Étude

Typhon et les combats du dieu de l’Orage : Illuyanka, Baal et les limites de la ressemblance

Une étude approfondie d’un sujet, accompagnée de preuves et de références.

Région
Anatolie, Levant et Grèce

Comment se ressemblent les combats d’Illuyanka, de Baal et de Zeus contre Typhon ? Récits hittites, ougaritiques et grecs, témoins datés, organes dérobés et contacts possibles.

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Zeus affronte Typhon sur une hydrie grecque du VIe siècle avant notre ère, Staatliche Antikensammlungen, Munich, 596. Photographie de Bibi Saint-Pol, le 9 février 2007 ; témoin de la représentation artistique du récit
Zeus affronte Typhon sur une hydrie grecque du VIe siècle avant notre ère, Staatliche Antikensammlungen, Munich, 596. Photographie de Bibi Saint-Pol, le 9 février 2007 ; témoin de la représentation artistique du récitBibi Saint-Pol / Wikimedia Commons · Public domain · Domaine publicDroits de l’image · Source de l’image

Texte

Introduction

Pourquoi l’image d’un dieu de l’Orage combattant un serpent ou un monstre immense revient-elle dans des récits hittitesHittitesPeuple et royaume antiques d’Anatolie, dominant une grande partie de l’Anatolie et de la Syrie du Nord vers 1650–1200 avant notre ère.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, ougaritiques et grecs ? Cette étude compare IlluyankaIlluyankaSerpent affronté par le dieu de l’Orage dans deux récits hittites conservés sous CTH 321.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication en AnatolieAnatolieL’Anatolie est la région occupant la partie asiatique de la Turquie actuelleGlossaire · Cliquez pour lire l’explication, le combat de BaalBaalDieu de l’orage et protagoniste du Cycle de Baal à Ougarit ; royauté active tandis qu’El garde son importance et autorise le palais.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication contre la Mer à OugaritOugaritVille et royaume anciens de Ras Shamra, sur la côte syrienne, florissants entre le XIVe et le début du XIIe siècle avant notre ère, avec des archives multilingues.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication et celui de ZeusZeusZeus est le dieu du ciel et la principale divinité de nombreuses traditions grecques. Dans l’Iliade, il préside aux assemblées divines où les autres peuvent encore parler et s’opposer.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication contre TyphonTyphon / TyphéeAdversaire de Zeus aux têtes de serpent ; le combat diffère entre Hésiode et les récits grecs ultérieurs.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication dans les récits grecs. Nous lirons les détails de chaque récit, situerons ses témoins dans le temps et examinerons la circulation possible de certaines images entre ces régions.

Le degré de ressemblance change selon le texte comparé. La perte puis la récupération de la force du dieu rapprochent une version hittite d’un récit grec tardif, tandis que l’épisode est absent du poème plus ancien d’HésiodeHésiodePoète grec dont l’œuvre majeure est généralement datée de la fin du VIIIe ou du début du VIIe siècle avant notre ère, notamment la Théogonie.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication. Cette différence ouvre une enquête sur les liens historiques entre les récits, en préservant leurs particularités et leur sens pour leurs destinataires.

Le dieu de l’Orage face à un adversaire redoutable

Dans un récit hittite, un serpent vainc le dieu de l’Orage, qui a besoin d’autres personnages pour retrouver sa force. À Ougarit, Baal, dieu de l’Orage, affronte YamYam / NaharDieu de la Mer et adversaire royal de Baal, également associé à Nahar, Fleuve.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, la Mer. Dans la poésie grecque, Zeus, souverain des dieux associé au tonnerre et à la foudre, combat Typhon aux têtes serpentines. Dans chaque scène, l’autorité divine est menacée ; le combat finit par la consolider ou la rétablir. [1][2][3][6]

Ces témoins appartiennent à un vaste espace de la Méditerranée orientale. L’Anatolie est la partie asiatique de la TurquieTurquieLa Turquie est un État moderne comprenant l’Anatolie et un territoire en Europe du Sud-EstGlossaire · Cliquez pour lire l’explication actuelle. Ougarit était une ville antique à Ras Shamra, sur la côte syrienne près de LattaquiéLattaquiéVille côtière de Syrie, au sud de l’ancienne Ougarit, à Ras Shamra.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication. À l’ouest s’étend le monde égéen, entre la Grèce et l’Anatolie. Les contacts régionaux rendent la comparaison historique raisonnable ; la force des liens entre les récits apparaît dans leurs détails autant que dans leur trame générale.

Quand rencontrons-nous ces récits ?

Les HittitesHittitesPeuple et royaume antiques d’Anatolie, dominant une grande partie de l’Anatolie et de la Syrie du Nord vers 1650–1200 avant notre ère.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication établirent un grand royaume en Anatolie au deuxième millénaire avant notre ère. Ils dominèrent une grande partie de l’Anatolie et des régions voisines de Syrie du Nord vers 1650–1200 avant notre ère. Les chercheurs désignent le texte d’Illuyanka par CTH 321, dans le catalogue des compositions hittites. Ses copies importantes conservées appartiennent à l’époque impériale hittite, approximativement aux XIVe et XIIIe siècles avant notre ère. Gary BeckmanGary BeckmanSpécialiste de la langue et de la religion hittites et de l’histoire du Proche-Orient ancien, lié à l’Université du Michigan.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, spécialiste de la langue et de la religion hittites, voit dans certains traits linguistiques l’indice d’une composition antérieure. L’âge des copies conservées diffère donc de l’âge proposé pour le récit. [8][13][14]

Le texte s’ouvre sur la fête de Purulli, avec un vœu pour la prospérité et la protection du pays. Les deux récits reçoivent ainsi un cadre rituel : l’histoire se rattache à une célébration concernant la sécurité et l’essor du pays. Le détail de la représentation de toutes ses scènes pendant la fête n’est pas conservé. [1][8]

Les tablettes d’Ougarit appartiennent à la fin de l’âge du Bronze ; les documents de la ville comprennent des textes allant approximativement du XIVe au début du XIIe siècle avant notre ère. Dans ses traditions figurent le combat de Baal contre Yam et une brève mention de Lotan, le serpent à sept têtes. Certaines tablettes sont endommagées, et l’ordre ainsi que la composition des parties du poème de Baal restent débattus. La date d’une tablette atteste l’existence du texte à ce moment ; certaines images peuvent être plus anciennes. [3][5][15]

Hésiode était un poète grec dont la ThéogonieThéogonie d’HésiodePoème grec sur les générations divines et la royauté de Zeus ; sa forme conservée n’identifie pas toutes les sources d’Hésiode.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication est généralement datée de la fin du VIIIe ou du début du VIIe siècle avant notre ère. Le poème raconte l’origine des dieux et la succession de leurs générations, jusqu’à l’établissement du règne de Zeus. Bien des siècles plus tard, le combat de Typhon apparaît dans la Bibliothèque, recueil grec de récits mythologiques traditionnellement attribué à ApollodorePseudo-ApollodoreNom employé pour l’auteur de la Bibliothèque, recueil mythographique grec généralement daté du Ier ou du IIe siècle de notre ère.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication et généralement daté du Ier ou du IIe siècle de notre ère. Cet écart est important, car les deux récits grecs présentent des détails différents. [6][9]

Premier récit d’Illuyanka : Inara, Hupasiya et le festin

Illuyanka est un mot hittite signifiant « serpent ». Dans le premier récit, le serpent vainc le dieu de l’Orage. La déesse InaraInaraDéesse des traditions hittites organisant le festin qui permet de vaincre le serpent dans le premier récit d’Illuyanka.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication intervient, prépare un grand festin et fait appel à un humain nommé HupasiyaHupasiyaAuxiliaire humain d’Inara dans le premier récit hittite d’Illuyanka, qui ligote le serpent après le festin.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication. Le serpent et ses petits sortent, mangent et boivent jusqu’à ne plus pouvoir regagner leur repaire. Hupasiya ligote alors le serpent ; le dieu de l’Orage arrive et le tue. La victoire résulte d’un plan auquel participent une déesse, un humain et le dieu de l’Orage. [1][8]

L’aide d’Hupasiya le conduit à une relation complexe avec Inara. Il demande à coucher avec elle avant de l’aider. Elle l’installe ensuite dans une maison et lui interdit de regarder par la fenêtre vers sa femme et ses enfants. Il les voit et demande à rentrer chez lui. La suite se trouve dans un passage endommagé, laissant son sort incertain. [1][8]

Beckman voit dans la participation humaine au rétablissement de l’ordre, et dans les conséquences de la proximité avec les dieux, un aspect important du sens du récit. Selon cette lecture, la question porte aussi sur ce qui arrive à l’auxiliaire humain après sa contribution à la victoire divine. [8]

Second récit d’Illuyanka : cœur, yeux et mort d’un fils

Dans le second récit, le serpent vainc le dieu de l’Orage et lui prend son cœur et ses yeux. Les éditeurs restituent une partie de la formulation initiale de cette perte à partir des passages suivants, qui décrivent clairement la demande et la restitution de ces organes. [1][8]

Le dieu épouse une femme humaine et a un fils. Devenu adulte, ce fils épouse la fille du serpent. Son père lui demande de récupérer le cœur et les yeux lorsqu’il entre dans la maison de sa belle-famille. Le fils reçoit les organes et les rapporte à son père. Le dieu retrouve sa force et reprend le combat. [1][8]

Cette bataille se termine à un prix douloureux. Le fils se tient aux côtés du serpent et demande à son père de ne pas l’épargner. Le dieu de l’Orage tue le serpent et son propre fils. La récupération dépend ici du mariage et de l’entrée dans la maison de l’adversaire, tandis que le premier récit repose sur le festin et le ligotage. [1][8]

Les deux versions commencent par la défaite du dieu et finissent par sa victoire, mais les moyens et les conséquences diffèrent. Certains chercheurs avaient pensé que la seconde remplaçait la première. Beckman conteste cette conclusion, qu’il rattache en partie à une ancienne traduction erronée d’un mot du texte ; il lit les deux récits comme complémentaires dans leur cadre rituel. [8]

Le Typhée d’Hésiode : une menace pour le règne de Zeus

Dans la Théogonie, le combat de Typhée suit la défaite des Titans, génération divine précédant la suprématie de Zeus. Gaia, la Terre dans le poème, engendre Typhée de TartareTartareAbîme profond dans l’imaginaire poétique grec, cité par Zeus comme lieu de châtiment dans l’Iliade.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, puissance liée aux profondeurs du monde. Le monstre possède cent têtes de serpent, des voix multiples et du feu ; il menace de régner sur les humains et les dieux. Zeus se lève avec le tonnerre et la foudre, brûle les têtes de son adversaire et le précipite dans le Tartare. [2]

Le combat éprouve la stabilité du règne de Zeus après sa victoire précédente. Le récit se concentre sur la puissance de l’adversaire et la foudre qui le vainc. Ces vers ne racontent ni défaite initiale de Zeus ni vol de parties de son corps. Ces détails apparaîtront dans un autre témoin grec. La ressemblance entre Hésiode et Illuyanka est donc plus générale : un dieu puissant, un adversaire serpentin menaçant sa souveraineté et une victoire rétablissant l’ordre. [2][6]

Un autre récit grec : les tendons dérobés

Dans la Bibliothèque, le combat prend une autre forme. Zeus poursuit Typhon jusqu’au mont CasiosMont Casios — Jebel AqraMontagne côtière de la région frontalière syro-turque, appelée Jebel Aqra et portant notamment le nom ancien de Casios.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication dans la région syrienne et lutte avec lui. Typhon retire les tendons de ses mains et de ses pieds et les cache dans une grotte de CilicieCilicieRégion historique de la côte sud de l’Anatolie, dans la Turquie actuelle, comprenant plaines et montagnes reliées au Levant et à l’intérieur anatolien.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, région de la côte méridionale de l’Anatolie. HermèsHermèsDieu grec remplissant la fonction de messager dans les passages étudiés de l’Odyssée.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication et Égipan, deux auxiliaires divins du récit, récupèrent les tendons et les rendent à Zeus. Il retrouve sa force et poursuit son adversaire jusqu’à la victoire. [6]

La comparaison avec le second récit d’Illuyanka devient plus précise. Dans les deux cas, l’adversaire prive le dieu de l’Orage de sa force en lui prenant une partie du corps, puis d’autres l’aident à la récupérer. Mais les organes et leur restitution diffèrent : un fils récupère cœur et yeux grâce à son mariage dans le récit hittite ; des auxiliaires divins retrouvent des tendons dans le récit grec. [6][8]

La Bibliothèque est un témoin tardif qui peut conserver une matière antérieure à sa composition. Il reste difficile de déterminer quand l’épisode des tendons apparut ou entra dans la tradition grecque. Les noms du Casios et de la Cilicie attirent l’attention sur un cadre syrien et anatolien, sans fournir une chaîne de narrateurs ayant transmis l’histoire entre les langues. [6][10]

Baal, Yam et la mention de Lotan

Dans un poème ougaritique, Baal affronte Yam, la Mer, aussi appelé Juge Fleuve. Kothar-wa-HasisKothar-wa-HasisDieu artisan du Cycle de Baal ; fournit des armes et construit le palais.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, dieu artisan de cette tradition, fabrique et nomme deux armes. Baal frappe son adversaire en deux temps : le premier coup ne le fait pas tomber ; le second atteint sa tête et il s’effondre. La victoire se rattache au rang royal de Baal parmi les dieux. La scène est conservée sur la tablette désignée KTUKTU : références des textes ougaritiquesSigle d’un corpus moderne de textes cunéiformes alphabétiques ; ses numéros sont des références, pas des dates.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication 1.2, colonne iv. [3][4]

Ailleurs dans le Cycle de BaalCycle de BaalEnsemble de textes religieux ougaritiques du Bronze récent, racontant les conflits de Baal, ses relations avec les dieux et la construction de son palais.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, Mot, divinité associée à la mort, s’adresse à Baal et rappelle son combat antérieur contre Lotan : le serpent fuyant ou tortueux à sept têtes. C’est un court passage de KTU 1.5, colonne i, lignes 1–4. Il évoque une victoire connue de ses destinataires, sans raconter les étapes de la bataille comme le font les versions d’Illuyanka. [5]

Les images de Yam et de Lotan peuvent se recouper dans la tradition ougaritique. Mais les deux passages présentent des témoins différents : une confrontation détaillée avec le dieu de la Mer et une allusion au combat contre un serpent. Leur identification comme un seul personnage ou une seule bataille reste une question demandant sa propre interprétation. [3][5]

Où la ressemblance est-elle la plus forte ?

La comparaison se suit à deux niveaux. Le premier est une image générale : un dieu doté de la force de l’orage, un adversaire menaçant l’ordre et une victoire consolidant le pouvoir. Ce schéma apparaît dans plusieurs textes et peut appartenir à un vaste répertoire narratif. [1][2][3]

Le second repose sur une succession précise : défaite du dieu, perte d’une partie de son corps, intervention d’un auxiliaire et récupération de sa force. Cette suite rapproche davantage le second Illuyanka de la Bibliothèque que des vers d’Hésiode. Plus les détails communs sont nombreux, plus la comparaison devient précise et utile pour étudier une relation historique possible. Les différences entre les organes, les auxiliaires et les moyens de secours font également partie des indices. [1][2][6][8]

Le combat remplit une fonction différente dans chaque récit. Le cadre hittite le rattache à une fête, à la sécurité et à la prospérité du pays ; la participation humaine entraîne des conséquences. Hésiode fait de Typhée une épreuve de la souveraineté de Zeus. Baal et Yam se disputent la royauté dans le monde divin. Les détails montrent ainsi comment chaque communauté employait l’image du combat pour expliquer quelque chose qui lui importait. [2][3][5][8]

L’histoire a-t-elle voyagé d’Anatolie en Grèce ?

Calvert WatkinsCalvert WatkinsSpécialiste des langues indo-européennes et de la poésie ancienne (1933–2013), ayant travaillé à Harvard puis à UCLA.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, spécialiste des langues indo-européennes et de la poésie ancienne, proposait une relation historique entre Illuyanka et Typhée et une diffusion de l’Anatolie vers la Grèce. Dans la page consultée de son étude de 1992, il reconnaît aussi la difficulté de définir la nature de cette relation. [7]

Ian RutherfordIan RutherfordSpécialiste de la littérature et de la religion grecques à l’Université de Reading, étudiant les contacts avec l’Anatolie et l’Égypte.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, spécialiste de la littérature grecque et de ses contacts avec l’Anatolie, examine un réseau plus large autour du nord-est de la Méditerranée. Il réunit traditions hittites, hourritesHourritesGroupes et langue du Proche-Orient ancien, importants en Mésopotamie du Nord, au Levant et en Anatolie au IIe millénaire avant notre ère.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication et ougaritiques, montagnes associées aux orages et récits de conflit avec la mer. Les extraits disponibles de son étude de 2018 suggèrent que le lien entre Typhon et Illuyanka est moins direct que certaines comparaisons de successions divines : les détails hittites les plus proches se rencontrent dans des récits grecs autres que celui d’Hésiode. Le résumé de son chapitre de 2020 admet la possibilité de contacts régionaux. Les textes accessibles ici permettent de présenter cette proposition générale ; le détail de son argumentation exige une lecture plus étendue. [10][11]

Ola WikanderOla WikanderSpécialiste des textes proche-orientaux et de la Bible hébraïque à Lund, étudiant l’ougaritique et les images poétiques partagées.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, spécialiste des textes proche-orientaux et de la Bible hébraïqueHébreuLangue sémitique du Nord-Ouest appartenant au groupe cananéen, avec des formes anciennes et modernes.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication, propose un parcours plus long pour les images et expressions du combat contre le serpent entre les domaines linguistiques indo-européen et sémitique du Nord-Ouest. Il s’appuie sur des épithètes et des formules poétiques semblables, et voit une partie du langage de Lotan se prolonger dans le LéviathanLéviathanÊtre marin poétique des textes hébraïques, apparenté à ltn ougaritique ; son rôle varie selon l’image du combat ou de la création.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication hébreu. Il présente toutefois la reconstruction d’un récit initial extrêmement ancien comme hypothétique. [5]

Ces lectures partagent un intérêt pour les contacts et la circulation, tout en différant sur leurs chemins et sur le poids des indices. Les régions étaient en relation, et les témoins hittites et ougaritiques précèdent la poésie grecque comparée ici. Établir qu’un texte précis fut la source d’un autre exige aussi un lien plus spécifique. Un fonds narratif partagé, la circulation d’images distinctes dans plusieurs directions et leur recomposition locale restent envisageables. [7][8][10][11]

Qu’en est-il de Lotan et du Léviathan ?

Isaïe 27:1, passage de la Bible hébraïque, nomme le Léviathan avec deux descriptions proches du serpent fuyant et tortueux du texte ougaritique. Wikander voit dans l’associationShirk / associationAssociation d’autres à Dieu dans le discours coranique ; distincte de la négation de Dieu.Glossaire · Cliquez pour lire l’explication d’un nom apparenté et d’épithètes distinctives un indice de langage poétique partagé au LevantLe LevantLe Levant désigne régionalement les terres de la Méditerranée orientaleGlossaire · Cliquez pour lire l’explication. C’est un rapprochement plus précis que la seule présence de monstres marins dans deux cultures. [5][12]

Selon cette interprétation, le langage poétique continua dans un espace plus vaste que la ville d’Ougarit. Le lien entre Lotan et le Léviathan ne suppose pas qu’un auteur hébreu ait vu la tablette découverte par les archéologues modernes. Il s’agit d’une comparaison interne aux traditions levantines ; la relier à Hésiode ou à Typhon exige d’autres témoins. [5][12]

Quelles conclusions pouvons-nous tirer ?

Clair dans les témoins : le texte hittite conserve deux versions différentes. Le combat de Typhée chez Hésiode ne contient pas l’épisode des tendons, tandis que la Bibliothèque plus tardive le raconte. Les tablettes ougaritiques décrivent l’affrontement de Baal et de Yam, avec ailleurs une brève mention de Lotan. [1][2][3][5][6][8]

Une comparaison solide : les traditions partagent des images d’orages et d’adversaires menaçant l’ordre. La ressemblance devient plus précise entre le second Illuyanka et l’épisode des tendons de la Bibliothèque, ainsi qu’entre les descriptions de Lotan et du Léviathan. Un patrimoine poétique partagé ou des influences entre certains récits restent des possibilités historiques sérieuses. [3][5][7][8]

Toujours discuté : le chemin suivi par un récit particulier, l’âge de l’épisode des tendons avant son plus ancien témoin conservé et le rapport entre Yam et Lotan dans chaque contexte. Les indices actuels n’établissent pas qu’Hésiode ait emprunté la seconde version hittite, ni que tous les combats du dieu de l’Orage remontent à un récit unique dont nous connaîtrions le lieu et la date. [3][5][6][10]

La comparaison rend visibles deux aspects à la fois : des récits proches en Méditerranée orientale et des communautés donnant au combat des sens différents. Le récit hittite met en scène l’aide humaine et son prix ; Ougarit présente une lutte pour la royauté ; Hésiode éprouve la souveraineté de Zeus. Suivre ces différences aide à comprendre ce qui a pu circuler entre les cultures et ce que chaque tradition a reformulé à sa manière.

Références et notes

  1. Traduction allemande de CTH 321, lignes 1–127 et notes 1–39 ; sans examen indépendant de la tablette. CTH 321, German edited translation, lines 1–127 and editorial notes 1–39 Revenir au texte ↑
  2. Théogonie 820–869 : grec et traduction historique, non le poème entier. Hesiod, Theogony 820–869, Greek and public-domain Evelyn-White 1914 translation Revenir au texte ↑
  3. Transcription de KTU 1.2 iv, seulement p. 137–138 du manuel d’ougaritique. William M. Schniedewind and Joel H. Hunt, A Primer on Ugaritic, section 6.5, printed pp. 137–138, KTU 1.2 iv 1–39 Revenir au texte ↑
  4. Comparaison Baal–Yam/Habacuc par Sweeney ; passage et notes concernés seulement. Marvin A. Sweeney, Habakkuk’s Mythological Depiction of YHWH, Baal/Yam comparison with KTU 1.2 iv, article lines 217–242 and footnotes Revenir au texte ↑
  5. Sections choisies de Wikander, dont KTU 1.5 I 1–4 et la comparaison avec Isaïe. Ola Wikander, From Indo-European Dragon-Slaying to Isaiah 27.1, chapter pp. 116–133, especially printed pp. 117–18, 119–20, 123–32 Revenir au texte ↑
  6. Bibliothèque 1.6.3 dans une traduction universitaire ; cet extrait, non l’œuvre entière. Pseudo-Apollodorus, Bibliotheca 1.6.3, translation by K. Aldrich adapted by T. Mulder, Zeus Defeats Typhon section Revenir au texte ↑
  7. Watkins 1992 : p. 319 seulement ; le reste de l’article n’a pas été lu. Calvert Watkins, Le dragon hittite Illuyankas et le géant Typhôeus, CRAI 136.2 (1992), p. 319 only Revenir au texte ↑
  8. Traduction des deux variantes par Beckman et notes choisies ; copies hittites non collationnées. Gary Beckman, The Anatolian Myth of Illuyanka, JANES 14 (1982), printed pp. 11–25, especially edition and translation §§1–27' (pp. 12–19) and discussion pp. 20, 24–25 Revenir au texte ↑
  9. Felton : résumé et données de l’éditeur uniquement, non le chapitre complet. Debbie Felton, Hesiod, Theogony—Selections, Critical Introduction in Primary Sources on Monsters (2018), Cambridge publisher page Revenir au texte ↑
  10. Rutherford 2018 : données du dépôt et extraits indexés seulement ; PDF intégral inaccessible. Ian Rutherford, Kingship in heaven in Anatolia, Syria and Greece: patterns of convergence and divergence, in Wandering Myths (2018), pp. 3–22 Revenir au texte ↑
  11. Rutherford 2020 : résumé éditorial et données du chapitre uniquement. Ian Rutherford, Generations of Gods and the South-East, Hittite Texts and Greek Religion (2020), chapter 7, pp. 144–162 Revenir au texte ↑
  12. Isaïe 27,1, verset entier en KJV du domaine public ; tournures hébraïques vérifiées avec [5]. Isaiah 27:1, public-domain KJV, with Hebrew transliteration in Wikander Revenir au texte ↑
  13. The Metropolitan Museum of Art — The Hittites (2002) Royaume, langue et Hattusha ; contexte historique approximatif de 1650–1200 avant notre ère. Revenir au texte ↑
  14. The Metropolitan Museum of Art — Anatolia and the Caucasus, 2000–1000 B.C. Chronologie et aperçu historique ; Empire hittite vers 1380–1200 avant notre ère. Revenir au texte ↑
  15. The Metropolitan Museum of Art — Ugarit (2004) Localisation, documents du XIVe au début du XIIe siècle avant notre ère et contacts régionaux. Revenir au texte ↑

Historique de recherche

Les modifications substantielles sont conservées ici. Les corrections rédactionnelles mineures restent dans le journal interne.

  1. Édition 2 · 13 octobre 2026 · editor

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IL Archive, «Typhon et les combats du dieu de l’Orage : Illuyanka, Baal et les limites de la ressemblance», Édition 2, https://ilarchive.com/fr/studies/typhon-and-ancient-storm-battles