouvait être le dieu central d’Israël avec d’autres puissances, êtres ou objets religieux. L’appartenance à son culte ne prouve pas seule la négation de toute autre divinité ni le rejet de chaque symbole qui pourrait lui être lié. [2][10]
Adorer Yahvé seul se distingue donc d’affirmer qu’aucun autre dieu n’existe. La dévotion exclusive peut précéder les formulations les plus fortes du monothéismeMonothéismeCroyance en un Dieu unique, seul être divin, plutôt qu’en un dieu supérieur parmi plusieurs.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication. Les différences entre bénédictions, noms et textes révèlent une histoire dans une société changeante et diverse.
La parèdre d’El a-t-elle été associée à Yahvé ?
Dans un modèle de convergence entre El et Yahvé, la question est plausible. Si Yahvé occupe la place divine supérieure et reprend des titres d’El, une déesse auparavant associée à El peut aussi lui être rattachée. Smith l’inclut dans sa reconstruction de l’histoire de la famille divine. [10]
La plausibilité n’est pas une succession vérifiée. Aucun document ne nomme une communauté transférant la parèdre d’El à Yahvé en une année précise. « Son ashéra » peut désigner un symbole de cette tradition dans un lieu et une conception différente ailleurs. Le modèle rassemble les indices ; l’absence de liens directs en fixe les limites.
Les réformes ont elles aussi une histoire
Les récits de Hizqiyahou et de Josias décrivent la suppression de hauts lieux et d’objets cultuels ainsi qu’une réorientation vers Yahvé. Ils éclairent la manière dont les scribes ont raconté l’exclusivité. L’étendue réelle des réformes, leurs détails et le lien du récit avec la rédaction du Deutéronome nécessitent une enquête distincte. [1]
Tout objet brisé ne vient pas d’une réforme ; la disparition d’une pratique ne se date pas du seul récit d’un roi. Les règles du temple peuvent changer avant ou après celles des maisons. Autorités, institutions, familles et régions participent à l’évolution, sans décision unique adoptée simultanément par tous.
Quand l’exclusivité devient monothéisme explicite
Des passages d’Isaïe 40–55Deutéro-IsaïeNom scientifique d’Isaïe 40–55, largement lié à l’exil et à Cyrus ; pas preuve d’un auteur unique ou d’une même année pour chaque verset.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, généralement rattachés au contexte babylonien du VIe siècle, nient explicitement l’existence d’autres dieux. La proposition dépasse alors la préférence pour un protecteur national face aux divinités voisines. [10][13]
Smith situe la transformation dans les changements sociaux, les traumatismes politiques et l’expansion des empires. C’est une explication historique, pas une loi selon laquelle toute crise produirait du monothéisme. La datation des couches et la définition du terme restent discutées. Ces textes diminuent la légitimité des autres et étendent la souveraineté de Yahvé au monde.
Ce que les preuves établissent
Assuré : Athirat est une déesse à Ougarit ; Kuntillet ʿAjrud conserve des formules associant Yahvé à ʾšrth ; Juda livre de nombreuses figurines féminines ; les textes bibliques condamnent des cultes et racontent le retrait de l’ashéra. Ces témoins ne relèvent pas tous d’une même époque ou société. [1][2][6][13]
Probable : diversité des pratiques et interaction entre culte de Yahvé et autres traditions. Possible et influent : Ashéra comme parèdre dans certains milieux, ou survie d’un symbole lié à son histoire. Non prouvé : le célèbre dessin comme portrait du couple, toute figurine comme Ashéra, ou la croyance de tous les Israélites en une épouse de Yahvé.
Yahvé et Ashéra dans une histoire changeante
Les vestiges ne répondent pas d’une seule voix à « Qu’adoraient réellement les Israélites ? ». Ils offrent des réponses précises, parfois partielles, pour des personnes, des lieux et des périodes. Rédacteur d’une bénédiction au désert, famille d’un tombeau, utilisateurs de figurines et auteur d’une réforme royale ouvrent des fenêtres différentes.
Ensemble, ces témoins montrent que le culte exclusif de YahvéMonolâtrieCulte d’un seul dieu sans nier nécessairement les autres ; terme analytique variable, pas doctrine uniforme de tous les Israélites.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication n’était pas l’unique tableau dès l’origine. Ashéra, comprise selon le cas comme déesse, symbole ou autre terme rituel, compte dans cette histoire. Confronter inscriptions, figurines et récits fait apparaître le chemin de l’exclusivité et du monothéisme, sans combler les lacunes par de la certitude.
Références et notes
- Judith M. Hadley. Evidence for Asherah. Bible Interp, 2008. Sections lues : Athirat, inscriptions d’Ajrud/el-Qôm, dessins, figurines, lexique biblique et réforme. Hadley privilégie un symbole en bois représentant la déesse ; pas attribution exclusive d’une épouse. Les interprétations discutées ne sont pas un consensus. Revenir au texte ↑
- Jeremy Smoak and William Schniedewind. Religion at Kuntillet ʿAjrud. Religions 10 (2019), 211. DOI: 10.3390/rel10030211. Introduction, passages sur la fonction du site p. 2–3, bénédictions KA 3.1/3.6 p. 5 et contexte scribal disponible lus. Pages choisies, pas article entier. L’enseignement des scribes est une interprétation des auteurs, pas une fonction exclusive assurée. Revenir au texte ↑
- Tallay Ornan. Sketches and Final Works of Art: The Drawings and Wall Paintings of Kuntillet ʿAjrud Revisited. Tel Aviv 43 (2016), 3–26. DOI: 10.1080/03344355.2016.1161374. Résumé institutionnel seulement : esquisses, motifs royaux/protecteurs, bâtiment d’État avec espace cultuel. Ni lecture complète ni identification assurée de tous les dessins. Revenir au texte ↑
- Nadav Na’aman and Nurit Lissovsky. Kuntillet ʿAjrud, Sacred Trees and the Asherah. Tel Aviv 35 (2008), 186–208. DOI: 10.1179/tav.2008.2008.2.186. Résumé seulement : arbre sacré proposé, activité autour et trésor de la déesse. Hypothèse non transformée en arbre découvert. Revenir au texte ↑
- Émile Puech. L’inscription 3 de Khirbet el-Qôm revisitée et l’Ashérah. Revue Biblique 122 (2015), 5–25. DOI: 10.2143/RBI.122.1.3149557. Résumé de l’éditeur seulement : ʾšrh « sanctuaire ». Déchiffrement complet non évalué ni présenté comme consensus. Revenir au texte ↑
- Erin Darby. Fatal Attraction: Obsession, Aversion, and the Femme Fatale of Ancient Judah. Bible Interp, February 2015. Article principal de l’autrice lu : têtes, contextes/redépôt, critique d’une identité ou d’un sexe déduits de la forme, protection/guérison proposées. Fonction unique non imposée. Livre complet non lu. Revenir au texte ↑
- Ian Douglas Wilson. Judean Pillar Figurines and Ethnic Identity in the Shadow of Assyria. Journal for the Study of the Old Testament 36 (2012), 259–278. DOI: 10.1177/0309089212438002. Résumé seulement : popularité aux VIIIe–VIIe siècles et maintien proposé d’une identité locale. Interprétation, pas identification définitive. Revenir au texte ↑
- Aaron Brody. Materiality of Religion in Judean Households: A Contextual Analysis of Ritual Objects from Iron II Tell en-Naṣbeh. Near Eastern Archaeology 81 (2018), 212–221. DOI: 10.5615/neareastarch.81.3.0212. Résumé seulement : cinq maisons, diversité des objets, rôle proposé de la maîtresse de maison d’après les cuisines. Pas généralisation à tous les foyers/utilisateurs. Revenir au texte ↑
- The Metropolitan Museum of Art. Nude female figure, object 34.126.53, collection record 323163. Céramique, Lakish, VIIIe–VIIe siècles environ, 18,4 cm ; image dans le domaine public. Identité/droits distingués des propositions sur une déesse-mère ou Ashéra. Revenir au texte ↑
- Mark S. Smith. The Origins of Biblical Monotheism: Israel’s Polytheistic Background and the Ugaritic Texts. Author’s account, Bible Interp. Exposé de l’auteur lu, pas livre entier : exclusivité, modèle El/Yahvé/Ashéra, changements sociaux/politiques. Débats de datation et distinction modèle/inscriptions conservés. Revenir au texte ↑
- 강승일 (Kang). Yahweh’s Consort? Korean Journal of Old Testament Studies 17 (2011), 123–144. DOI: 10.24333/jkots.2011.17.2.123. Résumé anglais seulement : objection au refus absolu du suffixe et discussion d’hypostase. Identification des dessins non adoptée comme fait ; texte coréen non lu. Revenir au texte ↑
- 김준 (Kim). Kuntillet Ajrud “Yahweh and His Asherah” and the Goddess Asherah, Who Had No Archeological Presence in Israel in the Eighth Century B.C.E. Korean Journal of Old Testament Studies 24 (2018), 354–368. DOI: 10.24333/jkots.2018.24.3.354. Résumé anglais seulement : objet cultuel et critique du lien dessin/inscription. L’absence affirmée dans le titre est la position de l’auteur, pas une conclusion sur tout Israël. Texte coréen non lu. Revenir au texte ↑
- Hebrew Bible: 2 Kings 21:3–7; 23:4–7; Isaiah 45:5–7, 18, 21–22. Mechon-Mamre. Passages hébreux et traduction affichée lus : image au Temple, retrait de l’ashéra, exclusivité d’Isaïe. Texte attesté, pas historicité automatique ; datation par les études. Revenir au texte ↑
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IL Archive, «Yahvé et Ashéra», Édition 1, https://ilarchive.com/fr/studies/yahweh-and-asherah